2002 n'est certainement pas 2007 ! Le "cadeau-quota" du 10% offert magistralement aux femmes par l’État lors des élections législatives de 2002 n'est aujourd'hui que du passé, nous dirons même que c'était un bon souvenir pour la femme marocaine. Si à l'époque, cette initiative a été applaudie, on assiste actuellement à un revirement très net. Le contexte politique n'étant plus apparemment ce qu'il était en 2002, on considère désormais que la période des faveurs accordées ça et là est, peut-être, révolue. Les femmes, elles, qui ont cru que le pari d'une forte participation politique était gagné, se sont alors trompées ! Ces femmes, qui ont été rassurées par les déclarations des responsables et largement soutenues par des ONG locales, mais, surtout internationales, se retrouvent aujourd'hui complètement perdues et ne savent plus à quel saint se vouer. À leur grande déception, Chakib Benmoussa, ministre de l'Intérieur, vient de remettre les compteurs à zéro. Catégorique, il ne veut rien savoir au sujet des textes de loi relatifs aux listes électorales, le code électoral et la loi organique sur la Chambre des Représentants. C'est d'ailleurs cette dernière qui a fait le plus de bruit. Objet de débats houleux, de revendications et de propositions, ce texte est passé presque intact. En imposant 6% comme seuil d'éligibilité, cette loi organique risque d'exclure de l'espace politique une bonne partie des femmes, notamment les adhérentes aux petits partis. Rappelons-nous qu'en 2002, le seuil d'éligibilité appliqué était de 3%, avec une liste nationale de 30 sièges, le pourcentage de voix nécessaires pour une candidate femme était de 3,3%. C'est là effectivement où le bât blesse puisque ce seuil de 6% des voix, retenu pour la répartition des sièges de la liste nationale, est de nature à favoriser trois ou quatre partis, notamment l'USFP, l'Istiqlal et le PJD. Seules ces formations auront de fortes chances de rafler la totalité des sièges réservés à la liste féminine. Ce qui constitue par conséquent, dit-on auprès des milieux féministes, une atteinte même au principe de la liste nationale et la diversité dans la représentativité féminine au Parlement. En termes de chiffres, il faudra à chaque liste l'équivalent de quelque 500 000 voix pour pouvoir participer à la répartition des sièges. Autrement dit, une femme candidate aurait besoin de 500 000 voix pour décrocher un siège au Parlement. Alors que pour un homme, il n'aura besoin que de 5 000 voix pour y siéger. Les femmes candidates doivent, dans ces conditions, avoir 100 fois plus de voix pour le même résultat.
Regardant la réalité en face, les femmes ne demandent aujourd'hui que de ramener le seuil de 6 % à 5%, elles qui avaient créé, quelques mois avant l'adoption de la loi de Benmoussa, un collectif pour revendiquer le tiers des sièges de la Première Chambre !
Passé donc le moment de l'euphorie, elles réalisent que l'essentiel du travail se fera certainement auprès des électeurs et elles ne doivent, dorénavant, compter que sur elles-mêmes. Une démarche, en somme, qui permettra aux meilleures d’être élues, sans le système des quotas de « discrimination positive…
H.Z