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On veut, on peut Billet

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Publier le : November 13, 2003

La signature de la campagne marocaine pour l’organisation de la coupe du monde en 2010, qui sert de titre au présent billet, sied superbement à la récente affaire de dopage qui a entaché l’itinéraire, jusque-là irréprochable, de Saadi Kadhafi, le footeux des rejetons du guide suprême de la Libye. Il se trouve, d’ailleurs, que le dopé en question, contrôlé positif à la « nandrolone » à l’issue d’un entraînement avec son club Pérouse (1ère division italienne), est président du comité de candidature libyen à l’organisation du Mondial 2010. L’argument principal de ce rival du Maroc est, évidemment, d’ordre financier. La Libye se dit prête à débourser 9 milliards de dollars pour la tenue de l’événement.
Également vice-président de la fédération libyenne de football, Saadi Kadhafi a, en outre, été membre du conseil d’administration de la Juventus de Turin (à hauteur de 7,5 %, en tant que représentant de la société d’investissement libyenne Lafico). Il n’a abandonné les salons feutrés du club le plus titré du Calcio que pour mettre des crampons et fouler les pelouses d’Italie avec Pérouse, le règlement de la Fédération italienne interdisant d’être à la fois membre du conseil d’administration d’un club et joueur pour une autre équipe.
Le troisième fils de Mouammar Kadhafi – qui est à remercier pour sa médiation avec le front polisario, qui a permis la libération de 300 prisonniers marocains - rêvait d’évoluer au plus haut niveau. Il y est arrivé à force d’arguments sonnants et trébuchants. Avant son transfert ridicule en Italie (l’homme ne pourrait même pas prétendre au banc des remplaçants au Raja ou au Wydad), en compagnie de son équipe d’Al Ittihad, il s’était offert, moyennant 300.000 euros, un petit match amical de rien du tout contre un grand d’Europe, le FC Barcelone. Devenu footballeur en couvrant de pétrodollars tous ceux qui étaient en mesure de lui permettre de réaliser son rêve de gosse - il s’est notamment attaché les services de Ben Johnson et de Maradona, les deux plus grands dopés de l’histoire du sport contemporain, pour parfaire sa condition physique et sa technique balle au pied -, Saadi Kadhafi, 30 ans tout de même, raquerait certainement un peu plus de pognon pour qu’on n’en parle plus, de cette regrettable affaire de dopage. Mais, l’argent n’achète pas tout.
Si les résultats des tests l’incriminant étaient confirmés, Saadi Kadhafi devrait vraisemblablement retirer la candidature de son pays à l’organisation de la coupe du monde. Cela ferait l’affaire de notre pays. Le malheur des uns fait le bonheur des autres.

M.L.



 

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