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Le SIDA dépisté en moins de vingt minutes Santé

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Briser la loi du silence est le premier but des associations de lutte contre le Sida. Une entreprise entamée depuis des années. Pour autant, même si aujourd’hui on parle du Sida, la pandémie demeure entourée d’une espèce de non-dits, émanant de notre culture. De ce fait, le problème du Sida reste occulté ou du moins partiellement considéré, au risque de passer à côté, et par conséquent ne plus être en mesure, dans quelques années, de faire face aux effets d’une évolution dramatique de la maladie. Fort de ce constat, OPALS Maroc (Organisation Pan-Africaine de Lutte contre le Sida), dont l’action s’articule autour de trois axes principaux, à savoir “la prise en charge médicale et psychologique des séropositifs, la formation des personnes relais et le travail communautaire pour sensibiliser les populations vulnérables” a élaboré un programme de sensibilisation destiné aux décideurs. Convaincue de l’importance du plaidoyer dans cette lutte, l’association a ciblé deux corps de métiers, dont l’importance est indéniable dans l’évolution des sociétés. Il s’agit des journalistes et des parlementaires. L’objectif étant d’insuffler une dynamique à la société civile pour la mise en œuvre du programme de communication sociale (qu’envisage de lancer le minsitère de la Santé dès juin prochain (Voir encadré avec Dr Hamida khatabi) en impliquant davantage les leaderships.

Sida au Parlement

Soutenu par le PNUD, à travers Onusida, présent au Maroc depuis 1991 et accompagnant depuis juillet 2003 l’OPALS dans ses actions, ce programme vise , en effet, une prise de conscience de la gravité de la situation aussi bien au Maroc que dans le monde.
Alors pourquoi les parlementaires et les journalistes? Selon Dr. Nadia Bezad, présidente de l’Opals Maroc, “il est question de mettre les journalistes à contribution dans ce programme à travers la diffusion de l’information, (une information claire et juste, précise-t-elle). L’association, vise, en outre, la contribution des médias dans l’élaboration d’outils d’information de manière à communiquer rapidement et efficacement, en vue de développer les moyens de lutte contre le Sida. L’idée étant d’impliquer effectivement les médias dans cette lutte. A ce titre, l’Opals a réalisé un film et un CD-Rom, à visée éducative et qui, à ce jour, demeurent, diffusés uniquement dans les associations, mais ne trouvent pas écho sur nos antennes radio et télé. Alors qu’il s’agit pour le ministère de la Santé d’une manne à exploiter, dont le retour sur l’investissement est des plus sûrs. Et pour cause, un citoyen averti est sans doute un citoyen qui ne sera pas atteint et par conséquent représentera une prise en charge en moins à l’Etat. “ C’est un travail qui nous dépasse, a déclaré la présidente de l’Opals, c’est pour cela que nous nous sommes fédérés en réseau composé de dix-huit associations, pour conjuguer nos efforts en vue d’une action optimale.”.
Par ailleurs, les parlementaires pourront jouer un rôle crucial à plus d’un égard. Le parlement est constitué de diverses formations politiques, représentant diverses localités. Ce qui permettra incontestablement la décentralisation de la starétégie de lutte contre le Sida. “De par leur action dans l’hémicycle du parlement, instance où les lois sont discutées, votées et adoptées, les députés pourront apporter leur appui au plan de la stratégie nationale de lutte contre le Sida.”, dixit Dr. Bezad.

Une première

Dans cette optique, après avoir invité cinq parlementaires à l’occasion de l’ouverture du premier centre de traitement ambulatoire (CTA), où ils ont pu écouter les témoignages d’une personne atteinte du Sida, les responsables de l’Opals, passent à la vitesse supérieure. C’est à leur tour de se rendre au parlement, le 22 janvier 2004. Le but étant de sensibiliser les députés sur les difficultés réelles des séropositifs et par la même sur les problèmes que pose le sida, en général, à la société. Il s’agit, il est vrai, d’une première où une association évoque au parlement un sujet pareil. Ce qui atteste, en effet, d’une évolution de bon augure. Cette action, qui s’inscrit selon Dr Bezad, dans le cadre d’un travail de terrain a toutes les chances d’aboutir, est aussi une manière de porter la maladie sur la scène politique . “Auparavant, nous travaillons à partir des bureaux, là nous avons décidé de faire un travail de proximité, en étant plus sur le terrain. D’ailleurs notre entrevue avec les députés nous a incités à aller de l’avant.” Les parlementaires sont très conscients du problème du Sida et semblent disponibles pour apporter leur soutien à l’action de lutte contre ce fléau. Pour matérialiser cette volonté, les députés se sont engagés à faciliter la mise en place des CTA, dans leurs collectivités locales. L’idée étant d’aboutir à une coordination entre l’Opals, le Parlement et le ministère de la Santé, en vue de limiter l’incidence de la pandémie.
En effet, le Sida n’est plus une affaire médicale. De ce fait, l’Opals, motivée par la réaction positive des députés et interpellée par l’évolution de la prévalence de la maladie, a décidé d’élaborer une stratégie de communication commune qui se veut permanente en vue d’un plus grand impact.

Urgence

En attendant la mise en place d’une action gouvernementale (matérialisée par le programme de Communication sociale), impliquant divers intervenants (la Santé, la communication, l’éducation, la Recherche et le développement…,) le travail des associations demeure pratiquement l’unique voie de lutte contre ce mal et ne peut de ce fait atteindre les objectifs visés. Par la même, il incombe à nous tous de lutter contre la plus grande catastrophe que nous ayons jamais connue. Selon Raphaële Péan, représentante d’ONUSida, le Maroc a certes l’avantage d’un faible taux de prévalence, mais cela ne veut pas dire qu’on ne doit rien faire, au risque de voir ce taux se multiplier à une grande vitesse, car à ce moment là, le mal serait incontrôlable d’autant plus que les moyens du Maroc ne le permettraient pas. “Alors autant prendre les mesures nécessaires tant qu’il est encore temps”. Or, la pandémie connaît une évolution inquiétante. On note une incidence plus importante dans le rang des femmes et des jeunes de 23-24 ans dans le monde rural. Il s’agit, en fait, de la force vive de la société, la population productive. “Si rien n’est entrepris, l’impact sur l’économie du pays sera grave, ce sont les efforts de 30 années de développement qui vont s’évanouir. ” explique Raphaële Péan. Et de poursuivre “Nous ne sommes pas à l’abri d’une explosion. Le Maroc est à une étape de l’pandémie et il a toutes les chances de limiter ses dégâts. Partant, la prévention est fondamentale”
D’ailleurs, il convient de rappeler que si la prévalence du Sida demeure faible au Maroc, c’est parce que de nombreux cas ne sont pas recensés car ils ne sont pas dépistés et par conséquent non traités. Ils représentent de ce fait une menace de contamination pour d’autres personnes. “Les séropositifs ont le droit de vivre, mais ils ont aussi des devoirs. ” D’où l’intérêt d’un programme de communication sociale. Le silence est le complice de ce virus, il faut donc se battre pour le briser.
A partir de ces données, l’Opals a organisé un atelier de travail avec les médias en vue de discuter des contours de sa contribution au projet du programme de communication sociale, qui sera présenté aux députés dès cette semaine. L’objectif étant de faire du Sida une priorité et d’inciter le gouvernement à adopter une stratégie de lutte efficace à même de réduire les effets négatifs de l’pandémie sur notre société.
Dans cette optique, l’Opals entend organiser durant l’été prochain une caravane de lutte contre le Sida, qui sillonnera les plages du Maroc, en vue de sensibiliser les jeunes à effectuer le test du dépistage, gratuitement et de connaître les résultats de leur prise de sang quelques minutes plus tard. Une idée originale, mais cette action a besoin de l’implication de tous pour une meilleure lutte, une lutte collective.

Leïla Ouazry


Généralisation
de la trithérapie, une urgence

Parmi les revendications qui ont été soulevées, on note entre autres, l’implication urgente du ministère de la Santé, en vue de la généralisation de la médication (trithérapie). Et Dr. Bezad de rappeler: “Notre objectif est d’être indépendants, on ne peut pas être tout le temps tributaires du fonds mondial. L’Etat est appelé à redoubler d’efforts, pour une prise en charge de l’ensemble des personnes atteintes.”. Il est à signaler que le fonds mondial d’aide aux personnes malades a réitéré son soutien au Maroc pour une période supplémentaire de 2 ans, mais on ne sait pas quel sera, après, le sort des malades.”



 

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