Le vol AT 993 reliant Casablanca à Las Palmas, via Laâyoune, le 11 août dernier à 14h35, a laissé un bien mauvais souvenir à certains de ses passagers. Un incident peu flatteurpour nous marocains, connus pour notre solidarité et notre compassion à l’égard des personnes âgées, handicapées ou malades, s’y est malheureusement produit. Et force est de déplorer, à cette occasion, le comportement du personnel navigant sur le vol en question, pour qui, apparemment, ce jour-là, les valeurs humaines n’avaient guère de signification. Il n’est nullement question pourtant de charité ou de compassion, il s’agit d’un service que le client a acheté et que le fournisseur doit livrer dans les meilleures conditions.
Calvaire en chaise roulante
Hélas, l’une des passagère de ce vol a visiblement manqué d’attentions, alors que son état de santé ne lui permettait pas de se tenir debout, tant elle était souffrante. Accompagnée de sa sœur, cette dame est montée à bord dans une chaise roulante. Une fois dans l’avion, sa jeune soeur s’est aperçue que les sièges qu’on leur avait donnés ne convenaient nullement à l’état de santé de la malade qu’elle accompagnait. “Elle doit allonger ses pieds et être à proximité des toilettes ”, avait-t-elle précisé à l’hôtesse de l’air sur un ton presque suppliant, au moment où le “porteur” s’apprêtait à l’installer.
La réaction de l’hôtesse a été, ni plus ni moins et sans la moindre gêne, d’ordonner à ce porteur de “poser” la passagère en ajoutant: «On verra ça une fois les autres passagers installés». Alors que sur les six sièges avant, seule une place était occupée entre Casablanca et Laâyoune. Un autre siège était pris par un passager qui devait s’installer à côté des deux femmes. C’est à la demande de cette même hôtesse de l’air que ce passager l’avait d’ailleurs occupé alors qu’il était visiblement bien portant et aurait très bien pu échanger cette place avec les deux femmes pour leur épargner tous les malaises pénibles occasionnés par ce vol, ainsi qu’au moment du débarquement, puisqu’il fallait attendre que tous les passagers à destination de Laâyoune quittent l’avion pour évacuer cette femme malade. Et là encore, incroyable mais vrai, le porteur, homme d’un certain âge, regardait la femme sans oser la toucher, ne sachant comment la porter, en particulier à cause des escaliers. Impatiente de quitter cet appareil, tant elle se sentait mal, la passagère en question se sentit soudain mal. Une manifestation de douleur qui n’ont pas laissé indifférent un passager qui, contrairement au personnel concerné, a pris l’initiative d’aider le porteur à la transporter pour réduire sa souffrance ou, du moins, ne pas l’amplifier.
Manque de délicatesse
Il est évident qu’on donnant tout simplement à ces deux femmes les sièges avant, qui étaient vacants entre Casablanca et Laâyoune, on aurait évité tous ces tracas inutiles à cette personne souffrante. C’est dire à quel point le personnel navigant a fait preuve de jour-là d’un manque de professionnalisme et de compétence extrêmement regrettable. Si cette femme n’a pas les moyens de se faire transporter par avion médical spécialisé, elle a tout de même supporté les frais de son billet et celui de sa sœur, ce qui lui donne droit, au moins, à un service de qualité.
La ligne Las Palmas Casablanca serait-elle frappée d’une sorte de fatalité ? Le vol AT 992 reliant Las Palmas à Casablanca, via Laâyoune, du 25 août dernier à 20h10, est venu confirmer la série. C’est ainsi qu’un fonctionnaire de la Minurso, accompagné de son épouse et de son bébé, demande au steward, en dialecte marocain, s'il est possible de placer le bébé et sa maman dans un endroit moins exigu. Sans la moindre forme de politesse, l'hôtesse répond : "Non, ce c'est pas possible, il faut vous installer là, et maintenant." Résultat, le bébé qui s'est réveillé après un court instant de sommeil n'a pas cessé de pleurer empêchant ainsi sa maman de manger ou de boire. Même si le repas proposé ne fut guère appétissant, au moins la maman aurait pu avoir un moment de répit, si on lui avait proposé la moindre aide. Pour revenir au repas, le menu était composé de deux petites tranches de filet de poisson accompagnées de riz, et de beurre servis avec des boissons non alcoolisées, alors qu'il s'agissait d'un vol international. Au dessert, les passagers avaient droit à un Danino, commercialisé à...1 dh. Et, en fin de compte, du café, pas de thé pas de pâtisseries et pas de fromage, non plus.
Il peut sembler ridicule de s'appesantir sur de tels détails, mais il y va de la réputation de notre compagnie aérienne et de celle de nos infrastructures touristiques.
Espérons seulement, aux côtés des infortunés passagers des deux vols en question, que les personnels navigants mis en cause seront invités à prendre mieux conscience de leurs responsabilités.