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Code de la Famille, une réforme courageuse

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Le développement passe par la démocratie qui passe par le respect des droits humains. Le nouveau Code de la Famille, permettra, s’il parvient à être appliqué, à faire gagner au Maroc un pas géant sur le plan socio-économique. Une femme qui jouit de ses droits est  épanouie et une femme épanouie est plus productive sur les plan professionnel et familial. Le code de la famille demeure, quelle que soient les failles où les lacunes qu'il peut présenter, un véritable projet de société tant il comprend des réformes profondes et substantielles. Il s'agit d'un projet qui ambitionne la construction d'une société démocratique et moderne avec une approche globale et une vision de droit, de politique et de développement. Un constat appuyé par le Pr. Abdelhadi Boutaleb, académicien, qui a signifié sa parfaite adhésion au nouveau code et son entière satisfaction quant au tournant décisif qu'engendre la présente réforme dans l'histoire du Maroc et du monde arabo musulman, malgré quelques détails qu'il faudra éventuellement revoir. "Désormais, le code de la famille est considéré comme toute autre loi, il pourra de ce fait, connaître des révisions ou des réformes, il ne revêt plus ce caractère sacré qu'on lui imputait auparavant. Ce qui est, en soi, une grande avancée."
Il est évident que le nouveau Code enregistre une véritable rupture avec le passé. "Basé sur une philosophie de justice, d'équité et d'égalité qui sont l'essence même de la religion islamique, le projet met en avant l'intérêt de la famille en tant qu'institution qui a un rôle prépondérant dans le développement de la société. Il s'agit d'une grande avancée dans le processus de démocratie que s'est assigné le Maroc de Mohamed VI". En second lieu, la formule "sous la direction du mari" cède la place à "sous la direction des deux époux". La grande révolution, selon le Pr. A. Boutaleb, est sans doute la suppression de la formule "désir de procréation". "Ce qui sous entend une politique de planification familiale. Principe non prohibé par l'Islam, puisque le prophète Mohamed lui-même conseillait l'abstinence (Al âzl)". Enfin, la formule "la fondation, sur des bases stables et sous la direction du mari, d'un foyer", remplacée par "la fondation d'une famille stable".
L'article 51 qui consacre l'égalité au niveau des droits et devoirs des deux époux est également une avancée considérable. On notera à cet égard l'abolition de la règle de "l'obéissance de l'épouse à son mari", en contrepartie de son entretien. En matière de divorce, la femme aura désormais le droit de demander le divorce non seulement pour défaut d'entretien matériel mais également moral. Il ne faut pas se contenter de voir la capacité financière de l'époux. Sa capacité sexuelle doit également être satisfaisante, s'il entend prendre plus d'une épouse. 
Toujours est-il que si le nouveau code est applaudi à tous les niveaux de la société, il n'en demeure pas moins que sur le terrain, il peine à être appliqué. Entre confusion et contradiction entre les textes, plusieurs blocages freinent son application.  Il va sans dire que l'aboutissement des nouveaux textes et la concrétisation des ambitions de ce projet de société, dépendent, en fait de leur mise en application. Le ministère de la Justice est appelé à mettre les bouchées doubles pour une véritable rupture avec le passé, autrement, les choses risquent de prendre énormément de temps avant de percevoir le changement tant espéré.

L..O.



 

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