Le Qatar, un de ces Etats pleins aux as de la Péninsule arabique, entend devenir une nation de foot. Coûte que coûte ! Pour ce faire, il a été mis à la disposition de Phillipe Troussier, sélectionneur de l’équipe nationale de ce pays où tout le monde est trop riche pour pouvoir bien jouer (la crème du foot sort des favelas du Brésil, c’est bien connu !), une enveloppe bien grassouillette dans le dessein de débaucher des joueurs capables de porter vers le haut le niveau du foot dans cette contrée. «Khatar», Qatar ! Ils veulent, ils peuvent !
Depuis quelques mois, la FIFA permet aux footballeurs qui n’ont pas évolué en équipe nationale A d’endosser le maillot d’un autre pays. En mettant cette loi à profit, le Qatar ne fait qu’emboîter le pas à la Tunisie, qui a battu le Maroc en finale de la CAN, et empoché ce trophée pour la première fois de son histoire, grâce à un but de Santos, Brésilien naturalisé Tunisien un mois plus tôt, et un autre de Jaziri (Tunisien de souche, lui), après que Fouhami ait relâché le ballon dans ses foutus pieds, et, ainsi, commis la plus flagrante « arconadaise » de sa carrière, suite à un tir vicelard de Clayton (un autre Brésilien).
La Tunisie est enfin devenue un pays de «futbol» (prononcer « footchebowe »), et les Tunisiens ont dansé la samba sur du Bouchnak ou du « Al aaoud lbied ya baba » (on imagine sans peine les meufs se dandinant dans leurs strings tunisiens, nibards à l’air), pour fêter ce sacre comme il se devait.
« Melting foot »
Le Qatar est autrement plus riche que la Tunisie, et les émirs souhaitent vraisemblablement se la jouer Abramovitch ou Perez, respectivement présidents de Chelsea (Londres) et du Real Madrid, ces « dream teams ». Ce pays souhaite se doter d’une machine à gagner. Selon les médias français, Phillipe Troussier a déjà approché quelque 250 joueurs, dont beaucoup évoluant en Ligue I (1ère division française) : Darcheville, Lachuer, Ziani, Everson, Piquione, Ailton (l’actuel meilleur buteur de la Bundesliga, le championnat allemand ; un Brésilien qui aurait déjà accepté nationalité et pétrodollars). De très grands joueurs, qui n’ont aucune chance, toutefois, de participer, en 2006, à la coupe du monde en Allemagne avec leurs équipes nationales (actuelles) respectives. Outre l’aspect financier, Philippe Troussier leur fait également miroiter le défi sportif : c’est pour accéder aux phases finales du mondial teuton que le Qatar offre sa nationalité (et tout plein de pognon) à ces footballeurs émérites. Il s’agit là d’une « win-win » situation.
Selon un dirigeant d’un club de foot de Casablanca, quelques grands espoirs du foot national auraient également été approchés par Troussier. Cela n’a rien d’étonnant ! Avant de devenir sélectionneur de l’Afrique du Sud, puis du Japon, et de prendre en main, par la suite, la sélection du Qatar, Troussier avait passé quelques saisons à la tête de clubs locaux - le FUS notamment. Rien de plus normal, donc, qu’il lorgne également du côté du Maroc, cette terre de la « beida » (petit pont), à l’heure de faire son shopping !
A l’inverse de la Tunisie ou du Qatar, le Maroc n’a pas besoin d’appeler des joueurs étrangers à la rescousse pour faire bonne figure dans les messes du foot. C’est, au contraire, un pays d’émission du foot, un pays qui mérite d’organiser la coupe du monde. On sait, messieurs de la FIFA, qu’on n’a pas beaucoup de blé (ne remuez pas le couteau dans la plaie) ! Mais, vous voyez bien que l’argent peut dénaturer le foot ! Sans déconner, vous trouvez cela glorieux, pour l’image du foot, que le Qatar soit opposé au Sultanat de Brunei en finale d’une des prochaines coupes du monde ? Donnez l’organisation de ce trophée au Maroc, et le Maroc donnera une nouvelle âme au foot !
Entre nous, j’imagine d’ici Zemmama (RCA) et Aït El Arif (WAC) - certains des noms révélés, en off, par le dirigeant « bidaoui » ; je ne sais pas garder les secrets ! - se faire huer, conspuer, à l’image d’un Figo lors de ses premiers Barça-Real sous les couleurs merengue, mais en plus « trash », par les 90.000 spectateurs du stade flambant neuf de Bouskoura, lors de la finale de la coupe du monde 2010 opposant le Maroc au Qatar ! Eh ! J’espère que ces deux-là ne vont pas nous refaire le coup des Tunisiens ! Parce que ce ne serait pas «samba», mais, alors là, pas « samba » du tout !
M.L.