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Les boulangers ont observé un arrêt de travail pendant les journées des 14 et 15 Janvier 2004 , pour manifester leur mécontentement vis-à-vis du gel des prix du pain depuis plus de 16 ans, alors que le coût des intrants du prix de revient du façonnage du pain a connu entre temps des augmentations significatives. Cependant, cette manifestation, qui a été largement médiatisée dans la presse écrite et audiovisuelle, a fait l’objet de plusieurs déclarations, de la part aussi bien de professionnels de la boulangerie que de journalistes, dont certaines ont avancé des contre vérités sur l’activité des moulins industriels. En effet, certaines déclarations, faites apparemment par des personnes non au courant du dossier de la profession meunière, imputent à tort la grogne des boulangers à l’augmentation du prix des farines. A cet égard et afin d’éclairer l’opinion publique sur les véritables enjeux du secteur de la minoterie industrielle, une mise au point s’impose. Tout d’abord, en dehors de la farine subventionnée, dont les prix sont réglementés, il y a la farine de luxe dont les prix sont encadrés par un accord de modération signé avec l’Administration depuis 1989. La fixation de ces prix a été établie par l’administration sur la base d’une marge de mouture de 16,50 dh/Q et des frais d’approche de 2.00dh/Q, grandeurs qui n’ont connu aucune augmentation depuis 1989, alors que des études récentes de 2001, ont établi respectivement la marge à 35,20 dh et les frais d’approche à une moyenne nationale de 10,24 dh. Cette révision de la marge de mouture et des frais d’approche, dont la légitimité a été reconnue par l’Administration à plusieurs occasions, est rendue caduque depuis l’engagement des Pouvoirs Publics à parachever la libéralisation du secteur, et ce par le redéploiement de la compensation du circuit de la consommation au circuit de la production. Cependant, le retard enregistré pour réaliser cet engagement est aujourd’hui très chèrement payé par la profession meunière en terme de fermetures et de défaillances ; soit plus de 40 moulins en arrêt ou en redressement judiciaire. La persistance d’une telle situation menace l’ensemble du secteur meunier avec ses répercussions sur l’approvisionnement régulier du pays en farines. Ceci étant précisé, il y a lieu de rappeler que bien que le prix de la farine de luxe, base essentielle du pain de boulangerie, soit fixé par l’accord de modération à 363 dh/Q, souvent le commerçant grossiste, par un jeu de péréquation établi avec la farine subventionnée, finit par vendre la farine de luxe à un prix inférieur au prix encadré par l’accord de modération. De surcroît, les moulins industriels, de l’aveu même des autorités de tutelle, consentent des sacrifices pour maintenir le prix de la farine de luxe au même niveau que celui déterminé par l’accord de modération en dépit des augmentations subies par certains intrants constitutifs du prix de revient et surtout les augmentations du prix du blé tendre depuis Juin 2003. Eu égard aux données citées ci-dessus, on peut facilement en déduire que le rôle du moulin industriel a été plutôt modérateur et stabilisateur, qu’incitateur à la flambée des prix.
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