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Pas de solution pour les marchands de Souk Jamaâ Casablanca

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Les «commerçants» de Souk Jamaâ, dont les points de vente ont été récemment  démolis, cherchent une issue équitable à leur situation précaire. La Wilaya annonce ne pas disposer de solution immédiate pour eux. Un sit in  a donc été organisé sur place lundi dernier. Objectif : trouver un terrain d’entente à ce sujet avec les autorités concernées.

 

Depuis Le vendredi 14 février au soir, la place Souk Jamaâ n’est plus ce qu’elle était auparavant. Les divers commerces qui s’y sont installés depuis des années ne font plus partie du décor. Au grand bonheur d’une ville qui se veut moderne et organisée et d’où l’informel devrait disparaitre. Cependant, force est de constater que cela crée un problème d’ordre social dans les rangs des commerçants délogés. Ils réclament aux autorités une solution à même de leur permettre de continuer de vivre. Ils désirent, entre autres, être recasés dans un autre marché ou souk de la ville et déclarent même être prêts à payer, dans la mesure du possible, une somme d’argent, en contrepartie d’un local ou un fonds de commerce. «Nous sommes conscients que l’Etat seul ne peut rien faire; partant, nous sommes prêts à nous associer à une prompte solution qui nous permette d’assurer à nos familles une source de revenus. Par contre, nous réfutons l’abus de pouvoir, le refus de communication et un niet sans le moindre argument», déclare un ancien commerçant de Souk Jamaâ. Or, les choses ne sont pas aussi simples que cela . Du côté de la Wilaya, c’est clair, cette action entre dans le cadre de la politique de M. Benhima de lutter contre l’occupation illégale du domaine public. L’objectif étant de veiller au respect des espaces urbains  au sein d’une ville ou tout doit être réglementé. «Cet espace était occupé d’une manière anarchique, il était donc impératif de le récupérer.» déclare M. Faridi, responsable de presse à la Wilaya. Et de poursuivre» Cette place intègre l’ancienne médina qui est sensée être un site historique et touristique. Par conséquent, il était indispensable d’intervenir pour la revaloriser pour qu’elle devienne un pôle touristique  drainant des investissements. L’ancienne médina ne sera donc plus le ghetto de la pauvreté»

 

Blocage

 

Comme précisé plus haut, la Wilaya  affirme ne pas disposer de solutions immédiates pour ces commerçants. «Il s’agit d’abord de 205 stands seulement sur lkesquels il n’y a que 50 qui disposent d’une autorisation de commerce ambulant, alors que le reste est anarchique. Ce qui ne donne aucun droit à ces personnes de s’installer sur ces places et d’y exercer une quelconque activité commerciale. Il s’agit d’une source de revenus illégaux. Ces gens qui prétendent être démunis font des chiffres d’affaires importants et on sait que cela gangrène le commerce formel et, partant, toute l’économie», argue-t-on à la Wilaya. En outre, il est avancé qu’il n’est pas du ressort de la Wilaya de trouver une solution pour ces commerçants parce qu’elle n’en dispose. Selon un responsable à la Wilaya, il s’agit d’une chaîne très complexe, dans le sens où il existe plusieurs intervenants pour un seul stand. Outre les personnes qui détiennent des autorisations, il y a les locataires qui peuvent à leur tour les louer, ensuite, il y a les vendeurs directs qui, eux, sont employés par les exploitants ou les locataires. Aussi trouve-t-on une seule personne exploitant plusieurs stands. «Il s’agit d’un circuit qui semble sans fin et où il est quasiment impossible de trouver un interlocuteur. Quand on a une solution sous la main, nous n’hésitons pas à la proposer, comme ce fut le cas à Bab Marrakech, mais ce n’est pas pareil» Sachant que les anciens souhaitent vivement être réinstalles ailleurs, la Wilaya rétorque qu’il est difficile de trouver un terrain à Casablanca et par conséquent «seuls les personnes disposant de papiers attestant qu’ils sont des commerçants en bonne et due forme pourront peut-être aspirer à une solution sociale.»

Face à cette situation de blocage, une sorte de colère est en train de s’installer dans les rangs des marchands dits ambulants. «Nous savons que du point de vue légal, les choses sont claires, nous n’avons rien dire. Nous comprenons que M. Benhima est un grand commis de l’Etat qui a des directives pour redonner à Casablanca une image digne d’une métropole. Cependant, du point de vue social, ce dialogue de sourd n’arrange personne. Nous avons besoin de vivre. Il est insensé que M. le Wali continue d’ignorer notre existence»

Enfin, les responsables concernés estiment que la solution sociale devrait peut-être impliquer plusieurs intervenants et non seulement la Wilaya. Le ministère du commerce est autant concerné, avance-t-on.

Rappelons par ailleurs que la Wilaya ne prévoit pas de projet à la place de Souk Jamaâ qui sera juste aménagée de manière à permettre une plus grande fluidité et attirer des investisseurs potentiels. Des opérateurs touristiques s’intéressent déjà et d’emblée à cette zone.

 

Leïla Ouazry



 

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