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Sous les autobus, la plage … Rabat, Témara et retour

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Décor. À chaque jour suffit sa peine. Je pense que l’on pourrait même dire, pour le cas de Témara, qu’à chaque été suffit ses bus sardines, ses grands taxis roulant à tombeau ouvert et ses conducteurs particuliers, harceleurs-dragueurs, ainsi que ses chauffards qui vous rendent la vie difficile pour leur légèreté au volant. Hé! oui à Témara, il ne fait pas bon souvent d’aller à la plage si vous n’êtes pas motorisé encore moins s’il vous manque de la patience pour supporter parfois l’insupportable. Chaque année estivale, les mêmes souffrances, les mêmes scènes. Comme si la société privée de transport en commun, qui dessert ces plages n’a jamais signé un cahier des charges. Pourtant, à la wilaya de Rabat, on est sans équivoque. «Depuis que le transport urbain a été ouvert à des sociétés privées, il y a plus d’une dizaine d’années, nous avons veillé à ce qu’il y ait un respect strict des engagements pris en vue d’offrir un bon service aux usagers et ce dans les meilleures conditions possibles. Dans le cahier des charges établi, à ce sujet, il est demandé aux entreprises privées concernées de tout mettre en place pour qu’il n’y ait pas renonciation ni abus ou encore délaissement», nous déclare un responsable. S’il est vrai que les termes sont clairs dans l’écrit, nous sommes par contre face à une situation tout autre dans la pratique. Et ça, notre interlocuteur le sait. «Naturellement, il y a dans la pratique certains comportements chez les transporteurs privés qui ne reflètent ni l’esprit ni l’objectif prescrits dans la convention signée. Cette année, nous comptons revoir certaines clauses avec les sociétés de transport en commun car il y a eu beaucoup de dégradations dans les services», explique un chef de service. Apparemment, ce dernier est au fait des choses. En effet, ce responsable départemental, qui a requis l’anonymat, souligne que beaucoup de sociétés privées de transport en commun, une fois qu’elles ont eu le contrat d’exploitation des lignes, ont enlevé en priorité les lignes qui sont rentables. Résultat d’une telle situation, un grand nombre de zones ont été bien desservies au détriment d’autres agglomérations.

 

Cahier des charges en cause

 

Pour remédier à de telles situations, il semblerait que la wilaya compte ramener les brebis galeuses à l’ordre. Cependant, et pour l’instant, rien n’est encore entrepris dans ce sens alors que la saison estivale à déjà commencé. Entre l’état de délabrement de certains bus, l’arrogance des billeteurs, l’excès de zèle des contrôleurs ainsi que le «je-m’en-foutisme» des chauffeurs et les surcharges dans les bus, il y a vraiment de quoi se révolter contre ce qui se passe sur les lignes menant vers les plages de Témara. Flash back. Pour comprendre la gravité du problème, il faudrait admettre au départ que le transport en commun urbain, (le bus, le taxi qu’il soit petit ou grand) est le premier signe d’attrait pour le touriste dans un pays, mais aussi une fierté pour les nationaux dans leurs multiples déplacements et ce dans un minimum de confort et de propreté. Or, pour tout dire à propos de ce qui se passe actuellement, dans ces types de transport vers les plages de Témara, on est loin du bon exemple. Et pour cause, nombreux sont les citoyens qui se trouvent désabusés. À la société, qui assure la navette entre Rabat et Témara via la côte, les responsables adoptent le profil bas. D’ailleurs, le manque d’interlocuteurs pour expliquer la situation dénote bien l’embarras des cadres. En vue de glaner quelques informations, nous sommes rabattus sur les travailleurs et autres agents qui se trouvent à bord des bus. En se mettant dans la peau d’un simple client mais curieux, nous avons fini par avoir des éclaircissements, édifiants en plus. «Vous savez, nous n’avons pas le droit de raconter ce qui se passe dans la boîte, seulement puisque vous insistez tant, je vais vous filer quelques tuyaux», nous confie une jeune employée et qui connaît bien la maison. Puis elle ajoute : «Ce transport en commun est l’une des compagnies les plus riches de Rabat. Seulement, il y a peu de contrôle au niveau de la répartition des bus sur les différentes lignes. En été, nous travaillons comme des fous sans jamais être rémunérés pour cela. Pire, pour un rien, on peut vous mettre à la porte. Car la durée d’un billeteur ici ne dépasse pas 7 mois. Généralement, le recrutement se fait en début d’année et le contrat est résilié après la saison estivale. Il n’y a pas de CNSS pour tous les employés», raconte la demoiselle.

Un autre chauffeur aborde la question dans le même sens en nuançant toutefois que c’est le système de roulement, pendant la journée, qui cause un vrai problème d’autant plus que la permutation intervient parfois au moment où il y a beaucoup de demandes sur le trajet. En fait, fait-il remarquer, il semblerait que la compagnie en question dispose d’une vingtaine de chauffeurs repartis sur 4 lignes pour un parc total qui ne dépasserait pas les 60 bus neufs et d’occasion.

 

Une incurie indescriptible

 

À l’arrivée, le passager d’une zone desservie a l’impression d’être en face d’un nouveau chauffeur. Pour ce qui est de la surcharge, notre chauffeur estime qu’il s’agit d’une pratique voulue, grâce aux consignes données par la direction aux agents opérant sur les lieux dits terminus ou de départ. Il serait question pour cette dernière d’un problème purement économique. Car un bus qui démarre à moitié vide ne serait pas rentable. Cependant, ce qu’on ignore, ajoute l’orateur, l’arrêt prolongé des bus au terminus comme au point de départ engendre des réactions en chaîne tout au long des différentes plaques sur le trajet. Il crée de facto un engorgement au niveau des arrêts, ce qui se traduit par une surcharge qui n’as pas de nom. L’autre conséquence est que des passagers lassés d’attendre trop longtemps, sous ce soleil de plomb, finissent par craquer et rejettent leur dévolu sur les chauffeurs et les billeteurs, rendant ainsi ces derniers responsables de leur calvaire. Les bagarres et les disputes sont légions dans les bus qui vous conduisent aux plages de Témara. Face à l’incurie qui sévit sur cette ligne, beaucoup de voix demandent aujourd’hui l’arrivée d’une nouvelle compagnie pour améliorer le transport vers ces lieux de bronzage. «Nous ne comprenons pas pourquoi il faut qu’une seule société opère sur la ligne Rabat-Témara par la côte, à l’heure où l’on prône la libre concurrence», s’interrogent des jeunes. Pour eux, il est plus qu’urgent d’affecter d’autres compagnies sur ce trajet, surtout en cette période d’estivage. Il reste à espérer que leur appel sera entendu par la wilaya pour alléger la souffrance des estivaliers. Pour le cas des grands taxis, c’est encore pire. L’insouciance affichée par certains conducteurs de ces “engins” peut vous laisser perplexe car ils n’ont de regard que sur le porte-monnaie du client. Et voguent les arrêts à la-va-je-te-prends. Pourtant, tout a été fait pour sensibiliser certains de ces «escrocs à la petite semaine» mais hélas leur cupidité a la peau dure. Un sérieux contrôle s’impose plus que jamais dans ce secteur pour que soient démasqués les chauffeurs ne méritant pas le permis de confiance.

 

M.S.



 

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