Avec ses 76 hôtels, 22 308 lits et 10430 chambres Marrakech peut se targuer d’une capacité d’accueil considérable, ce qui justifie sans doute un taux d’occupation de près de 50% sur l’ensemble du produit Maroc. C’est la première destination du Maroc en termes d’arrivées et la seconde en termes de nuitées, grâce à ses innombrables atouts. Elle représente une plate-forme (aérien, circuits vers le sud ou encore vers les villes impériales). Il serait donc regrettable qu’une destination qui regorge d’atouts touristiques n’en tire pas suffisamment profit. Selon les professionnels locaux, à l’exception des hautes saisons, la destination ne se prêterait pas si bien que cela. «Jusqu’au 11 septembre, le tourisme a su absorber les chocs. Mais, depuis, les événements se sont rapidement succédé ( 11 septembre, guerre en Afghanistan, Gerba, Irak, Casablanca et tout récemment Madrid) qu’on n’arrive plus à absorber l’impact de tels événements.», explique-t-on à l’association industrielle des hôteliers de Marrackeh.
Si les statistiques du ministère du Tourisme affichent une nette progression ( 20% en terme de nuitées et 2% en terme du taux d’occupation) à Marrakech en janvier 2004, les professionnels, eux, estiment que ce sont des performances exceptionnelles réalisées pendant les périodes de forte affluence et non pas durable sur tout le long de l’année.
La crise existe
Partant, l’association de l’industrie des hôteliers du Maroc, n’a pas attendu l’opération Kounouz Biladi, jugée par certains opérateurs incompatible avec leurs objectifs, pour promouvoir la destination Marrakech. D’où la présente action baptisée Kounouz Marrakech. Selon les artisans de cette opération, le touriste est, il attend qu’on l’intéresse, pour qu’à son tour il réagisse. «Le touriste marocain représente un grand potentiel pour le développement de l’activité touristique, au Maroc. C’est une manne importante, que les responsables ont négligée pendant longtemps. l’opération Kounouz Biladi est venue rattraper le tir, mais, les failles qu’elle présentait n’ont pas permis les résultats escomptés.» dit-on dans le rang des hôteliers de Marrakech. Il est à rappeler que Marrakech a reçu en 2003 quelque 947 000 touristes dont 222 000 nationaux et MRE. Ce qui représente près de 25%.
Selon l’association industrielle des hôteliers de Marrakech (AIHM), cette entreprise émane des besoins effectifs ressentis sur le terrain par les professionnels. «Loin de nous l’idée de bouder les actions du ministère, mais nous avons estimé qu’en ces temps, il faut être très réactif pour pouvoir gérer les crises, et surtout être à l’écoute des clients. Il y a une demande qui existe en interne, donc on serait débile de passer à côté.» Pour M. René Baiada, directeur général de Kenzi Farah Hôtel, après avoir longuement attendu l’opération Kounouz Biladi, qui ne venait pas, les opérateurs locaux ont réagi.
Réactivité
En effet, l’opération Kounouz Biladi est prévue pour le 14 avril, or, cette date ne coïncide pas avec le calendrier des vacances scolaires au Maroc (à l’exception des missions étrangères) qui ont démarré le 02 avril pour prendre fin le l2 du même mois et par conséquent, encore une fois, le touriste marocain n’est pas pris en considération. C’est l’international qui est ciblé. On tombe donc dans les mêmes erreurs d’antan. Et c’est justement pour cela que Kounouz Marrakech est née. «Il est temps de décentraliser un peu. On ne peut plus attendre que l’administration fasse tout pour nous. Chaque produit a ses spécifités, les hautes saisons diffèrent d’une destination à une autre et par conséquent on ne peut pas avoir une offre passe-partout.», explique M. M.A.T, membre de l’AIHM. Partant, les opérateurs locaux conscients de l’intérêt que représente le touriste marocain pour le développement de leur activité, ont adapté leur offre à sa demande en tenant compte des spécifités de cette demande à travers l’opération Kounouz Biladi. Le principe étant de niveler les tarifs proposés aux nationaux sur ceux offerts aux étrangers par les T.O. En effet, les Marocains se sont souvent plaints des tarifs élevés et du fait que les étrangers avaient des offres préférentielles, auxquelles, le touriste marocain n’avait pas droit. Ce qui explique, il est vrai, la ruée des Marocains vers les destinations étrangères souvent moins chères que l’offre marocaine. «Le Marocain est un consommateur qui calcule», lance un hôtelier de Marrakech, qui poursuit : «Donc, si on lui propose une destination chère, et qui en plus ne correspond au calendrier, c’est clair que nous misons sur une seule cible, celle de l’international. Or aujourd’hui, vu la conjoncture actuelle , on ne peut se contenter d’une seule catégorie de touristes. Voilà pourquoi, nous avons opté pour Kounouz Biladi, qui propose une promotion de grande envergure, qui ne se limite pas aux vacances de Pâques, mais qui s’échelonne sur toute l’année.»
En effet, tout observateur lucide comprendra que l’opération Biladi cible plutôt l’international ou au mieux les MRE.
Initiative à saluer
Par ailleurs, il est à noter que l’opération en question a été minutieusement confectionnée de manière à répondre à divers profils de touristes. Dans ce sens, une brochure (de 60 pages , format poche tirée à 40 000 exemplaires) a été élaborée avec le concours de l’ONMT, pour permettre aux intéressés d’avoir une idée globale sur les différentes offres et tarifications des établissements marrakchis. Cette brochure qui regroupe toutes les catégories des hôtels (cela va des deux étoiles au 5 étoiles luxe), est distribuée à toutes les agences de voyage qui sont commissionnées à hauteur de 10%. Il s’agit, en effet, d’un document de base, à même de permettre aux intéressés de programmer leurs vacances à l’avance. L’idée étant d’habituer le touriste marocain à passer par une agence et de programmer ses vacances à l’avance, mais l’objectif principal est de créer une sorte de dynamique chez les différents intervenants. Et c’est tant mieux puisque tout le monde y gagne !
En somme, il semble que l’opération Kounouz Marrakech, qui a démarré le 2 avril, est bien partie pour une saison bien fournie. La ville ocre a connu une affluence assez importante pendant le week-end dernier. Certains établissements et ryads ont affiché complet, avec une grande présence du tourisme de famille qui est une particularité du touriste marocain. Et c’est là une niche aussi importante que les opérateurs touristiques ne doivent pas négliger. Là également, il faut faire preuve de réactivité et proposer à cette catégorie de touristes des offres qui correspondent à leurs attentes.
Leïla Ouazry
Tarification promotionnelle
Parmi les établissements qui figurent sur cette brochure et qui proposent une réduction allant jusqu’à 50 % en fonction des périodes, on citera :
- Le Kenzi Farah Hôtel 5 étoiles coûtant 990 Dhs en chambre double en BB, du 1er avril au 31 mai (considéré haute saison).
- Le Golf palace est à 2680 Dhs en BB, en chambre double pour la haute saison, il passera à 1980 Dhs pendant les mois de juillet /Août.
- Dans la catégorie 4 étoiles, on peut trouver les clubs de vacances tels le Club Oasis, à 700 Dhs en demi-pension en chambre double pendant la basse saison, à 800 Dhs en moyenne saison et 1000 Dhs en haute saison (vacances fin d’années et Pâques) ou encore le club Issil, commercialisé à 380 Dhs par personne en Demi-pension en basse saison et 450 Dhs en haute saison.
- Dans la catégorie 3 étoiles, on trouve, entre autres, l’Oudaya, au tarif de 310 Dhs tout au long de l’année en chambre single ou double.