Le programme de communication sociale sur le Sida du ministère de la Santé est bien parti, matérialisé par une campagne nationale de grande envergure. Lancée au début du mois de juin, cette campagne, qui intègre divers outils de communication (radio, télé, presse, affichage...,) va s’échelonner sur toute l’année. Ce qui est une grande première, puisqu’on sort du conjoncturel et des campagnes occasionnelles. M. Biadillah, ministre de la Santé, reconnaît que son département a mis du temps pour communiquer sur cette pandémie, mais ce n’est pas pour autant, qu’il reconnaît que la maladie progresse, au même titre que cela est présenté par certains média et associations. «Les statistiques ne dépassent pas 1500 séropositifs», déclare M. Biadilah. Une thèse soutenue par M. Nabil Benadellah, ministre de la communication. «La maladie, progresse certes, mais on a plutôt tendance à amplifier certaines données. Aujourd’hui , il faut remettre les choses à leur place, dire la réalité en brisant le silence et non pas en se hasardant à gonfler les chiffres. L’objectif étant de préserver la santé de nos citoyens. Ce qui demande une audace et une détermination accrues.» D’où la présente campagne de communication. En effet, les chiffres officiels, même s’ils sont loin de refléter la réalité, attestent une constante augmentation. On est passé de 150 cas en 2002 à 205 cas en 2003. Les IST considérées comme le nid du Sida, ont progressé de 103 434 en 1992 à 349 427 en 2002. Communiquer les chiffres réels n’est pas une fin en soi, mais il est impératif de communiquer sur le fléau lui-même. L’objectif étant de le vulgariser en vue d’optimiser la prévention, particulièrement dans une société où les populations vulnérables sont très larges eu égard à un faible taux d’alphabétisation
Selon le ministre de la santé, cette campagne est importante en terme de prévention qui demeure le seul moyen efficace de se prémunir contre ce mal. «La pandémie est relativement maîtrisée mais les choses peuvent changer»
Cette campagne, réalisée avec le concours des ONG thématiques, est le résultat de plus de deux années de travail et de recherches. Elle se décline en 4 phases. La première est axée sur la sensibilisation et la prise de conscience. Selon M. Sebti, DG de Boomerang, le message de cette première phase c’est la responsabilisation. «D’où le recours au miroir qui a pour effet de refléter la réalité.»
La deuxième phase concerne les modes de transmission et de prévention. En troisième lieu, la campagne focalise sur la promotion des services de soins, notamment les centres de dépistage. L’objectif étant de permettre à toute personne souhaitant connaître son statut de sérologique d’y accéder. Enfin, la 4ème phase, qui coïncidera avec la veille de la journée mondiale du Sida dont le thème est Femmes VIH et Sida, sera axée sur «la sensibilisation à la réduction de l’impact social et psycholologique de la maladie sur les personnes vivant avec les VIH/Sida.
L.O.