Se mettre de côté pour libérer le passage à sa compagne en sortant de l’ascenseur ou lui ouvrir la porte de la voiture sont des actes qui constituent des comportements de galanterie qu’un homme, sachant bien vivre, peut montrer à l’égard du beau sexe. A l’époque de Boileau, Mme de La Fayette ou autres Maupassant et Stendhal, une attention particulière était portée à l’importance du “bien parler” en présence des femmes, en faisant fi des mots vulgaires ou pédants. La galanterie était dès lors l’art de dire et de se comporter de la manière la plus convenable possible devant la gente féminine. Sauf que voilà, à l’ère actuelle, on ne peut qu’être effaré devant le gros changement que connaissent nos manières. Qui ne sont plus bonnes. A ma grande stupéfaction, plusieurs hommes prétendent que si les femmes revendiquent l’égalité des sexes, la galanterie n’a plus de raison d’être. Elle est devenue désuète, dépassée… De là, on se permet de prononcer des mots vulgaires devant elles, on n’hésite pas à leur écraser les pieds ou encore à leur barrer la route comme si elles étaient des murs en béton ! Soudainement, la bonne vieille époque, où l’on prenait le temps de soigner son langage et où on faisait preuve de galanterie, a parfaitement disparu sous le prétexte que les femmes veulent devenir égales à la gent masculine. A entendre certains, “ si les femmes veulent s’épanouir, elles doivent être considérées comme des hommes. Tout acte de prévenance ou de délicatesse envers elles serait totalement inadéquat ! ”. S’agit-il là d’une misogynie collective en cours de développement ? Peut-être. Mais à ceux-là, on dit que la comparaison dont ils se targuent est complètement faussée. Nos femmes n’ont jamais cherché à se substituer de quelque manière que ce soit à leurs concitoyens que nous sommes. Elles ont uniquement exigé d’avoir une place propre, qui, logiquement, leur revient. Est-ce en respect de leurs droits et de leur citoyenneté. Au Maroc, la galanterie agonise. Ce qui est désolant, vu que devant l’installation du droit dans notre pays, le sens du civisme et du savoir-vivre disparaît et cède sa place à la grossièreté et à la barbarie. Des termes, certes forts, mais non déplacés. Messieurs, montrons que nous sommes civilisés et soyons galants! A bon entendeur, salut !
Youssef Boufous