C’est à Assia Al Ouadie qu’est revenue la Khmissa de la rubrique des «Droits humains». Cet ancien magistrat qui occupe aujourd’hui, le poste de directeur du Centre de réforme et de rééducation pour jeunes mineurs au complexe pénitentiaire Oukacha et membre du conseil d’administration de la Fondation Mohamed VI, pour la réinsertion des détenus, est aujourd’hui placée au devant de la scène, elle qui fut sa vie durant une fervente défenderesse de la justice, de la loyauté et de la dignité de l’homme.
Ce couronnement demeure sans doute modeste face à l’ampleur de l’engagement de la militante des droits humains. Si Assia Al Ouadie est aujourd’hui au cœur de l’action sociale, dans le cadre de structures organisées, elle a de tout temps apporté son soutien et son assistance à ceux qui en avaient besoin. Oeuvrer dans l’ombre ne l’a pas empêchée d’être reconnue comme une grande dame par tous ceux qui ont eu l’occasion de l’approcher un jour. Elle a cette magie de vous transmettre ses ondes positives dès que vous entrez en contact avec elle, telle une mère qui a de l’amour à revendre. La fibre sociale à fleur de peau, Assia, toujours compatissante n’a jamais hésité à aider son prochain. Son parcours honorable et son engagement sincère, lui ont valu cette reconnaissance par les plus hautes instances du pays. Aujourd’hui, Assia fait un travail extraordinaire auprès des détenus mineurs, un travail ô combien important pour le devenir de notre société. Au delà de sa mission au centre de réforme et de rééducation, elle représente, tant elle est généreuse, une mère pour cette population que de tristes circonstances ont conduite à ce monde pénitentiaire, comme elle tient souvent à le rappeler. «Ces jeunes ne sont pas nés délinquants, ils le sont devenus à cause d’un environnement complexe et de circonstances délicates.» s’est-elle exprimée lors de la réception de son prix Khmissa. «Les détenus ont besoin comme toute personne d’un minimum de droits, élémentaires à la vie de l’homme.» a-t-elle ajouté, avant de s’adresser avec une audace pertinente (profitant de la présence des médias et d’une assistance importante) au Ministre des Finances, l’interpellant à revoir la situation matérielle des fonctionnaires des centres pénitentiaires, sans quoi, on ne peut prétendre à l’amélioration de la situation de nos détenus car elle en dépend directement.
Mille saluts à toi, Assia.
Leila Ouazry