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Le jour du Destin Maroc 2010

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1. Copain-copain avec les grands de ce monde
Peut-on seulement se voir refuser quelque chose, en ce bas-monde, lorsqu’on jouit de l’appui indéfectible des Etats-Unis, de la France et de l’Espagne? Certes, l’Allemagne, mais également la Grande-Bretagne, deux autres poids-lourds de la planète, affichent leur soutien au pays de Mandela et de Mama Africa. Cependant, personne n’ignore que seuls les Etats-Unis décident de la destinée de ce monde. Même lorsqu’il s’agit de foot et même si les Américains n’y pipent pas un mot, à cette discipline ! Si le Brésil est au foot ce que les Etats-Unis sont à l’échiquier géopolitique mondial, le pays de Romario ne pèse cependant pas lourd devant celui d’Eric Wynalda (buteur U.S.) dans les coulisses du foot. Les Etats-Unis sont le lobby le plus puissant du globe, dans tous les domaines ; qu’il s’agisse de foot, de samba ou de diplomatie internationale !
De Gaulle, pionnier de l’altermondialisme, avait vu juste : l’ONU (ainsi que d’autres instances internationales non gouvernementales) est un machin, et les States un pays qui n’en fait qu’à sa tête. Les Ricains ont conduit (quasiment) seuls la seconde guerre du Golfe, contre vents et marées. La « Chiraquie », la France de Chirac, ce grand gaulliste, s’est dressée contre l’« unilatéralisme » et la trop grande hégémonie américains. Mais, la France de Chirac, grand ami du Maroc, est, sur ce coup-là, sur la même longueur d’onde que les States. Comme l’Espagne de Zapatero, qui s’est récemment brouillée avec l’Amérique de Bush, mais qui mise sur le même cheval pour le Mondial 2010 : le Maroc.   
Si c’est ce que les States souhaitent vraiment, s’ils ne nous racontent pas des salades, le Royaume obtiendra, les doigts dans le nez (l’Afrique du Sud et les autres pays candidats, les doigts dans le c… !), l’organisation de la coupe du monde en 2010. La messe est dite, les jeux sont faits, et les carottes sont cuites pour les quatre autres pays africains en lice, si les Etats-Unis usent de leur poids auprès de la FIFA (pour que le Maroc accède enfin à son rêve) comme ils le font, dans un domaine autrement épineux, auprès de l’ONU (pour que les résolutions que viole Israël ne lui valent pas un carton rouge). A trop vouloir dresser un parallèle entre les relations internationales et le foot mondial, je « m’emmêle un peu les jargons » mais j’espère que nous nous entendons, compatriotes lecteurs, mes semblables, mes frères : la coupe du monde tombera à coup sûr dans l’escarcelle du Maroc parce que l’avis de pays comme le Tonga, l’Ecosse ou le Botswana (certains des 24 pays membres du comité exécutif de la FIFA qui devraient accorder leur voix à l’Afrique du Sud) importe évidemment moins que celui des puissants du globe. God Bless America - ainsi que nos potes de toujours, la Chiraquie et l’Espagne !   

2. Les premiers doivent être les premiers…
Plus de dix ans avant l’Afrique du Sud, et davantage encore avant que d’autres pays africains ne déposent leur candidature, le Maroc avait déjà défendu les couleurs africaines à Zurich, devant les 24 membres du comité exécutif  de la FIFA. Cela signifie que le Maroc aurait pu organiser le Mondial qui s’est joué aux Etats-Unis, en 1994, ou celui de 1998, qui s’est tenu en France ou encore celui qui aura lieu, d’ici deux ans, en Allemagne. Cela signifie également que ce pays a eu pratiquement deux décennies pour peaufiner son dossier technique. Cela signifierait surtout, en cas de non-désignation du Maroc, (comme le fait remarquer, tous les samedis à l’heure du Blind Test, au moment des super-bancos pour être plus précis, Thierry Ardisson dans son Tout le monde en parle) que le monde est injuste, que la persévérance ne paie pas…

3. La porte à côté
Seize petits kilomètres séparent le Maroc du continent européen. Si le premier Mondial africain était confié au Maroc, les Espagnols, par exmple, pourraient assister à un match à Tanger en journée, et retourner se pieuter chez eux, le soir! S’il est vrai que la Tunisie, la Libye et l’Egypte ne sont pas non plus à l’autre bout de la planète, l’Afrique du Sud, elle, ne peut se targuer d’un tel atout !

4. Terre de foot
L’Afrique du Sud, le rival le plus dangereux du Maroc (non pas parce qu’il y est commis, chaque année, 22.000 meurtres en moyenne, mais parce que leur dossier de candidature est béton !), est une terre où l’ovale est adoré. Pas le ballon rond ! Outre le rugby, sport-roi dans cette contrée éloignée, des sports tels que le cricket, voire le surf, volent la vedette au foot. En 1994 et en 2002, la FIFA a jugé utile de confier l’organisation du Mondial à des pays où le foot n’est pas une religion, afin d’en assurer la promotion, d’œuvrer à son développement. Mais, les Etats-Unis en 1994, le Japon et la Corée du Sud en 2002, ne sont pas l’Afrique du troisième millénaire. Cela fait plus de 100 ans que le foot est pratiqué en Afrique, bordel ! Assidûment, en plus ! Ce serait une insulte au talent des Larbi Ben Barek, Hassan Akesbi, Salif Keita, Roger Milla, Rabah Madjer, George Weah, Didier Drogba …, que d’organiser la première fête du foot d’un des continents les plus « foos » de foot dans un des rares pays dudit continent qui snobent ce sport.
Ce n’est pas un club sud-africain (genre Orlando Pirates - quel nom de loosers, soit dit en passant !), mais le Raja de Casablanca, que les supporters cariocas ont ovationné (pour son beau jeu, et malgré ses résultats médiocres) lors de la première coupe du monde des clubs, qui s’est déroulée au Brésil, en 1999. Ce ne sont pas les Bafana-Bafana, mais les Lions de l’Atlas, qui figurent sur les tablettes de la FIFA comme étant la première équipe africaine à passer un premier tour de coupe du monde, à se qualifier pour des huitièmes de finale de coupe du monde ! Nous comptons parmi les locomotives du football continental, et l’avons notamment prouvé lors des campagnes mexicaines de 1970 et 1986, de la campagne française en 1998. Faites en sorte, messieurs de la FIFA, que nous le restions ! 

5. MST, meurtres et autres contrariétés
Par rapport à l’Afrique du Sud, où une personne sur neuf est séropositive, le Maroc est prodigieusement préservé de la pandémie la plus meurtrière de ces vingt dernières années. Non seulement l’octroi de la coupe du monde à l’Afrique du Sud limiterait à quatre le nombre de partenaires qu’un supporter ou une supportrice étrangers, hétérosexuels ou homosexuels – et à neuf partenaires, s’ils sont « bi » -, peuvent fréquenter durant le long mois du Mondial sans courir le risque de choper le virus HIV. Et ne parlons pas des risques de se faire trucider dans les rues de Johannesburg, ni du fossé abyssal qui sépare, dix ans après la chute du régime de l’Apartheid, blancs et noirs ; encore et toujours ! Pour pasticher une phrase de Malraux, je dirai, pour conclure, que le Mondial 2010 sera marocain ou ne sera pas… folichon du tout !

M.L.



 

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