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Le nouvel an de la Terreur

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16 mai 2003 – 31 décembre 2003 : sept mois quasiment, déjà, et les plaies occasionnées par les bombes assassines sont loin, bien loin d’être résorbées. Parce que des rumeurs persistantes véhiculées un peu partout prophétisaient un attentat terroriste à Casablanca pour le 31 (et que l’important dispositif sécuritaire, les « hélico », et tout, et tout, déployés les jours précédant les fêtes de fin d’année tendait, en quelque sorte, à confirmer ces rumeurs), les « Casaouis » se sont donc terrés chez eux, entre quatre murs, là où ils ont le moins de chance de tomber nez à nez avec des kamikazes. Par conséquent, les barmen, DJ, serveurs, groupes de musique, gérants, « gogo-dancers » à la plastique « Elite Models » ou « danseuses de la bedaine cellulitique », humoristes…, ont réveillonné à « huis clos », et ont dû sabler le champagne entre collègues, les larmes aux yeux. Mercredi dernier à minuit, dans les temples « tendance », d’habitude noirs de monde, ça rigolait pas des masses, hélas ! Bordel, à titre d’exemple, la soirée du réveillon de la Villa Fandango, ce pub mythique, aura été marquée, gâchée, par un taux d’affluence ridiculement bas : 15 clients à peine, alors que les tenanciers avaient concocté un programme de choix (comprenant notamment un « band » de chez nous particulièrement doué, au registre blues et jazz-rock, et une chanteuse canadienne au ramage aussi beau que le plumage).
Pis encore, il est des établissements qui ont carrément fermé leurs portes à partir d’une heure du matin, le 1er janvier ! Ces faiseurs de fêtes ne se font pas pantouflards, évidemment ! C’est la mort dans l’âme qu’ils ont baissé les rideaux aussi prématurément ce jour-là, qu’ils ont, par là même, constaté à quel point les extrémistes haineux sont en passe d’atteindre leurs objectifs premiers : terroriser la population, l’empêcher de vivre, d’agir comme elle l’entend.
N’est-il pas préférable de courir le risque de se faire désintégrer, de faire ainsi la nique aux terroristes, plutôt que de courber l’échine devant eux ? Casablancais : sortez ! C’est la plus belle des résolutions que vous pouvez prendre pour 2004 ! Faites que chacune des nuits de 2004 soit aussi festive que l’étaient les réveillons pré-16 mai ! Car si les nuits de l’année qui grandit ressemblent toutes à la « nuit-épilogue » de 2003, c’en est fini du Casa que l’on connaît !

M.L.



 

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