Les lecteurs apprécieront ci-après les termes de ce communiqué et se feront leur propre conviction. Pour La Nouvelle Tribune, en tout cas, l’affaire est entendue. C’est une nouvelle campagne de dénigrement et de diffamation qui vient d’être déclenchée.
Certains milieux cherchent ainsi à ternir l’image du pays et, surtout, à instiller le doute et la suspicion à l’endroit du gouvernement, de la classe politique, mais aussi des plus hautes autorités qui ont garanti solennellement la salubrité du précédent scrutin.
L’enquête, aussi faiblarde que peu convaincante, a été menée plus de sept mois après les élections législatives. Pourquoi un tel retard ? Les arguments présentés pour étayer la thèse de la manipulation ne résistent pas aux contre arguments de la Primature, mais prouvent seulement qu’il y a une volonté, coordonnée, de nuire en une démarche sensationnaliste, largement puérile et irresponsable.
Cette nouvelle campagne exhale des relents de manipulation à quelques semaines d’un nouveau scrutin (communal celui-là). On s’interrogera donc ceux qui sont à l’origine de cette nouvelle affaire en émettant trois hypothèses sous-tendues par l’interrogation "à qui profite le crime ?".
En effet, des garanties de transparence et de non-intervention extrêmement fortes ont été fournies avant, pendant et après le scrutin, à la fois par l’appareil de l’Intérieur, mais aussi par la Justice. Les différentes formations partisanes ont été en mesure d’en contrôler toutes les étapes, aux niveaux local, régional et national. On s’étonnera fortement des accusations ainsi portées contre un processus électoral et des résultats qui ont été positivement appréciés par l’écrasante majorité de la classe politique, les observateurs étrangers et la presse internationale.
On rappellera que les seules critiques, très postérieures aux opérations de votes elles-mêmes, furent celles de dirigeants de "hizbicules" laminés par un scrutin qui n’avait pas reconnu l’influence de formations à peine nées quelques mois avant le 27 septembre.
Le FFD de Thami El Khiari, également, qui ne fut pas réadmis dans la majorité gouvernementale et qui enregistra par la suite d’importantes défections de ses cadres et militants, critiqua ce scrutin, oubliant au passage que les "pêchés originels" finissent toujours par vous rattraper…
L’entreprise de dénigrement pourrait donc être initiée par des forces plus ou moins occultes qui, dans un passé récent, eurent à assumer d’importantes fonctions sécuritaires et qui n’acceptent pas d’avoir été éloignées des centres décisionnels et du pouvoir. Mais aujourd’hui, parce que l’occasion fait le larron, les intérêts des uns rejoignent ceux des autres et des alliances conjoncturelles et "contre-nature" peuvent se nouer afin d’affaiblir et de discréditer ceux qui ont éloigné les premiers et marginalisé les seconds, lesquels crient misère et se plaignent d’être victimes d’ostracisme.
Il se pourrait également que des secteurs, représentés aujourd’hui au Parlement, mais qui savent que leur position est fragile, cherchent à déstabiliser l’appareil de l’État, afin d’obtenir des garanties préventives et anticipatives à l’orée du prochain scrutin communal. Ces forces, qui bénéficient d’ailleurs de la "sympathie" et de la compréhension agissante de certains journaleux (selon le principe "les ennemis de mes ennemis sont mes amis"), auraient très mal accepté certaines nominations récentes qui tendraient à montrer que le raz de marée annoncé pour juin prochain n’aura pas lieu dans les grandes villes du pays.
Alors qu’un de leurs dirigeants n’avait pas craint d’agiter récemment la menace d’un coup d’État militaire, elles veulent accréditer l’idée d’une spoliation frauduleuse de leur représentativité à l’issue du scrutin du 27 septembre et mettre le gouvernement en situation inconfortable afin de le "neutraliser" avant les communales.
Enfin, dernière hypothèse, celle d’une démarche autonome de "gugusses" en mal de copie à sensation et qui chercheraient, pour faire remonter les ventes, "des poux dans la tête" des honnêtes gens. Connaissant la prédilection certaine de ces titres pour les scoops fumeux, cela ne serait pas pour étonner, sachant qu’à l’ère de l’ouverture démocratique, il existe une réelle prime à l’outrance…
Mais, fait nouveau et extrêmement positif, la Primature a décidé de réagir, de façon claire, officielle et convaincante. Il semble donc que les pouvoirs publics, plutôt que de laisser la diffamation perdurer, ont choisi la meilleure option, celle de la contre-offensive sur le seul terrain qui mérite d’être occupé, celui de l’information et de l’analyse. Il était temps !
Fahd YATA
Communiqué du Premier Ministre

Les hebdomadaires “ Le Journal Hebdomadaire ” et “ Tel Quel ” ont publié des articles et des commentaires dans leurs numéros respectifs de la semaine du 5 au 11 avril 2003, semant la confusion sur la transparence et la sincérité des opérations électorales qui se sont déroulées le 27 septembre 2002.
Selon ces deux publications, les dernières législatives auraient été entachées d’irrégularités et manqueraient de transparence. Arguant de la déconnexion du site Internet mis en place à cette occasion par le ministère de l’intérieur et du “ retard pris dans la proclamation des résultats ”, elles concluent à la diffusion de “ résultats sur mesure ”.
Le Premier ministre rejette totalement ces allégations qui visent à occulter les efforts considérables entrepris par le gouvernement et les partis politiques en vue d’assainir la pratique politique dans notre pays et de consacrer la démocratie et l’État de droit.
Elles tendent de surcroît à discréditer les institutions constitutionnelles, à installer le doute sur la transparence et la régularité du scrutin du 27 septembre et à jeter le discrédit sur les prochaines échéances électorales.
Le Premier ministre saisit cette occasion pour rappeler que le processus préparatoire des législatives de 2002 a été le résultat d’un large consensus au sein du champ politique national autour notamment du dispositif juridique et administratif adopté pour garantir des élections libres et régulières. Tel est le cas en particulier du scrutin de liste à la proportionnelle adopté à l’unanimité des membres du parlement, dont l’application, pour la première fois, a eu pour conséquence naturelle l’allongement des délais de proclamation des résultats.
Le Ministère de l’Intérieur avait, en son temps, fourni toutes les explications tant en ce qui concerne les conditions de proclamation des résultats, que des questionnements relatifs au site internet.
Il y a lieu de rappeler, à ce propos, que le déroulement du processus électoral et la proclamation des résultats ont lieu dans les circonscriptions électorales, sous la responsabilité directe des magistrats de l’ordre judiciaire et sous le contrôle des délégués des mandataires des listes ou des candidats; le tout sanctionné par des procès verbaux, dont des copies sont obligatoirement remises à ces délégués pour les fins utiles.
quant à la déconnexion du site Internet, qui n’est qu’un support de communication parmi d’autres, elle est due à des motifs techniques ; en l’occurrence des discordances relevées lors des tests techniques qui n’ont pu être dépassés dans les délais impartis, malgré les efforts déployés par les services techniques de l’administration centrale et les opérateurs privés sollicités à cet effet.
C’est dans un esprit de rigueur et de responsabilité et en toute connaissance de cause que le Ministre de l’Intérieur a décidé de suspendre cette application Internet. Il est évident que cette suspension est sans effet sur le processus électoral proprement dit.
Les conditions du déroulement de l’intégralité du processus électoral avaient emporté l’adhésion de l’ensemble de la classe politique ainsi que celle des observateurs nationaux et étrangers. Ces derniers ont ainsi considéré que les élections du 27 septembre 2002 ont constitué une avancée réelle dans le processus de démocratisation et ont été caractérisées par la transparence, la crédibilité et la sincérité.
Le gouvernement saisit cette occasion pour réaffirmer sa détermination à poursuivre les objectifs d’enracinement de l’État de droit et d’élargissement des acquis démocratiques.
Il entend, dans ce sens, veiller scrupuleusement à la régularité des prochaines élections.