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M. M’hammed Dryef : «Casablanca, capitale de la créativité, de l’innovation et du talent»

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La Nouvelle Tribune :
M. Le Wali, quel regard portez-vous sur Casablanca, une ville que vous connaissez bien, et sur les changements qui l’ont caractérisée tout au long de ces dernières années ?

M. M’hammed Dryef :
Casablanca a effectivement changé. Elle n’est pas seulement la capitale économique, financière, industrielle du Royaume. Elle est devenue désormais la capitale de l’innovation, de la créativité, du talent qui se manifestent pratiquement dans tous les domaines. Mais, surtout, ce qui a changé, c’est principalement cet engagement de la jeunesse, hommes et femmes dans de nombreux secteurs et activités se rapportant à l’industrie, à l’art, au commerce, au design, aux nouvelles techniques de communication. Et s’il y a changement, c’est à travers, par et avec cette jeunesse qu’il se manifeste et s’exprime.

C’est à Casablanca, justement, qu’un des premiers grands discours de SM Mohammed VI a été prononcé. Il avait pour thème le nouveau concept de l’agent d’autorité. Vous êtes l’un des plus connus d’entre eux. Comment concevez-vous son application au niveau d’une métropole comme Casablanca ?

Le Maroc est désormais en perpétuel changement et sa société également. Casablanca est en mouvement. Il aurait été anormal que les hommes ne changent pas de comportement, de manière de voir. Pour les agents d’autorité, il était grand temps qu’il y ait une nouvelle approche pour résoudre des problèmes de plus en plus complexes. Les évolutions de la société exigeaient le même processus au niveau du concept et sur le terrain. Le rôle de l’agent d’autorité aujourd’hui est beaucoup plus un rôle d’animation, de régulation, de dynamisation, d’écoute, de proximité. C’est à travers ces nouvelles exigences que s’exprime désormais la démarche de l’agent d’autorité.

Cette nouvelle approche est très largement perçue dans la relation qui s’est instaurée entre la Wilaya et ses dirigeants les plus qualifiés et les édiles, les corps élus. On a le sentiment que la politique urbaine et la conduite des affaires publiques de la ville se font de manière beaucoup plus symbiotique entre les représentants de l’Etat et les élus de Casablanca.

Nous avons une mission complémentaire. Les élus ne peuvent pas travailler seuls, de même que les représentants de l’autorité administrative. C’est ensemble qu’ils gèrent la ville dans sa dimension urbanistique, de développement économique, social et culturel, sportif. En ce qui me concerne, je me félicite du niveau des élus de Casablanca. Je n’ai pas à les juger, mais à travailler avec eux. C’est aux électeurs, leurs concitoyens à les juger. Et je suis très satisfait du niveau et de la qualité de la relation qui s’est instauré avec le président de la municipalité de Casablanca et l’ensemble des édiles. Nous sommes, les uns et les autres, au service des Casablancais et sur nombre de problèmes et de questions, nous avons la même vision, tant sur les affaires relevant des infrastructures, que celles relatives à la mise à niveau de la ville, de l’urbanisme, du sportif ou du culturel. D’ailleurs, je ne conçois pas ma mission autrement, parce que je crois que notre démarche commune et concertée nous permet d’aller plus vite, d’éviter des erreurs ou des malentendus.
De plus nous sommes passés à de nouveaux modes de gestion. Aujourd’hui, plusieurs services publics sont concédés. La propreté, l’éclairage public, la décharge et, bientôt, le transport. Là encore, ce n’est ni un luxe, ni un choix fantaisiste qui ont présidé à la détermination de cette option. Mais tout simplement parce que dans un monde qui change, les modes de gestion évoluent également. Il s’est avéré, après une longue expérience, que la gestion des services publics par les communes ne donnait pas des résultats satisfaisants. La concession, d’ailleurs, n’est pas une privatisation, et les résultats qu’elle apporte dans le domaine de la salubrité et l’éclairage public prouvent que ces choix étaient aussi nécessaires qu’opportuns. D’ailleurs, nous n’en sommes qu’au début de ce processus. Dans six mois, très certainement, la ville sera plus propre, les transports fonctionneront mieux, alors que l’éclairage public aujourd’hui est déjà beaucoup plus satisfaisant. La gestion concédée permettra, également, la mise à niveau de la ville.
De plus, un programme extrêmement important est actuellement en cours de finalisation. Il concerne la mise à niveau des infrastructures, de la voirie, de la chaussée, des espaces verts, des maisons de la culture, des terrains de sport, etc. Nous en sommes à la mise en place du financement qui sera assuré par la Municipalité, la Région et l’Etat. Les travaux ont déjà commencé dans certains secteurs, des axes routiers et le programme sera accompli dans les trois ou quatre années à venir et concernera tous les quartiers de Casablanca.

Qu’est-ce qui marquerait pour vous, en ce cinquième anniversaire de l’intronisation de SM le Roi, le symbole ou la manifestation de ces avancées réalisées par Casablanca ? Comment associer cette commémoration à l’image de cette grande et belle ville?

Je crois que sur le plan politique tout d’abord, les élections locales et municipales se sont déroulées dans de très bonnes conditions. Aujourd’hui, l’ouverture sur la société civile est des plus manifestes, particulièrement à Casablanca.
L’Administration est de plus en plus ouverte, de plus en plus proche des citoyens. Sur le plan administratif, il y a des changements que les gens ne perçoivent pas toujours, des réformes fortes, structurantes, porteuses de profondes améliorations prochaines pour les Casablancais et leur quotidien. Aujourd’hui, il y a une seule municipalité qui gère la ville contre vingt-sept auparavant. Ce n’est pas une mince affaire et ce passage à l’unicité municipale s’est effectué dans de bonnes conditions et il est actuellement en cours d’approfondissement. De même, Casablanca est gérée aujourd’hui par une seule préfecture contre plusieurs auparavant. Ce travail n’est pas toujours simple et représente l’une des réformes importantes qui porteront progressivement leurs fruits pour Casablanca et ses habitants qui ressentiront prochainement les bienfaits de ces évolutions marquantes.
Sur le plan économique, SM le Roi a inauguré des dizaines de projets extrêmement importants à Casablanca. Des projets cardinaux qui se rapportent à la fois à l’industrie, aux nouvelles technologies, aux grandes infrastructures, portuaires et aéroportuaires notamment. Il s’agit là de projets qui marqueront le paysage de Casablanca dans les années à venir.
Sur le plan social et en rapport avec l’intérêt accordé à ce secteur par notre Souverain, les projets lancés par Sa Majesté sont des opérations stratégiquement fondamentales.
Dans le domaine de l’habitat où subsistent de réels retards, SM le Roi a également mis en route des projets qui assureront très bientôt le relogement dans des conditions décentes de citoyens qui habitent encore dans des logements insalubres ou des bidonvilles.

Entretien réalisé par
Fahd YATA



 

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