Une démarche novatrice, une nouvelle culture du partenariat. Les qualificatifs ne manquent pour décrire les ateliers Consultations de ville qui se sont déroulés dernièrement à Marrakech dans le cadre de l’Agenda 21 local. Un programme destiné à instaurer une nouvelle approche dans la gestion d’une ville à travers une collaboration étroite entre les acteurs. En effet, lors de cette rencontre, la plupart des acteurs de la ville ont débattu, à travers la problématique de l’Agenda 21 local, des questions prioritaires auxquelles est confrontée la ville. L’objectif d’une telle démarche est de convenir de la validation et l’adoption d’un Pacte Urbain. Et tous les acteurs s’étaient donnés rendez-vous à savoir les collectivités locales, les services extérieurs de l’État, la société civile, le secteur privé, l’université et les médias locaux. Pour les observateurs, ce programme vient à point nommé pour donner une nouvelle image à la capitale touristique du Maroc dans sa gestion quotidienne. Selon les participants, le constat est édifiant. En effet, force est de constater que la ville rouge est confrontée aujourd’hui à un certain nombre de problèmes et de dysfonctionnements liés à sont développement économique ainsi qu’à son environnement.
Promouvoir le développement durable
Il s’agit entre autres de la gestion durable des ressources en eau, de la sauvegarde du patrimoine et de la promotion du tourisme, d’accès aux services urbains et d’intégration sociale. Pourtant, assure un participant : “les structures institutionnelles peuvent opérer avec plus d’efficience en fondant leur démarche d’intervention sur l’association et l’implication des groupes particulièrement exposés à ces problèmes, et de ceux à même de contribuer à leurs solutions, et ce, afin de créer les conditions d’une meilleure coordination au niveau de la prise de décision et de la mise en oeuvre des actions.” D’ailleurs, faut-il rappeler à ce sujet, que l’Agenda 21 local constitue un instrument novateur de développement local basé sur la concertation et le partenariat, destiné à favoriser l’émergence d’espaces économiques et sociaux intégrés et à promouvoir la démocratie locale. À ce titre, l’engagement de l’ensemble des acteurs locaux à la promotion de l’Agenda 21 local à l’échelle de Marrakech, animé par les forces vives de la communauté, notamment les collectivités locales, les services de l’État, la société civile, le secteur privé, l’université et les médias locaux pourront favoriser cet échange indispensable à l’épanouissement des populations concernées. Dans cette démarche collective, comme l’ont fait remarquer les participants, les élus, la collectivité locale ont un rôle clef à jouer dans la gestion urbaine et la problématique de l’Agenda 21 local. Dans ce contexte, “il est important de reconnaître l’importance que revêt l’adoption d’un Pacte Urbain entre l’ensemble des acteurs locaux, comme instrument de mise en oeuvre de ce programme destiné à renforcer, sur la base de la participation et du partenariat, les instruments de prise de décision en vue de résoudre, collectivement, les problèmes prioritaires qui se posent à la ville.”
L’Agenda 21 local paraît donc comme un levier à même d’accélérer le développement socio-économique de la ville. Une démarche qui passe, sans nul doute, par l’instauration d’une nouvelle culture de partenariat et de la participation locale dont l’objectif est de responsabiliser les acteurs du développement local et de promouvoir, à la base, une implication volontaire et citoyenne.
Gestion collective de la ville
Pour les participants à ces ateliers, tenus du 16 au 18 janvier 2002, l’adoption d’un Pacte Urbain dans le cadre de l’Agenda 21 local n’est pas impossible. Puisque la ville de Marrakech présente des potentialités indéniables qu’il faut exploiter. À cet égard, comme le note le document final des ateliers, des actions sont en cours alors que d’autres programmées pour conférer à la ville de Marrakech toute sa grandeur. On peut citer, à titre d’illustration, la rénovation et l’extension du réseau d’eau potable, le plan de sensibilisation contre le gaspillage de cette ressource, l’aménagement des zones touristiques. À cette liste, s’ajoutent les actions d’embellissement portant sur la voirie, les jardins et les espaces publics, le plan de gestion de la médina, la restauration des principaux monuments historiques ou encore la mise en oeuvre d’opérations de résorption et des restructuration dans les quartiers défavorisés. Concernant les contraintes, il faut souligner, qu’il y a lieu de relever tout ce qui peut constituer un frein à la bonne marche de la mise en application de l’Agenda 21 local. Il n’est donc pas étonnant que les participants aux ateliers de Consultations de la ville aient insisté sur le fait qu’il faut un suivi des actions projetées en vue de conférer à ce programme tout son caractère collectif mais aussi d’implication de tous les acteurs socio-économiques de la ville de Marrakech. C’est sur une note d’optimisme que les travaux ont pris fin. “Pour réussir dans ce pari, il est convenu de la nécessité de mobiliser les ressources humaines, techniques, financières et matérielle appropriées au sein des différentes institutions et organisation out toute autre instance susceptible de contribuer activement à la résolution des problèmes de la ville.” In fine, le Pacte Urbain de Marrakech pour constituer un exemple pour les autres villes du Royaume en quête d’une meilleure gestion collective pour l’amélioration de la qualité de la vie car le développement durable passe par cette approche en vue de résoudre les problèmes qui se posent à nos villes d’aujourd’hui.
M.S.