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Quartiers populaires et nouvelles technologies,

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Les quartiers populaires de Rabat sont dans l’euphorie. Après la parabole, voici la fièvre du numérique et de l’Internet qui s’abat sur ces bidonvilles. La course à l’acquisition de ces appareils ne connaît plus de limite. Résultat de cette frénésie , des magasins en tout genre ont envahi les périphéries au grand bonheur des enfants et des mères de famille qui n’auront plus à se déplacer en ville pour l’achat d’une console ou autres équipements pour la distraction de leurs gosses. Les tous nouveaux jeunes, fraîchement sortis des écoles d’informatiques, ne jurent désormais que par ce commerce. «Je suis diplômé d’un centre de formation en informatique. J’ai présenté mon dossier dans plusieurs entreprises mais, le plus souvent, on exige de l’expérience et on me propose un salaire modique. C’est ainsi que mon père a contracté un prêt auprès d’une banque, ce qui nous a permis d’ouvrir ce magasin. J’ai signé un contrat avec une société pour les fournitures électroniques. Maintenant, grâce à Dieu, je m’en sors», explique Mohamed. Pour ce qui est du montant de la somme investie, notre interlocuteur a jugé inutile d’aborder ce volet pour la simple raison que c’est son père qui s’est occupé de tout. Lui, il ne fait que faire marcher les affaires. Le cas de Mohamed est unique puisque parmi la centaine de magasins, que nous avons dénombrés dans tout Yacoub El Mansour, notre interlocuteur est le seul à pouvoir offrir un service complet. Entendez par là tous les logiciels du PC et les pièces se rapportant au numérique ou à l’analogique. Du moins à ses débuts. Pour marquer la différence avec les autres, il collabore avec trois techniciens, rodés dans le métier. Mais à peine  son commerce  ouvert, d’autres nouveaux  rangers en informatique ont copié le modèle. Ilham et son frère Khalil font partie de ces nouveaux venus avec une offre de service à crédit. «Les habitants des quartiers populaires ont recours de plus en plus à notre magasin. Pourtant, notre installation n’a  pas encore fait trois mois. Nous avons essayé d’établir une confiance mutuelle. Nous disons aux clients que tout achat de logiciel, toute réparation ou installation pourront être faits sans payer au comptant. Nous leur proposons alors un paiement échelonné selon le montant», fait remarquer la fille. Pour bénéficier de telles offres, il faut faire un achat d’au moins 50 dirhams et avoir une fiche d’engagement pour les recharges des cartes numériques, pour toute installation ainsi que pour toute réparation à l’extérieur ou à domicile. Le contrat est valable pour une année renouvelable.

Un commerce florissant

Quand on leur demande pourquoi ils ont opté pour ce genre de stratégie, leur réponse est sans détour. «Nous sommes dans des quartiers souvent très démunis. Il faut avoir une nouvelle stratégie pour rendre service mais aussi pour gagner.» Parole des nouveaux conquérants des quartiers défavorisés. Pour les clients, c’est une opportunité qui est là et qu’il faut mettre à profit. «Depuis que ce magasin a ouvert ses portes, il y a moins de problème dans l’approvisionnement et dans la recharge des cartes, même si elles sont piratées. Avant l’arrivée de cette boutique, il fallait aller à El Akkari ou descendre au centre ville. Idem quand on voulait des consoles de jeux pour nos enfants», fait remarquer ce père de famille. Mais c’est son fils qui est le plus satisfait. Dorénavant, il pourra changer ses CD, à volonté et à tout moment de la journée puisque le magasin est en face de sa maison. Mieux, on peut tout faire ici : graver les CD, DVD, transférer les données d’une cassette vidéo sur un DVD. À l’aide de ce système, le client peut récupérer ses anciens films et les stocker dans petit espace. Une situation qui ne fait plus le bonheur des gérants des vidéo clubs du coin. Ces derniers ont vu leur chiffre d’affaires chuter presque de moitié. «Depuis l’implantation de ces informations dans notre quartier, les clients se font rares. Les gens ne parlent maintenant que de DVD. Les cassettes ne les intéressent plus. Le mois dernier, j’ai subi une grande perte à tel point que j’envisage même de changer d’activité», explique Omar, patron d’un vidéo club. Pour sa part, Abdeljallil n’a pas attendu la diminution progressive de son chiffre d’affaires pour mettre la clé sous le paillasson. Dès qu’il a vu la location de cassette  baisser continuellement, il s’est aussitôt recyclé en vendeur de matériels informatiques. «J’ai vu le vent tourner et puisque le progrès ne s’arrête pas, créant ainsi de nouvelles habitudes chez les clients, je me suis dit qu’il fallait faire autre chose. Malheureusement, pour moi je n’étais pas fortuné pour affronter une telle situation. Alors, j’ai décidé de m’approvisionner à Casablanca, notamment au marché Derb Ghalef». Sur un autre plan, l’éclosion des NTI dans les quartiers périphériques fait aussi des mécontents surtout chez certains parents pour qui «Internet, DVD et CD» sont des supports qui apportent la déperdition (excusez du peu) chez les enfants. Un argument qui est aujourd’hui difficile à défendre tant les mentalités des jeunes a évolué et que la technologie ne cesse pas d’innover. Alors autant s’adapter à la nouvelle réalité pour ne pas dire qu’il faut faire avec...

M.S.



 

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