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Plages propres, tu parles ! Billet

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Les vacances approchent. Les plages sont prises d’assaut par toutes les populations…Les riches, la classe moyenne, très faiblement représentée, et les pauvres ! Chacun a ses habitudes, ses petites manies, sa façon de concevoir la “ playa ”. Mais un monde sépare les bronzés d’Ain Diab, de Lalla Meryem, et de Bouznika ou de Skhirat. Un monde aux allures de compte en banques, de billets verts et bleus. Un monde monétaire inégal qui invariablement déteint sur PRESQUE tous les us et coutumes de chacun.
Pour les nantis, la plage est une occasion de plus d’étaler leur supériorité économique : Arrivée en Porsche Cayenne, musique (ringarde) à fond, lunettes de soleil et “ chaînes en or qui brillent”. Quelques coups de klaxon accompagnent la descente de Monsieur en Polo Ralph Lauren – le vrai, pas l’imitation vendue à la Joutya de Derb Ghalef -  et Madame en bikini Eres dont le regard se cache derrière des verres Chanel. Les enfants personnifient les “ fashion victims ” : les dernières basket, les derniers shorts, les derniers tee-shirts ! Le stéréotype est total.
Mais s’il n’y avait que le matériel… Si ce débordement de richesses se faisait avec classe et modestie, l’unique solution consisterait à s’incliner ! Ce n’est pas le cas. Le comportement de messieurs et mesdames de la haute se résume en quelques adjectifs : hautain, rabaissant, hyper expressif et expansif. Tout dans le tact et la distinction… Même en bord de mer. Les dames, yorkshire dans les bras, marchent dans la mousse des vagues, “ c’est bon pour la circulation ! ” tandis que leurs princes charmants font joujou en jet ski. Histoire de montrer qu’ils sont sportifs. Histoire surtout de réveiller tous ceux qui s’étaient assoupis sur le sable chaud. 
Plus bas dans l’échelle sociale, la plage est le lieu où l’on transpose le schéma casanier – phénomène invisible chez les plus aisés car ils disposent d’une superbe villa pieds dans l’eau !!! - : Maman cuisine sous le parasol, les enfants jouent et papa lit le journal ou dort, bercé par le ressac. La salle à manger est reconstituée face à l’Atlantique : table, chaises en plastique, glacière, réchaud à gaz, couverts et assiettes jetables… Il ne manque plus que la télé, l’élément fédérateur de nombre de familles du XX e siècle. Côté attitude, le bavardage prime sur l’hyper expressivité. Mais hommes et femmes, quel que soit le poids de leur portefeuille, adoptent quelquefois inconsciemment des conduites similaires. Après avoir préparé le tagine ou la grosse salade de riz, Madame ne peut s’empêcher d’arpenter le rivage alors que Monsieur enchaîne dribbles, feintes de corps et amortis de la poitrine. Des performances physiques ponctuées d’onomatopées scandées à toute la plage “ hi, ha, wa !!! ”
Plus bas encore…Certains n’ont que le sable bouillant et la mer pour se divertir. Pas de repas…Juste un “ biignet chaud ” en guise de casse-croûte et pas de loisirs non plus…Mis à part les “ taxis ” dans les vagues ou les balles échangées après avoir emprunté un duo de palettes à des gens qui en possédaient. Le costume de bain tient en un vieux caleçon ou en slip kangourou déformé. Pas de moyen de locomotion. Seule possibilité d’aller faire trempette le stop, “ Chad l’hdaâch ”, - à pied !-  ou dans le meilleur des cas la bicyclette. Sur la piste cabossée, piétons ou cyclistes désargentés sont empoussiérés par le nuage impur et étouffant provoqué par le passage des conducteurs de Cayenne et autres Touareg.
Toute cette description met en exergue les disparités socio-économiques observables le long du littoral et ailleurs… ! Reste que tous, riches, pauvres ou misérables ont un point commun : le non-respect de la propreté dès lors qu’ils foulent le sable chaud. Chacun souille la nature à sa façon quel que soit son pouvoir d’achat : ordures ménagères, chewing-gums, essence, cigarettes, plastiques, serviettes hygiéniques. Mesdames et Messieurs, qui profitent ou du moins qui devraient bénéficier d’un certain niveau d’éducation civique, ne donnent pas l’exemple…Personne ne prend soin des joyaux environnementaux nationaux ! Le danger, transformer les plages en mines d’or-dures. Le processus est d’ores et déjà enclenché.

Ingrid Ober



 

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