Synonymes de détente et de relâche, les vacances sont la période où les contraintes quotidiennes tombent pour céder la place à de nouvelles habitudes. C’est le moment de l’année où l’on se fait le plus chouchouter en s’accordant des petites gâteries, sans trop chicaner sur le temps et les moyens. Entre le balnéaire, le culturel, ou le tourisme de montagne, les choix diffèrent en fonction des préférences mais aussi du budget de chacun. Mais quels que soient la destination et les frais qu’on débourse pour nos vacances, elles demeurent, sans conteste, le moyen de se ressourcer et de recharger ses batteries pour attaquer une nouvelle année de labeur. Variant entre 2 et 4 semaines, pour les salariés et les fonctionnaires, la période des vacances est plus longue pour les étudiants et les enfants. Si cela n’a aucun effet sur les jeunes couples fraîchement mariés, ou les célibataires, cela pose par contre un sacré problème aux familles qui ont des enfants qui, de ce fait, se retrouvent à la maison,»coincés» entre quatre murs, attendant que leurs parents prennent des vacances. Partant, de plus en plus de familles commencent à réfléchir à l’organisation de vacances pour leurs enfants, autrement c’est tout leur quotidien qui est chamboulé. «Et ceci est loin d’être facile à gérer, notamment à la veille des vacances, à une période où l’on commence vraiment à traîner les pieds et où il faut assurer plein de choses», lance IS. En effet, ce n’est pas aisé en particulier pour les femmes actives, qui, outre leur travail, doivent assurer tout ce qui a trait à la gestion de la maison et aux enfants. De ce fait, elles ont vraiment intérêt à réfléchir sérieusement à l’organisation des vacances de leurs enfants, en particulier, ceux en bas âge. Puisque ces derniers ne pourront pas avoir d’activités (piscine, plage, ...) sans être accompagnés.
Peu d’activité
Entre les jeux électroniques style «game boy», «play station» (II s’il vous plaît !), aller au cinéma, ou regarder la télé, les enfants finissent par s’ennuyer et les parents par s’irriter. Ceux qui pratiquent une activité sportive régulièrement, continuent à le faire, mais ce n’est pas le fait d’aller au club deux fois par semaine qui va résoudre le problème, explique une jeune mère. Certes, ce genre de problèmes ne se pose pas véritablement pour les femmes au foyer qui ont les moyens et le temps de s’occuper de leurs enfants et de leurs vacances tout en les accompagnant dans leurs diverses activités. Cela atteste que la société marocaine a véritablement changé et que le travail des femmes a modifié les habitudes des Marocains.
Partant, nous avons souhaité savoir comment les petits Marocains passaient leur vacances, (au delà du voyage avec leurs parents, et encore!), sachant que les vacances font partie des droits fondamentaux des enfants et des jeunes. Elles jouent un rôle important dans la constitution de leur personnalité et leur épanouissement. Elles leur permettent d’acquérir des mécanismes d’ouverture, de formation et de divertissement.
Les possibilités sont, en effet, assez réduites. Et pour cause, les endroits et les programmes réservés à cette fin ne sont pas légion.
Si les enfants issus de catégories socioprofessionnelles aisées ont plus de chance de ne pas trop s’ennuyer durant les vacances, les enfants des familles modestes ont moins d’occasions de s’épanouir pendant cette période.
Hormis les colonies de vacances qui constituent une seconde école, les enfants des familles à faible revenu n’ont pas d’autre alternative. Mais depuis la nomination de M. El Gahs à la tête du Secrétariat d’Etat à la Jeunesse, on assiste à la renaissance des colonies de vacances dans le cadre du programme «Des vacances pour tous». Avec un budget de quelque 56 millions de dirhams/an , l’opération s’adresse à près de 150 000 enfants et une centaine de centres réservés à cet effet sont érigés. Nombreux donc sont les enfants issus de milieux démunis qui ont pu bénéficier de ce programme, alors qu’auparavant les garçons passaient leurs vacances à jouer au foot du matin au soir dans la rue, alors que les fillettes jouaient des rôles tantôt de mère au foyer, tantôt de femmes émancipées ou encore d’institutrices ou de médecins... Ce qui ne représente aucune valeur ajoutée pour des enfants en bas âge qui aspirent à développer leur personnalité, leur connaissance en découvrant de nouvelles choses. Aussi, l’école demeure-t-elle l’unique moyen d’apprentissage pour eux. Et nul n’ignore que ce n’est pas sur les bancs d’école qu’on apprend des tas de choses!
Colonies, clubs ?
Dans cette optique, les enfants des quartiers défavorisés de Casablanca ont pu bénéficier d’un séjour en colonies de vacances et en sont très contents. «J’y vais chaque matin, je passe la journée à la plage avec mes camarades, on apprend la nage, le chant, la danse, le sport..., on mange sur place, on rentre à la maison juste pour dormir», a dit Amine, âgé de 12 ans et bénéficiaire d’un séjour à la colonie de vacances Lalla Meriem. Considérée comme l’une des plus importantes de la région de Casablanca, cette colonie accueille près de 1000 enfants par jour. Il s’agit d’une colonie de vacances urbaine, puisque les enfants arrivent le matin et repartent le soir chez eux. Située sur la corniche, elle offre un cadre d’épanouissement important pour les enfants qui ont accès aux espaces de jeux, aux divertissement ainsi qu’à plusieurs activités dans le cadre d’un programme qui se distingue par son contenu éducatif, culturel, associatif et récréatif.
Cette colonie cible les enfants des familles démunies. Ce programme qui est le fruit d’une collaboration entre l’association des colonies de vacances urbaines au Maroc et le secrétariat d’État à la jeunesse, s’adresse aux enfants de 14 communes. A ce jour, ce sont près de 1200 enfants qui en ont bénéficié Il se décline en cinq périodes de 10 jours chacune. De ce fait chaque enfant bénéficie d’une dizaine de jours, ce qui est, a priori, très court sur une période de 3 mois d’oisiveté, mais c’est déjà bénéfique car c’est déjà dix jours de qualité gagnés, plutôt que de passer toute la période des vacances devant la télé ou dans la rue, avec tout ce que cela représente de dangers pour les enfants.
Par contre, les enfants nantis pourront bénéficier, si leur parents s’y mettent vraiment, de programmes spéciaux pour les vacances. Mais là aussi le choix n’est pas énorme pas puisque les organismes qui proposent ce genre d’activité ne sont courent pas les rues dans une ville comme Casablanca où la majeure partie des femmes sont actives.
Notre investigation a révélé qu’au delà des clubs privés, style Miami, Paradise..., qui proposent des activités aussi bien sportives qu’estivales pour leurs adhérents, peu ou prou sont les établissements qui offrent des programmes spécialement conçus pour les enfants et qui n’obligent pas les parents à les accompagner.
Gros budgets
Dans cette optique la FOL (Fédération des Oeuvres Laïques), propose une série d’activités pour les enfants. Il faut compter 600 dirhams par semaine et 80 Dhs pour les frais d’adhésion, pour profiter des diverses activités de l’établissement. Ce tarif ne comprend pas les repas et, de ce fait, les parents doivent le prévoir Au programme, des activités artistiques (théâtre, danses, chants, arts plastiques, poterie...) ; jeux, relaxation ..., et préparation d’un petit spectacle pour les parents à la fin de chaque semaine d’activités. Les enfants bénéficient également d’une sortie le mercredi toute la journée à la ferme équestre de Dar Bouâzza où ils peuvent faire de l’équitation, du VTT, ...). Ceux dont les parents travaillent dans des organismes qui disposent de lieux de loisirs pour leurs personnels peuvent profiter de ces clubs qui offrent des prestations fort intéressantes pour les enfants, mais là encore la présence des parents est indispensable.
D’autres possibilités s’offrent aux enfants issus de catégories socioprofessionnelles A et B. Ils pourront partir dans des centres de vacances au Maroc ou à l’étranger. Outre les séjours linguistiques, qui coûtent aux environs de 15 000 et 20 000 Dhs pour deux semaines en Angleterre ou au Canada chez des familles d’accueil, certains établissements proposent également des séjours en France.
En somme, les parents devraient accorder un peu plus d’attention aux vacances de leurs enfants. Celles-ci devraient être un prolongement de l’école en terme d’apprentissage sans pour autant présenter de contraintes particulières.
Leïla Ouazry