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Autorité/liberté : SOS ! Stoppez les machines, il y a problème...!

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Adil Zyati est décédé le 31 décembre 2005 suite à des fractures au niveau de la colonne vertébrale, du crâne et du cou. Sa famille accuse les GUS de l'avoir tabassé à mort. Aba Cheïkh Khlifi, la trentaine, a rendu également l'âme le 4 décembre 2005 suite à une simple prise de bec avec un inspecteur de police à Tan Tan. La responsabilité de ce fonctionnaire de l’Etat est pointée du doigt par tous les habitants de cette ville qui ont organisé une marche de solidarité avec la famille de la victime. Le même mois, Dariouch Ghezouani s'est éteint dans les locaux de la Gendarmerie Royale de Sidi Allal Tazi. Dans le cadre des investigations menées pour connaître les véritables causes du décès de Ghezouani qui était en garde à vue dans les locaux de cette brigade en compagnie de deux individus en possession de 16 kg de chira, deux procès verbaux ont été établis par le parquet, dans lesquels il est affirmé qu'ils n’ y a pas le moindre doute sur le décès de Dariouch Ghezouani et que  personne n’est  soupçonné d'être à l'origine de son décès. Omar Harkassi, 28 ans, est décédé à la prison civile de Berrechid dans des conditions restées jusqu'à présent mystérieuses... Les parents de Omar demandent au ministre de la Justice d'ouvrir une enquête pour identifier les responsables de la mort de leur enfant. D'après eux, résultats de l'autopsie à l'appui, " il ne s'agit pas d'une mort naturelle". Que se passe-t-il alors ? Certains responsables ont-ils quelque mal à supporter les conséquences du nouveau concept de l'autorité? Tous ces faits malheureux semblent avoir comme point commun l'implication, d'une manière ou d'une autre, des services sécuritaires du pays. De là se pose automatiquement et légitimement la question de savoir à qui profitent l'abus de droit et le retour en arrière, en particulier dans un moment où l'on ne cesse d’assurer, à tous les niveaux de l'Etat, la cessation des violations des Droits de l'Homme et du respect de la dignité du Marocain. Là, on revient sur l'une des principales recommandations de l'IER qui a recueilli l'unanimité autour d'elle, à savoir : la garantie constitutionnelle et juridictionnelle de la non répétition des violations  de pouvoir. Alors que lorsque l’ on assiste à de tels dérapages à l'heure de ces recommandations de l'IER et à l'heure aussi du rapport sur le développement humain au Maroc, que dire ? Justement, s'il est un domaine qui constitue le point de jonction de l'ensemble de l'activité juridico-institutionnelle du pays, c'est bien celui du rapport autorité/liberté. Voilà le mot phare. Evoquer, à chaque occasion, que cela est permis, ce diptyque pas comme les autres, c'est se résoudre à ne pas se limiter uniquement sur ce qui est communément désigné sous le label "nouveau concept de l'autorité", mais à étendre son regard sur tout ce qui touche de près ou de loin le citoyen dans son quotidien avec les autorités publiques et ses concitoyens. Une résolution qui parait d'autant plus évidente, pour ne pas dire impérative, que voici que  depuis quelques semaines, la plupart des acteurs marocains s'orientent de plus en plus vers une réflexion nettement plus large où l'éclairage du rapport autorité/liberté est devenu constant et d'une utilité dont on ne saurait désormais plus se passer. Toutefois, soyons lucides ! Il faut reconnaître tout de même que sur le terrain, la tâche n'est pas aussi facile que l'on n’imagine. Il est certes important d’édicter des principes, d'expliciter les textes destinés à les mettre en oeuvre. Il faut aussi se poser des question sur leur effectivité. C'est vrai, il existe toujours un décalage entre le droit et le fait, entre la règle et la pratique. Mais ce qui est important, c'est que ce décalage soit connu, évalué et contenu dans des limites acceptables (mais vraiment acceptables). 
Les recommandations de l'IER ou autres Instances ne peuvent être dignes d'intérêt que si elles présentent une véritable utilité sociale. Et aujourd'hui, leur utilité, c'est de permettre la protection des droits proclamés, d'assurer au citoyen sécurité, sûreté et, nous l’espérons, liberté...            

H.Z



 

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