Il y a quelques jours, nous célébrions la journée mondiale de l’Eau, le lundi 23 mars. Occultée par une actualité internationale chargée en événements sanglants, cette journée n’a pas eu une grande attention. Quelques articles sont parus dans la presse, tout comme le Secrétariat d’État à l’environnement a organisé une ou deux manifestations à cette occasion. Il nous paraît donc tout à fait opportun d’y revenir. L’objectif étant d’attirer l’attention des responsables et des citoyens sur la valeur de l’eau, une ressource qui a tendance à se raréfier, eu égard à un chamboulement climatique. Les pays de Sud sont les premiers concernés. Le Maroc, et ce n’est pas là un scoop que nous livrons, va en se désertifiant. La sécheresse n’est plus conjoncturelle, elle devient structurelle. Nous tendons donc vers un climat aride. Ce qui devrait nous interpeller quant à la valeur de l’Eau. Paradoxalement au quotidien, on s’aperçoit d’une grave dilapidation de cette ressource. Pour ne citer que cet exemple, je vous renvoie au 107, rue Dumont d’Urville, non loin du restaurant espagnol Casa Espanà, à un immeuble en construction, l’eau coule de tuyaux en plastique à flot vers les égouts. Et ceci dure depuis le mois de juillet. Donc cela fait huit mois, sans qu’une quelconque attention soit attirée. Aucun responsable, aucun élu, personne n’a réagi. Du moment que personne ne paie la facture de ce gaspillage, alors personne ne s’en soucie. Non pas exactement. Le civisme de certains Marocains (même si cela peut paraître paradoxal) continue de nous surprendre. Des citoyens, se sentant concernés (de par leur amour pour leur prochain, de par leur amour pour ce pays, de par leur conscience de la valeur de l’eau, de par leur conviction religieuse...,) ont, eux, réagi. Ils ont appelé plusieurs fois la Lydec, à leurs yeux plus à même de comprendre l’origine du problème et le régler, dans les plus brefs délais. Surprise, rien n’est fait. Ils ont alors écrit à la même entreprise, suite à quoi, ils ont reçu une promesse que la fuite ( Ils ont mal compris nos amis de la Lydec, une fuite à flot pendant huit mois !) en question serait réparée. Mais toujours rien. Au début, on pensait que l’eau émanait du chantier en construction, cependant l’eau n’est pas boueuse, elle est claire, les ouvriers en boivent, certains y lavent leur vêtement le dimanche. Le chantier en question est quasiment achevé, mais l’eau continue de couler pour finir dans les égouts. Quel vilain gâchis !
C’est le comble de l’insouciance, d’irresponsabilité, c’est non seulement une grave dilapidation, mais une insulte grave à tous les citoyens.
Amusez-vous à calculer combien d’eau a-t-on gaspillé pendant huit mois, 24 h/24, combien de douars auraient pu en profiter, combien d’espaces verts arrosés, combien de terreaux alimentés... ?
L.O.