On a mis du temps pour y arriver, mais mieux vaut tard que jamais! Désormais, promouvoir le tourisme de campagne ou de niche figure à l’ordre du jour de la stratégie de développement du secteur dans le cadre de la vision 2010.
Partant, parallèlement à la stratégie de développement des destinations balnéaires et culturelles, le ministère du tourisme a mis en place une stratégie visant l’exploitation des régions et des niches touristiques. L’objectif étant de favoriser le développement de produits à caractère régional et d’améliorer ainsi les revenus des populations locales. Dans cette optique, les produits les plus compétitifs et les plus distinctifs, ont été identifiés dans un premier temps pour les promouvoir auprès des agences de voyages spécialisées internationales et locales, à même de les vendre.
Dans ce sens, quelque 93 produits de niches et 28 zones touristiques rurales ont été identifiés, sur lesquels seuls 4 produits niches et 6 «Pays d’Accueil touristique ruraux» ont été retenus pour l’année 2004. Il s’agit pour la première catégorie du tourisme de croisière à Tanger, Casablanca, Safi et Agadir, des sports de glisse (Windsurf et kitesurf) à Dakhla, du parachutisme sportif à Béni Mellal et du surf à Safi. Pour la deuxième catégorie, il est question de créer 3 nouveaux sites à Chefchaouen, Ifrane et Immouzer- Ida Outanan (arrière pays d’Agadir) et 3 sites existants dans les régions du Haouz, d’Azilal et de Ouarzazat qu’il faudra développer.
Ceci est fort intéressant, mais il faudra incontestablement mettre les bouchées doubles pour traduire sur le terrain ces projets et parvenir à développer ce type de tourisme. Certes M. Adil Douiri, a déclaré que cela nécessite peu de ressources, mais outre les investissements directs concernant les structures d’accueil, il ne faut pas omettre le problème d’infrastructures. Certaines régions sont pratiquement inaccessibles. Par ailleurs, quand les routes sont disponibles, les moyens de transport (routier ou aérien) adéquats ne le sont pas. A cet égard, la station de Ski de l’Oukaimeden est très sollicitée en cette période de l’année, cependant les structures d’accueil sont très modestes par rapport à la demande. Idem pour Michelifen, qui représente, ainsi que toute la région, une richesse extraordinaire en terme de climat et de payage.
Partant, c’est tout un ensemble de choses qu’il faudra développer pour arriver à promouvoir ces produits. Il faudra, en parallèle, envisager des mesures visant la sauvegarde des sites en question dans le dessein de préserver leur nature. Les responsables du ministère de tutelle semblent prêts à relever le défi.
Dans cette optique, ce département a élaboré un plan d’action qui prévoit d’»améliorer la qualité du produit, structurer sa commercialisation et augmenter les flux de visiteurs de manière durable». Ce plan d’action comprend la «conception et/ou l’amélioration du produit en question, en partenariat avec les acteurs publics, associatifs et privés, l’élaboration de campagnes de communication visant la promotion des nouveaux produits et enfin le démarchage des TO et des prescripteurs pour la commercialisation des nouvelles destinations touristiques.»
En somme, il s’agit d’un véritable pôle de croissance pour le tourisme national. Loin d’être un tourisme de masse, le tourisme vert a pour autant de belles perspectives d’avenir. Alors, mettons en place des produits de qualité (offre globale: accueil, hébergement, transport, infrastructures...), à même de drainer un flux important de visiteurs qui optent de plus en plus pour ce genre de tourisme très en vogue en ce moment. Ce qui a aura, c’est certain, des retombées bénéfiques dans les domaines de l’emploi et de l’investissement.
Leïla Ouazry