Evidemment, c’était géant, les Internationaux de France de tennis! Avec, pêle-mêle, des gringos, fines gâchettes, qui se sont défiés, des poupées russes qui se sont crêpé le chignon, des Belges duettistes champions (sans blague!)… Mais, ceux qui ont écrit, sur les courts, les plus belles phases de la livrée 2004 de Roland-Garros peuvent tous aller se rhabiller (hormis Shaparova, quart de finaliste du tableau féminin, nouvelle Kournikova (1) de l’ATP Tour, qui n’est en aucun cas tenue de remettre sa tenue…)
Moi, il est une performance qui m’a époustouflé davantage que les autres (encore plus épatante que celle de Coria, ma nouvelle idole (2), miné par les crampes deux sets durant, et qui a tout de même réussi à se créer deux balles de match, avant de céder). Elle est à mettre à l’actif de « fellow countrymen », de compatriotes. « Cocorico » !
Si le seul Marocain en compétition, Hicham Arazi, s’est fait étriller en tout début de quinzaine, il est un duo de chez nous qui a brillé jusqu’en finale. Karim Alami et Amine Ghissassi, commentateurs d’Al Jazira Sport, chaîne arabophone du numérique, ont volé la vedette à Myskina (qui n’a plus lieu de s’appeler ainsi, maintenant qu’elle a empoché un chèque tout truffé de zéros; moi, je trouve qu’elle a désormais une frimousse à s’appeler « Mryffha » ou « Mghandra »!), Gaudio et tout le bataclan.
Ceux qui aiment bien se fendre la poire et qui ont raté les deux semaines de « commentairribles » commises par l’ex-numéro 1 du tennis national et son partenaire devraient faire en sorte que les responsables de la chaîne qatarie leur envoient les enregistrements des matchs couverts par ces deux-là! Et ne lésinez pas, question fric ! Payez le prix fort, s’il le faut !
Et puis, veillez particulièrement à vous faire envoyer la « finale messieurs » ! Car, (im)Alami y affichait une forme étincelante !
Il est trop fort, Karim ! Sur un court de tennis, on le savait bon (c’est pour cela, d’ailleurs, que les dirigeants d’Al Jazira ont eu recours à ses services; les tennismen arabes connus mondialement ne courant pas les rues). Sa prestation sur Al Jazira Sport aura permis de révéler l’humoriste génial, le boute-en-train apocalyptique qui sommeillait en lui ! Son partenaire, Amine Ghissassi, qui était également poilant -dans son genre- reconnaissait sans peine que Karim menait le bal, puisqu’il n’en manquait pas une pour l’appeler « captain », révérencieusement!
Il fait à peu près dans le même registre que Jamel et Gad, « captain » Karim ! Le mélange des genres ! Mais, dans son cas, c’est encore plus désopilant, parce que lui, il le fait « à l’insu de son plein gré », comme dirait Virenque (qu’est aussi bon que Béru pour ce qui est de faire des « propositions décentes », des phrases correctes) ! L’arabe de Karim Alami, c’est du « petit nègre » (3), plus indéchiffrable encore que celui que baragouinait il n’y a pas si longtemps un ex-haut dignitaire « bidaoui » ! Comme ce dernier, Karim Alami est terriblement efficace, très à son aise sur le terrain, mais bafouille lorsqu’il s’agit de s’exprimer en arabe !
Jamel Debouzze et Gad Elmaleh font plier de rire l’Hexagone en prenant des intonations du « bled », en empruntant des expressions 100 % marocaines ! Karim Alami, pour sa part, a très vraisemblablement dû faire un malheur dans toutes les chaumières du «Grand-Moyen-Mini-Micro-Orient» qui ont suivi l’épopée Roland-Garros sur Al Jazira ! Son cocktail arabe-classique-dialectal-mots-techniques-en-anglais a, à n’en point douter, fait mouche. « Mouch Maâoul !»
L’humour d’Adel Imam, dont Mike Myers
(monsieur Austin Powers, Wayne’s World…) en personne dit s’être inspiré, c’est du pipeau à côté des dérapages « odieuxvisuels » (cons, drôlets et incontrôlés) de Karim Alami! Le monde arabe doit en redemander ! C’est pour bientôt ; pour Winbledon, sur Al Jazira Sport, dans un mois à tout casser !
Si Canal + s’y connaissait en langue arabe, elle aurait probablement concocté une « nuit du Zapping » à la gloire de Karim Alami ! Parce que je m’y connais un peu + que Canal + en langue arabe, je me permets de dresser un top 5 de ses perles les plus… éclatantes :
5 : Mitrou wa khamssa wa sabaoun (1m75)
4 : Fouras lan tatih koula yaoum (« tatih », tombent, en lieu et place de « toutah », se présentent)
3 : Gaudio yastahil al faouz (« yastahik », « il mérite », est le verbe qui sied à cette phrase, et non « yastahil », qui signifie « débute » en arabe classique)
2 : Hayakoun, hayalaab, hayafouz… (on n’apprend pas l’arabe en matant des feuilletons et films égyptiens!)
1 : Yastanaouna (no comment!)
« Ach eddak, a Karim ? » Qu’est-ce qui t’a pris d’aller commenter des matchs de tennis dans la langue d’Al Moutanabbi -alors que ce sont probablement les ramasseurs de balle et les entraîneurs du RUC et d’autres clubs de tennis qui t’ont appris à t’exprimer en arabe dialectal ? C’est pour le pognon ? Toute cette « tehon » pour du pognon ?
« Lam oukachbil ayya twichia fi hadratika, ya captain Karim » Par contre, je comprends qu’il puisse être terriblement tentant de récolter un max de pépettes en n’ayant rien d’autre à faire que d’écorcher la langue arabe, une quinzaine durant, sur Al Jazira Sport ! Tu l’ouvres quand, l’académie de tennis de tes rêves, ya captain ?
M.L.
(1) Synonyme, dans le jargon « tennistique », d’Aphrodite
(2) Avant, mes modèles étaient Donald Duck et Abbas El Fassi (non, pour ce dernier, j’déconne!)
(3) Dieu que cette expression est laide, tendancieuse, raciste ! Je l’utilise, cependant, n’en ayant pas de plus expressive en stock !