La convention signée entre les assurances et les cliniques privées, en novembre 2003, fixe les honoraires des médecins selon un barème déterminé. Un détail ou une nouveauté que beaucoup des citoyens ne connaissent pas, pour la simple raison que c'est la clinique qui établit la facture qui est payée par le patient et remboursée par l'assurance. Il n'y a donc pas de négociation directe entre le patient et le médecin pour ses honoraires, les discussions étant plutôt d'ordre médical.
C'est le cas, justement, de cette dame fonctionnaire, qui s'est présentée à la réception d’une clinique pour régler la facture relative à l'intervention chirurgicale que son mari avait subie 48 heures auparavant. Au moment du règlement, on lui signifia que la clinique avait pratiqué les tarifs fixés par les assurances. Une information à laquelle la dame ne prêta pas trop d'attention. Son époux était bien portant et c'est ce qui comptait. Une semaine plus tard, accompagnant son mari chez son médecin pour un contrôle, les propos avancés à la réception de la clinique, au moment du règlement, auront une signification pour elle... Le médecin leur annonça que la convention dont il est question mettait à mal les praticiens, qui estiment qu’ils sont lésés à cause des des tarifs pratiqué depuis et qui sont en deça de leurs véritables honoraires "Par conséquent, poursuivit-il sans la moindre gêne, on se rabat sur les patients pour compenser gentiment la différence" , Il précisa en outre que cette différence d’honoraires, pour ce cas précis, (une hernie), était de l'ordre de 1500 Dhs. Le patient s'est donc exécuté, sans la moindre hésitation ou discussion, mais non sans ressentiment de voir devant lui un “commerçant” sans scrupule entacher ce noble métier. Ecoeuré, il lui remit un chèque de 1500 Dhs, libellé au porteur, alors qu'il avait établi, une semaine auparavant, un chèque de 8000 Dhs, au nom de la clinique, pour honorer la facture correspondant à cette intervention, facture où les honoraires du chirurgien figuraient bel et bien !
Que fait-on alors du serment d'Hippocrate ? L'exercice de la médecine est-il réduit, chez certains praticiens, à un simple commerce ? L'ordre des médecins est donc vivement interpellé pour bannir ce genre de comportement qui risque de salir une profession d'abord humaine.
L. Ouazry