A quelques semaines de la fin de son mandat, M. Amal Karioun, actuel président de la FNAVM, décide de sortir le guide des agences de voyages. Un mandat qui fut, selon M. Karioun, particulièrement difficile. «Ces deux dernières années n’étaient pas vraiment faciles pour le bureau de la fédération qui a dû faire face à plusieurs problèmes, particulièrement avec les fournisseurs» Et de poursuivre «Il y a eu aussi des choses positives» faisant ainsi allusion à l’opération Kounouz Biladi et à la campagne de communication «Le Maroc est le plus beau pays du monde», fortement critiquée. En effet, ce n’est pas sans amertume que M. Karioun a fait une sorte de rétrospective, selon ses termes de ces deux dernières années passées à la tête de la FNAVM. 11 septembre, guerre en Afghanistan, Gerba, Irak..., les événements se sont succédé au point que les voyagistes avaient du mal à absorber leur impact. En effet, les voyagistes sont montés au créneau à plusieurs reprises pour rappeler leur situation plutôt difficile en raison d’une conjoncture internationale difficile mais également de problèmes internes non des moindres, sans grand succès (grève et sit in en juillet dernier), particulièrement pour dénoncer «l’abus de position dominante des compagnies aériennes», selon leurs propos. Il convient de rappeler qu’au delà de l’ensemble des problèmes internes et externes qui stigmatisent l’activité touristique sur le plan mondial, d’autres bémols viennent se greffer à cette réalité d’emblée morose. La décision unilatérale des compagnies aériennes de baisser la commission IATA, depuis le 1er octobre 2002, de 9% à 7% pour le trafic international et de 7,5% à 5% pour le trafic interne, sans la moindre concertation ou préavis vis-à-vis des voyagistes était très mal accueilli par les voyagistes, qui n’ont pas hésité à saisir la justice pour dénoncer l’abus de pouvoir des compagnies aériennes. Suite à plusieurs reports, le procès aura lieu le 29 mars. «Tout ceci a fait que l’agent de voyage a connu un profil bas
pendant un certain temps.» Et M. Karioun de rappeler «Le voyagiste marocain est dans le couloir de la mort, à cause de la politique générale menée jusqu’à une date récente. L’administration du Tourisme était vagabonde, elle était SDF, nous avons été reliés à plusieurs administrations par le passé. Résultat, on peut pas établir une stratégie de développement avec 29 ministres.» Et de poursuivre «Aujourd’hui, l’administration de tutelle veut avoir un seul interlocuteur pour tous les métiers du tourisme, or ceci est impossible.» Selon M. Karioun, tant qu’on n’aura pas développé une politique durable on n’aura pas de résultat probant. Pour ce faire, le président de la FNAVM, estime qu’il faut restructurer notre offre, en mettant l’accent sur le tourisme de famille, qui, lui, nécessite un type d’hébergement qui fait défaut au Maroc. Pour M. Karioun, la destination Maroc est chère pour les familles. Et c’est là une rubrique qui manque à l’offre Maroc et qui représente un créneau fort intéréssant à développer. Et Monsieur le président de se demander «Où est cette vision globale, ou veut-on aller ?»
Agréments politiques !
Par ailleurs, il est à rappeler que les agissements de certains voyagistes n’ont pas manqué d’assombrir l’image de marque de l’activité dans son ensemble. Un constat qui désole la Fédération, qui n’ a pas manqué de rappeler que c’est là le résultat d’un laisser- aller de l’administration de tutelle. «Nous avons toujours, au sein de la fédération, pointé des doigts ces agences sans grand succès», a ajouté M. Karioun. Résultat, ces agences n’ont pas hésité à aller jusqu’au bout de leur péripéties, en dupant des candidats à «La Omra et Al Haj» sans le moindre scrupule, se disant sans doute que l’impunité est monnaie courante chez nous et que de ce fait, ils ne craignaient rien.
Bref, amputée par cette série de problèmes, la FNAV réagit aujourd’hui, en sortant le guide des agences de voyages. Il s’agit d’un répertoire regroupant les agences de voyages du Maroc dont la première édition sera disponible dès le 31 mars. «Ce guide ne comprendra que les agences de voyage qui se sont acquittées de leurs cotisations», rappelle le président de la FNAVM, qui ajoute la fédération a un grand problème, elle ne connaît pas les agences qu’elle représente véritablement.»
En effet, si la loi oblige toutes les agences à être membre de la fédération et par conséquent à s’acquitter de leurs cotisations, force est de constater qu’aujourd’hui seuls 500 agences sont membres de la FNAVM alors que le nombre des agréments est en permanente recrudescence. Ce qui explique, selon M. karioun, le désordre que connaît le secteur. «Dans les années 80-90, nous avons noté par désapprobation que beaucoup d’agences de voyages ont été créées dans le cadre d’une volonté politique. Jusqu’ à 86-87, il y avait 5 à 6 demandes d’agrément par an , alors qu’actuellement il est question de 20 demandes par trimestre.», explique M. karioun.
Partant, ce guide qui sera sans doute d’une grande utilité pour les touristes, représentera également un bol d’oxygène pour la trésorerie de la fédération.
Pour conclure M. Karioun a souligné qu’il faut revoir l’activité de l’agent de voyage. Ce dernier représente le moteur de l’activité touristique.
Leila Ouazry