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Traiter la ménopause sans risque de cancer Médecine

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La ménopause a pendant longtemps été vécue par les femmes comme un mal nécessaire, une sorte de malaise et de mal-être, puisque convaincues que c’est une «fatalité» liée à l’âge. Résultat, elles supportaient en silence tous les troubles découlant de la ménopause qui peuvent être à l’origine de graves pathologies et à leur tête l’ostéoporose, maladie handicapante. Mais l’avènement du THS (Traitement  Hormonal Substitutif), a complètement bouleversé cette donne. Les femmes ménopausées pouvaient aspirer à une qualité de vie meilleure, notamment dans un contexte où l’espérance de vie est prolongée. Cependant, après un engouement phénoménal pour le traitement hormonal, pendant près d’une trentaine d’années, les THS ont, récemment, jeté le trouble dans l’esprit des patientes, mais aussi des praticiens. Et pour cause, deux études l’une américaine, l’autre anglaise incriminaient les traitements hormonaux, à tort ou à raison, d’augmenter le risque de certains cancers chez les populations concernées.
 
De quoi s’agit-il ?

Il est à rappeler que la ménopause est un phénomène physiologique qui correspond à un arrêt définitif des fonctions cycliques ovariennes, qui se traduisent manifestement par l’arrêt des règles. En plus clair, c’est la fin de la fertilité en raison d’une chute d’hormones féminines (les oestrogènes et la progestérone). Ce qui n’est pas sans incidence sur la vie de la femme au quotidien. Bouffées de chaleur, sudation, nervosité, irritabilité, humeur dépressive, troubles de la libido, sécheresse vaginale... D’où le recours des femmes au THS. Selon le Dr. Abdellah Akchouch, président de l’AMEM (Association Marocaine pour l’Etude de la Ménopause), au Maroc comme à l’étranger, on assiste à une demande de plus en plus pressante pour les THS. En effet, la femme marocaine, à l’instar des autres femmes du globe, aspire à une qualité de vie à même de lui permettre de poursuivre ses activités professionnelles, familiales ou encore sexuelles dans les meilleures conditions. Le principe du THS consiste à compenser l’insuffisance des sécrétions ovariennes d’oestrogènes et progestérone responsables des troubles suscités.  Ce qui explique, sans doute, l’engouement des femmes sur ce traitement. Un engouement qui allait être ébranlé à la suite de la publication des études américaine WHI (Women’s Health Initiative) et anglaise MWS (Million Women Study). Publiée pendant l’été 2002, la première étude a révélé une augmentation  du risque relatif au cancer du sein chez les patientes sous THS, après avoir comparé un échantillon de 8506 femmes traitées par oestrogènes équins plus médroxyprogestérone MPA à 8012 sous placebo. Cette augmentation est de l’ordre de 8 cas supplémentaires sur 10 000 femmes suivies pendant un an. Selon la deuxième étude qui a concerné un million de femmes, dont la moitié prenait ou avait pris un THS, un risque de cancer du sein augmente avec les oestroprogestatifs, les oestrogènes seuls et la Tibolone. Ce risque est de l’ordre de 5 cas supplémentaires sur 1000 femmes au bout de 10 ans pour les oestrogènes et 19 cas pour les estroprogestatifs. Alors que les chiffres qui ont été évoqués dans la presse se situaient entre 20 et 60 %, ce qui a semé la panique dans le rang des populations concernées (les ventes des THS ont été réduites de 25% en France) et provoqué de ce fait d’autres recherches et d’autres études. Les enquêtes en question ont été épluchées et démystifiées. Dans cette optique, les résultats du «bras oestrogènes seuls»  de  l’étude WHI (Women’s Health initiative) publiés dans le Jama (Journal of the American Medical Association) daté du 14 avril 2004 est venue contester les résultats des précédentes études qui ont fait l’objet de critiques virulentes à travers le monde, à cause d’une surestimation des risques. Selon cette enquête «les femmes sous traitement hormonal de la ménopause à base d’oestrogènes seuls présentent une diminution du risque de cancer d’environ 23 % par rapport aux femmes sous placebo.» Alors que l’étude sus-citée (MWS) avançait une augmentation de 30% du risque du cancer de sein. De son côté, la BMS (British Menopause Society) «estime que les résultats concernant la Tibolone dans l’étude MWS devraient être interprétés de la même manière que ceux du bras oestrogène seul de l’étude WHI, et par conséquent, il est probable que la Tibolone n’augmente pas le risque du cancer du sein»
C’est dans ce contexte que les responsables de l’AMEM, interpellés par les résultats de ces études ainsi que par l’intérêt que cela représente pour la population marocaine concernée, ont organisé un point de presse mardi 29 juin dernier, pour lever le voile sur la question du THS et répondre à la question de quelques milliers de femmes marocaines sous THS ou l’ayant déjà été.

Éclairage

Cette rencontre, qui avait réuni plusieurs éminents praticiens de diverses spécialités, avait  pour objet de rassurer les femmes ménopausées quant aux THS. Comme tout autre médicament, le THS implique, malgré ses effets bénéfiques incontestables,  un «risque thérapeutique».
En somme, les praticiens disent oui au THS, mais sous certaines conditions. En premier lieu, la femme ménopausée doit avoir une parfaite connaissance des problèmes liés à cette période de sa vie qui devient de plus en plus longue, d’où l’intérêt de l’information. En second lieu, la prise en charge de la ménopause thérapeutique, même s’il ne s’agit pas d’une véritable pathologie, pour atténuer les effets indésirables  liés à la ménopause et qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la vie de la femme et son entourage. Une femme ménopausée, quand elle est encadrée, prise en charge, est épanouie ; une femme déprimée, irritée, souffrante, n’est pas toujours facile à vivre. Pire encore, une femme ostéoporotique est dépendante, c’est une charge pour la famille ; pour l’Etat le coût du traitement de l’ostéoporose (médication, hospitalisation...), est aussi important.
Morale : la prévention, encore est toujours. Cela commence par un regard différent sur la femme ménopausée et ce qu’elle peut endurer, pour arriver un jour à lui rembourser les frais de la thérapeutique de la ménopause.

L. Ouazry



 

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