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Lettre ouverte à Ali Skalli, poète humaniste Poésie

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Monsieur, je ne connaissais pas votre plume. Sans doute êtes-vous un de ces “ best hidden secrets ” comme disent les anglo-saxons, réservé aux amateurs avertis de poésie. Mais quel bonheur de sortir de l’ignorance! Le plaisir de vous écouter lire vos poèmes et aphorismes dépasse largement celui du meilleur film visionné ou de la soirée la plus branchée de ces derniers mois, voire de cette dernière année! Vous nous faites passer du rire aux larmes avec une aisance désarmante. J’en veux pour preuve votre conte de babouches et tarbouches ou votre poème poignant intitulé “ Pour toi Jérusalem ”. Vous provoquez l’émotion avec “ Ceux qui t’ont donné le jour ”, un texte sur nos vieux parents et sans cesse, vous nous guidez de la légèreté des mots à la profondeur de la réflexion. A vous lire, on ressent l’urgence de partager vos écrits avec le monde entier et plus encore avec vos compatriotes.
Sincèrement, vous êtes mon plus beau cadeau de fin d’année. En vous écoutant, j’ai éprouvé la joie de l’enfant qui déballe le cadeau dont il a rêvé depuis des lustres. Un bijou délicat, finement ciselé aux lignes pures et simples mais tellement originales. Chacun de vos aphorismes, de vos adages arabes ou français revisités font vibrer les cordes de notre sensibilité. Vos formules lapidaires sont empreintes d’une grande sagesse et votre dévoué Comahuche (votre double ?) nous invite, avec un humour souvent subtil, à la méditation. Quant aux poèmes de la “ Noria des jours ”, ils charrient des godets de couleurs, saveurs ou humeurs. On vous devine humaniste préoccupé par le sort de vos contemporains. Vous êtes bien d’ici comme en témoignent vos sources locales d’inspiration tels le muezzin, Mogador ou les pentes neigeuses de l’Atlas. Cependant, vous donnez à l’amour, à la mort, au quotidien, ou encore, aux qualités et travers humains un éclairage universel. Jamais vous ne bridez “ votre fou ” et, inlassablement, vous dénoncez l’injustice, la pauvreté et les douleurs sans jamais verser dans le misérabilisme.
Votre style est limpide et accessible à tous. Loin de la langue de bois que l’on aurait pu attendre d’un poète rompu à l’art de la diplomatie. Fidèle à votre aversion pour le style pompeux et l’opacité des mots, vous nous décochez vos pointes de philosophie, tout en nuances, avec musicalité et dérision, aux confins de la réalité et du surréalisme. Nullement moralisateur, vous savez raison garder avec classe. Et vous rendez un bien bel hommage à la langue française qui, après tout, n’était pas innée pour vous. Vous nous faites aimer la poésie, vous nous donnez envie de nous perdre toujours plus dans la lecture et de redécouvrir vos illustres grands frères, Abou-Nawas, Omar Khayyam ou Verlaine. Qu’elle est belle votre poésie ! “ Et pourtant…dit Comahuche ”.

FDD



 

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