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Myasthénie, réaction positive du Gouvernement Santé

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Il y a quelques semaines, La Nouvelle Tribune, interpellée par la situation précaire et délicate des myasthéniques au Maroc à la suite de la campagne menée par l’AAMM, consacrait dans son édition n° 391 datée du 19 au 25 février, un dossier à la myasthénie où elle évoquait les problèmes et difficultés rencontrés par les myasthéniques et leurs familles. Thérapeutique onéreuse, absence de structure de prise en charge, désarroi des familles et des personnes atteintes..., sont autant d’écueils soulevés dans ce dossier. Objectif : attirer l’attention sur un problème qui touche une minorité, mais qui intéresse toute la communauté, parce que personne n’est épargné, et parce qu’un citoyen malade est avant tout un citoyen et il a droit aux soins. Le département de M. Biadillah n’a pas été insensible à la quête de l’A.A.M.M. Le 27 avril dernier tombait une note du ministre de la Santé, faisant état de la décision de son département de réduire les droits d’importation pour le Mestinon et le Mytelase. «Quant à l’exonération de la taxe, les services compétents ont déjà entamé les consultations nécessaires en vue d’obtenir l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée», précise cette note.
Retour sur une histoire qui semble s’acheminer vers une fin plutôt heureuse.

Rappel

Indignée par l’inaccessibilité des médicaments, pour la masse de la population, en général, et les myasthéniques en particulier, l’AAMM mène depuis quelque temps une véritable campagne pour baisser le coût des soins pour cette catégorie de malades, attestant ainsi d’un geste fort méritoire du corps médical. Plus de trois cents courriers ont été envoyés à travers le Royaume. Médias, partis politiques, députés..., ont été saisis. Tout comme une lettre ouverte a été adressée au ministre de la Santé, précédée de deux correspondances à la Primature. «Notre implication dans cette maladie, nous a fait prendre conscience, en tant que médecins, que nous étions complices d’un système qui sanctionne le malade qui n’a pas les moyens financiers nécessaires pour faire face à son mal. Nous étions complices car nous continuions à prescrire des médicaments hors de portée des patients», déclare-t-on à l’AAMM.
Selon le Dr My Ahmed Idrissi, président de l’AAMM, qui précise que le  myasthénique est un handicapé physique grave qui nécessite aussi de la communauté, reconnaissance de son état grabataire, «le patient est rapidement réduit à l’état d’infirme. Peu a peu, il devient tributaire d’autrui et dépasse les possibilités de soins et de patience de sa famille.
Il convient de rappeler qu’au Maroc, on estime le nombre des myasthéniques à près de 5000 (chiffres non officiels). Selon le Dr Idrissi, à ce jour, le Maroc réserve peu de moyens et de rares techniques à la prise en charge des myasthéniques, des citoyens condamnés à l’infirmité, faute de traitement. Il convient, en effet, de rappeler que les coûts des soins sont loin d’être accessibles. Ces dernièrs s’appuient sur deux types de traitement; ceux à visée symptomatique (Mestinon, Mytelase, prostigmine), ce sont des produits qui inhibent la dégradation de l’acétylcholine, à l’origine de la maladie, et ceux à visée étiologique.

Revendications

Si l’A.A.M.M. s’est réjouie de la décision du ministère de la Santé qu’elle n’a pas manqué de saluer, elle estime, toutefois, que d’autres efforts restent à faire.
«Cet acquis prémonitoire, c’est des prémices aux concessions obtenues et aux efforts déployés. La poursuite des efforts humanitaires du Gouvernement, visant à réformer les concepts anciens et à la prise de conscience générale aux fins de reformater les règlements et les textes qui fixent des prix des médicaments et des soins», déclare le Dr Idrissi. Et de poursuivre «On veut que l’Etat détaxe les frais de la douane tous les intrants des médicaments et qu’il défiscalise toutes les taxes de médicaments et de soins.» Pour les membres de l’AAMM, il est inadmissible que le lait pour nourrissons soit imposé à hauteur de 40%, alors que d’autres produits bénéficient de traitements fiscaux préférentiel. Ceci aura sans doute une incidence positive sur le budget de l’Etat, car une personne infirme, dépendante d’autrui et condamnée au lit ou à une chaise roulante, (quand elle est disponible), est  plus coûteuse à l’Etat car non productive ... Elle est donc réduite à une simple charge aussi bien pour sa famille que pour l’Etat. Par ailleurs, en contrepartie des taxes sur les médicaments, l’Etat peut récupérer ce manque à gagner sur d’autres produits accessoires ou de luxe. Une thèse soutenue par les membres de l’AAMM. «Nous demandons à l’Etat de bien vouloir réformer la réglementation  de la douane et du fisc , en matière de médicaments.» L’état actuel de la politique de Santé n’est pas compatible avec le courant de solidarité initié par Sa Majesté et qui est, en fait, à l’origine de cet élan de solidarité. 

L. Ouazry

Qu’est-ce qu’un myasthénique ?
 
C’est une personne atteinte de myastenia gravis, désignation grecque de la myasthénie, maladie auto-immune musculaire, due à un blocage de la transmission de l’influx nerveux du nerf au muscle, au niveau de la jonction du nerf avec le muscle. La maladie se manifeste à travers un déficit moteur apparaissant à l’effort ; «c’est la notion de fatigabilité anormale à l’effort qui est due à un bloc de transmission neuro-musculaire».
Le  myasthénique est un handicapé physique grave qui nécessite aussi de la communauté une reconnaissance de son état grabataire. Selon les spécialistes, «le patient est rapidement réduit à l’état d’infirme ! Il vit ou végète, à l’état de pleine conscience, son amoindrissement progressif. Le myasthénique constate la faillite de son organisme, il voit son humeur se déprimer et sa marginalisation s’accentuer, le confiant à un meuble de lit. Peu a peu, il devient dépendant d’autrui et il dépasse les possibilités de soins et de patience de sa famille.»



 

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