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Les petits forçats du travail Journée d’études sur l’exploitation des enfants

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Pathétique et émouvant, tel a été le sentiment général des participants au séminaire organisé le mardi 27 janvier 2003 par le ministère de l’emploi, des affaires sociales et de la solidarité en partenariat avec l’Organisation internationale du travail, la Direction du travail, le Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC) et l’Ambassade des États Unis au Maroc. La raison de cet émoi était la présence de jeunes enfants, marqués à jamais, que l’action concertée de ces différentes institutions a pu tirer des griffes de l’exploitation. Et le thème du séminaire était révélateur : «Combattre le travail des enfants au Maroc par la création d’un environnement national favorable et par la réalisation d’actions directes en zone rurale. Des enfants qui étaient soumis chaque jour aux rudes épreuves de travaux de toute nature. Un fléau qui frappe aujourd’hui le monde entier. Et les chiffres des petits forçats du travail est éloquent à plus d’un titre. Ils sont près de 250 millions d’enfants exploités d’une manière éhontée dans des mines, des ateliers, dans les marchés ou tout simplement traitées comme des bonnes dans des familles. Ce phénomène ne pouvait laisser les autorités marocaines indifférentes. Les actions menées dans ce sens, pour combattre le travail des enfants, sont nombreuses et encourageantes à plus d’un titre. D’ailleurs, des projets ont été financés par ses partenaires dont les États Unis qui, pour l’occasion, ont déboursé près de 3 millions de dollars en vue de soutenir les programmes du Gouvernement marocain dans ses efforts d’éradication des petites mains du travail. Cette enveloppe va financer deux projets importants dans ce domaine. Cependant, si des progrès ont été faits, les participants à ce séminaire du mardi, ont reconnu que le travail des enfants en bas âge est un problème complexe. Car plusieurs facteurs interviennent dont la pauvreté, l’analphabétisme, le divorce ou encore le manque de confiance de ces adolescents en eux-mêmes. Du côté de l’OIT, deux conventions (la 126 et la 182), ont été signées par plus de 86 États et dont l’objectif est l’abolition définitive du travail des enfants travers le monde. D’ailleurs, le Maroc a accueilli, en 2002, une réunion régionale qui avait pour but non seulement la prévention mais aussi la lutte contre les pires formes du travail dans la région MENA.

Sensibiliser la population

Il n’est donc pas étonnant que les participants de la rencontre du mardi aient émis le souhait de tout faire pour gagner le pari de maîtriser cette problématique à terme et ce par la mise en place de mesures d’amorces durables. À ce sujet, parmi les actions prévues, dans les différents projets en phase d’exécution, figure en bonne place la mobilisation de l’opinion publique par une campagne de sensibilisation. D’ailleurs, une stratégie de communication sera mise au point. Il s’agira pour les organisateurs d’attirer l’attention du public sur les dangers que constitue le travail des enfants et aussi de mobiliser les ressources nécessaires à son élimination. Il y a également, les programmes d’action directe qui devront, au départ, concerner quelque 5 000 enfants qui seront retirés des mains des exploitants, ou empêchés d’être assujettis. Ces programmes visent 40 villages des régions du Gharb et de Taroudant. Par ce biais, l’éducation préscolaire et les campagnes d’insertion scolaire amèneront les enfants à l’école à un âge précoce avant même qu’ils n’intègrent le système de soutien économique de la famille. Également, les programmes d’éducation non formelle contribueront à réintégrer les enfants de 9 à 12 ans dans le système d’éducation formelle ou offriront aux enfants plus âgés un enseignement de base tout en améliorant les conditions dans lesquelles ils travaillent. À ce sujet, le code du travail, récemment adopté par le Parlement, a introduit des mesures importantes en matière de travail des enfants, telle que l’interdiction de leur emploi avant l’âge de 15 ans. Selon le ministère de l’Emploi, près de 600 000 enfants de 7 à 14 ans travaillent au Maroc, et la majorité se trouve dans les secteurs agricole et artisanal. Ils sont ainsi 84 % de petits forçats employés dans l’agriculture. Une réalité face à laquelle, on ne peut se cacher la face. Pour M. Mohamed Tadili, Directeur du travail et Président du Comité national de lutte contre le travail des enfants, il s’agit d’un phénomène qu’on ne peut plus occulter. «Le travail des enfants est essentiellement répandu dans les milieux pauvres, dans les zones rurales et dans les grandes agglomérations urbaines», fait-il remarquer. Dans ses explications, M. Tadili attribue ce mal à plusieurs éléments. «En dépit de la pluralité des facteurs générant le travail des enfants, les trois causes principales sont la pauvreté, l’échec et les déperditions scolaires en plus de la dislocation familiale.» L’analyse du Directeur de l’Emploi confirme cette pratique dans les quartiers populaires. C’est dire que le travail des enfants prend de plus en plus une importance au Maroc et que désormais pouvoirs publics, institutions internationales ainsi que ONG  entendent prendre ce fléau à bras le corps.

M.S.



 

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