Le baromètre des relations internationales n’est pas au beau fixe. Dans un tel contexte, il est bien légitime de se demander comment un pays arabe, en l’occurrence le Maroc, et un pays nord-américain, le Canada, restent soudés. En fait, la recette est simple. Tout passe par le dialogue.
Conduits par Bernard Patry, président de la Commission des Affaires étrangères et du Commerce à la Chambre des communes, président de l’Association de l’Amitié parlementaire maroco-canadienne et président de l’Assemblée parlementaire francophone, les membres de la délégation ont sillonné le Maroc. “Ils ont voulu voir le plus de choses” affirme avec enthousiasme le président de l’association, Monsieur Abderrahman Mekkaoui. Composé de représentants de quatre partis de la majorité et de l’opposition dans sept états canadiens, le groupe a débuté son périple par une étape dans la capitale. À Rabat, les nord-américains se sont entretenus avec le premier Ministre et les présidents des deux Chambres. Ces entrevues, jugées “fructueuses” par Bernard Patry ont principalement porté sur l’examen des relations entre les deux pays et sur les moyens de les renforcer. Dans le courant de la semaine passée, la délégation s’est ensuite rendue à Laayoune. Sur place, en présence de l’ambassadeur du Maroc au Canada, Abdelkader Lecheheb et de plusieurs membres de l’association “Amitié Maroc Québec” (AMQ), le wali de la région et gouverneur de la province de Laayoune, Mohammed Rherrabi, a retracé l’histoire de l’intégrité territoriale du Royaume. De retour à Agadir, la délégation parlementaire a été reçue par S.M le Roi Mohamed VI au Palais Royal. Le monarque a salué les efforts sans cesse déployés par le groupe d’amitié maroco-canadien “pour le renforcement des relations distinguées entre les deux nations”
Dernière étape, Casablanca
Pour clore leur périple, Messieurs Bernard Patry, Abderrahman Mekkaoui et Ivan Charbonneau ont donné une conférence de presse dans la métropole. Les trois hommes ont tout d’abord rappelé les fondements de l’AMQ. Créée en juin 2000, par des personnes appartenant à toutes les couches socioprofessionnelles, cette structure a plusieurs objectifs au niveau culturel et économique. Le Cercle d’Affaires Maroco-Canadien (CAMC), une autre initiative des deux pays, a lui aussi des buts bien précis : Être une plate-forme d’échanges entre les hommes d’affaires canadiens et marocains, intégrer les cadres et entrepreneurs des deux nationalités dans les milieux professionnels, stimuler le transfert des compétences entre les deux pays et permettre aux membres de tirer avantage des rencontres engendrées par le biais du CAMC. Messieurs Patry, Mekkaoui et Charbonneau ont ensuite répondu aux questions des journalistes de la presse nationale. Plusieurs thèmes ont été abordés. Notamment un accord de libre-échange entre les deux pays. “Une façon pour le Canada d’atteindre le vieux continent par l’intermédiaire du Maroc.” Les deux parlementaires ont aussi insisté sur leur position concernant les prisonniers de Tindouf. “Ils doivent êtres libérés sans condition” ont-ils précisé. À ce sujet, le Ministre des Affaires Etrangères du Canada devrait venir aux Maroc dans les prochaines semaines. La question des Marocains résidant Outre-Atlantique a aussi été soulevée. Messieurs Patry, Mekkaoui et Charbonneau ont été très clairs : “il faut aider les étudiants marocains, les encourager à venir chez nous. Ils doivent obtenir des bourses et des visas avec plus de facilité.” Les propos sont encourageants, l’initiative est louable, tous attendent maintenant les résultats avec impatience.
Ingrid Ober