Cela fait plus de huit années que de jeunes citoyens, diplômés dans différentes spécialités, «dégustent» avec beaucoup d’amertume le goût du chômage, se retournant les pouces en attendant que le gouvernement tienne parole et leur octroie des postes où il pourraient préserver leur dignité et leur honneur. Pour que leurs voix se fassent entendre, ils ont connu l’oppression, l’humiliation, le dénigrement. Plusieurs ONG, groupant des diplômés chômeurs se sont constituées au cours de ces dix dernières années, entre autres le groupe El Amal qui comprend 122 docteurs (72 hommes et 50 femmes), 85 docteurs scientifiques, toutes branches inclues et 37 docteurs en littérature. Leur âge varie entre 30 et 35 ans. Un âge alarmant pour des jeunes qui ont passé les trois quart de leur existence à faire des études dans l’espoir d’être un jour intégrés dignement, contribuant ainsi à la marche du développement économique, social et culturel, entreprise du temps de feu Sa Majesté Hassan II et accentuée par Sa Majesté Mohammed VI que Dieu l’assiste.
Un périple dont la souffrance quotidienne, due à la dure réalité du chômage, au regard de l’autre, est pareille aux sept travaux d’Hercule. Qui dit chômage, dit marginalisation et discrimination.
Pour sortir de l’impasse, convaincus de leur droit au travail dans la dignité, les diplômés chômeurs composant le groupe El Amal ont donc choisi de communiquer leur détresse et leur désarroi dans la légalité et la légitimité, en adressant des lettres aux responsables, en effectuant des sit in et en organisant des marches pacifiques...Un pacifisme qui n’a nullement influencé les responsables...
«On ne demande pas l’aumône. Nous sommes des diplômés chômeurs, en tant que citoyens marocains, nous réclamons notre droit au travail. Nous avons tous dépassé la trentaine. Nous avons fait des études poussées, malgré le fait que la plupart d’entre nous, vient d’un milieu social très modeste. Pour avoir notre droit à la dignité, nous avons trimé, frappé à toutes les portes, contacté les hauts responsables du gouvernement. Dans notre quête, nous avons été humiliés, maltraités...Mais nous continuons à nous battre et nous continuerons notre marche jusqu’à ce que justice soit faite. Nous sommes conscients que la marche vers la démocratie et le développement ne peut s’accomplir et aboutir que si les diplômés chômeurs trouvent la place qui leur revient dans la société», déclarent les porte-parole de ce groupe.
I.K.