Les autorités compétentes sont décidées plus que jamais à rayer le Maroc de la liste des pays considérés comme de mauvais acteurs de la conduite routière. Elles viennent d’élaborer un plan stratégique intégré d’urgence de sécurité routière qui entrera en vigueur dès 2004. Une approche selon laquelle les mauvais conducteurs doivent renoncer à leurs folies du volant. Le plan a été présenté, lors d’une conférence de presse, par les cadres du ministère de l’Équipement et des Transports en présence tout naturellement de M.Karim Ghallab. De par sa conception et les différents éléments, qui le composent, ce nouveau plan est appelé, dans les semaines ou les mois à venir, à assainir la conduite au Maroc et par la même occasion inculquer une nouvelle culture en matière de prévention et de circulation routières. Du code de la route aux autos- écoles en passant par l’obtention du permis de conduire sans oublier les fameuses contraventions ainsi que la réglementation, rien n’a été oublié dans la nouvelle stratégie. Et l’urgence de la question était patente puisque les pertes économiques causées par les accidents de la circulation sont énormes avec près de 2,5 % du PIB. Quant au nombre de victimes, il donne la chair de poule! Rien qu’en l’an 2002, les accidents de la circulation ont fait 3.761 morts et 14 922 blessés dont certains seront handicapés pour le reste de leur vie. L’analyse a donc montré que la défectuosité des véhicules et le déficit en équipements et signalisation sont en grande partie responsables de ce fléau. En effet, selon le rapport du ministère, 76% des véhicules impliqués dans les accidents ont plus de 5 ans d’âge alors que 62 % des accidents en intersection dans les agglomérations se produisent dans des carrefours sans feux ou stop.
Responsabilité et sensibilisation
Le plan considère que les actions qui seront adoptées doivent être pérennes et l’homme doit être au centre de tout effort d’amélioration sans oublier qu’il s’agit aussi d’un travail d’équipe de l’ensemble des intervenants à savoir l’administration, le secteur privé, les professionnels et la société civile. Pour donner plus d’efficacité aux mesures arrêtées, un Comité ministériel de la sécurité routière (CISR), présidé par le Premier ministre, a été créé. Le rôle de ce Département sera d’élaborer la politique du Gouvernement en matière de sécurité routière, de coordination de la mise en œuvre de la politique et d’évaluation de l’action gouvernementale relative à la sécurité routière. Une autre institution, dénommée Comité permanent de Sécurité routière est crée pour faire des propositions et travailler de façon sectorielle en vue d’appliquer sur le terrain les différentes recommandations du CISR. Puis, il y a le Comité régional de la Sécurité routière présidé par le Wali de la région. Mieux, un nouveau code de la route verra le jour en 2004. Le ministère n’entend pas s’arrêter là car il s’agit d’une refonte totale. Cela commence d’abord par une harmonisation juridique des dispositions du projet en fonction des conventions internationales, l’instauration du système de permis à points, à titre de sanction et de prévention, hiérarchisation du droit d’obtention des différentes catégories du permis de conduire etc. En terme de répression, une nouveauté apparaît puisqu’il y aura l’instauration juridique de la base du traitement automatisé des enregistrements et données concernant le conducteur en prélude à la gestion des données. En outre, il y aura enquête en cas d’accident grave. Pour ce qui est du contrôle routier, il sera marqué par la mise à niveau des agents par des actions de recyclage et de formation, la modernisation des équipements du contrôle et l’acquisition de radars modernes, bascules et véhicules de contrôle. Une sanction est également prévue pour lutter contre l’impunité et la récidive. Enfin, concernant les examens pour les permis de conduire, ils se dérouleront en deux phases. La première, théorique, sera automatisée avec une mise à niveau du système d’examen. Il s’agira d’un déroulement automatisé de l’examen théorique depuis l’affichage et la lecture des questions jusqu’à la correction des réponses et l’annonce des résultats. Quant à l’examen pratique, il connaîtra l’introduction de mesures tendant à son amélioration et à sa crédibilisation. Enfin, à l’examen de ces différentes mesures, on peut affirmer sans risque de se tromper, que M. Karim Ghallab prend à bras le corps le problème de la sécurité routière. Les moniteurs n’ont donc qu’à bien se tenir !
M.S.