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Recherche touristes désespérément ! Quartier des Habous à Casablanca

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Habous. A lui seul le nom est évocateur. Cette appellation décrit la fameuse institution musulmane qui regroupe des biens, publics ou privés, concédés à des fondations religieuses. Aujourd’hui, les Habous ne sont plus en quête d’avoirs, ils demandent de l’être… humain, du touriste !
En ce lundi, la vie reprend son cours à Casablanca. Les klaxons retentissent, les embouteillages bloquent les boulevards de la capitale économique. Après un week-end de repos, prolongé pour certains en raison de l’Aïd Al Adha, les Casablancais reprennent le travail, un peu à contrecœur.  Mais il est un quartier de la ville blanche où les travailleurs sont enthousiastes et ne rechignent pas “ à aller au turbin ”. Ils ne demandent que cela, “ du boulot ”. Car depuis six mois la situation est inquiétante. “ Regardez, il est onze heures, j’ai ouvert depuis neuf heures et je n’ai pas eu un seul client. Je passe mon temps à changer la disposition des objets, je les nettoie, mais malheureusement je ne les vends pas. ” Raconte un tapissier à l’air désabusé. Un peu plus loin, un homme assis à même le sol astique théières et plats en argent, à la manière d’Aladin. Il n’espère pas voir surgir un génie, il ne demande “ qu’une seule chose, des clients ”. “ Tous les matins, je me lève en me disant que cette journée sera meilleure que la précédente mais je suis très vite replongé dans la réalité. ” Lorsque des acheteurs se manifestent, les recettes vont aux besoins de première nécessité, manger, boire, dormir et se vêtir. “  On ne gagne pas assez d’argent pour renouveler nos stocks, pour acheter de nouveaux produits. En ce moment, tout ce qu’on vend nous sert à nous nourrir ”. Tous, à leur façon, tentent d’expliquer ces inquiétantes circonstances.
Guides et conjoncture

 

Pour certains, la crise internationale, entre les États-Unis et l’Irak, est la raison principale. “ Le Maroc est un pays arabe, et les touristes font vite l’amalgame. Ils ont peur de venir ici. Le malaise est palpable. ” Pour d’autres, “ ce n’est pas à cause de “ cette guerre qui n’existe pas encore ” que le commerce ne va pas bien ”. C’est plutôt les conditions économiques à l’échelon national qui sont mauvaises. Troisième explication : les guides. “  Ces promeneurs de touristes sont souvent en accord avec certaines boutiques, qui leur versent une commission, alors bien évidemment ils choisissent les cavernes d’Ali Baba à explorer. Une fois, un touriste s’est écarté du groupe et le guide l’a rattrapé. Il lui a expliqué que, dans ce magasin, le mien en l’occurrence, les prix étaient trop élevés et les produits peu authentiques. Dans ces cas-là, on ne peut rien faire. ”
En ce premier jour de la semaine, pas un touriste n’erre dans le dédale des ruelles. Les formes architecturales et les motifs décoratifs propres à l’art andalou marocain ne sont pas admirés. Ce quartier, construit dans les années quarante dans le style chérifien avec de la pierre, du bois et du marbre, n’attire plus les regards. À midi pourtant, un car rempli de touristes français se gare près du Palais Royal. Nantis de leurs camescopes et appareils photos, ils se dirigent d’un pas discipliné vers les portes de la somptueuse demeure. Ils prennent quelques photos, souvenir de leur courte halte à Casablanca, et écoutent avec attention les explications du guide. Dans le calme, ils remontent ensuite dans le bus, sans avoir eu “ ce plaisir des yeux ”, sans avoir “ marchandé ”, sans avoir, tout simplement mis un pied dans ce si beau quartier.



 

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