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Hmida, “ Chichane ” et El Che Humeur

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La Tchétchénie a un nouveau président depuis quelques jours : Akhmad Kadyrov.

Kadyrov, Kadiri... Y serait pas un peu de chez nous, celui-là ? Si ça se trouve, il est de la famille d’Abdellah Kadiri, le boss du PND ! A moins qu’il ne soit disciple de la Zaouia Kadiryia ! Vu son passé quelque peu tumultueux, ce gars-là doit plutôt être un ex-loubard de Kariane Bensouda à Fès, d’Al Aalia à Mohammedia, de Moulay R’chid à Casa ou de quelque autre ghetto craignos de ce bled.

Non ! Tout compte fait, il sort forcément du quartier “Chichane”, une sorte d’antichambre terrestre des Enfers. Son parcours est des plus classiques : il a dû “brûler”, immigrer clandestinement, en embarquant dans quelque patera. Arrivé en Espagne, il a dû se faire coffrer, puis interroger, par la “Guardia Civil”. Et c’est vraisemblablement ainsi qu’il s’est retrouvé en Tchétchénie - après avoir avoué aux Espagnols qu’il débarquait de “Chichane” !!!!

Quoi qu’il en soit, force est de constater que ce (peut-être)-membre de la diaspora marocaine n’a pas ménagé ses efforts pour arriver là où il est. Indépendantiste zélé lors du premier clash russo-tchétchène (1994-1996), et plus tsariste que le Tsar (Vladimir) lors du second round de ce conflit, en 1999, Hmida (c’est ainsi que devraient l’appeler “oulad edderb”) n’est rien de plus qu’un politique ripou parachuté pour services rendus. Hmida, dans sa piaule présidentielle de Grozny, doit bénir le jour où il s’est rendu compte qu’il était plus sage de faire copain-copain avec Goliath plutôt que de se faire fatalement “entuber” (en voulant se la jouer David). Fut-fut, l’expat !

L’itinéraire de cette girouette politique rappelle un peu celui de Youssoufi et de sa bande. Du maquis à l’exécutif. En fait, même le Che (l’archétype du guérillero gauchiste) a suivi, un temps, pareil itinéraire. Lui aussi, en 1959, au lendemain de la victoire sur Batista, occupa un poste de ministre à Cuba. Cependant, après une courte période de prise de tête bureaucratique, il abandonna ses costards d’officiel pour son bon vieux treillis, son inévitable béret et son AK-47 chérie (kalach, pour les initiés).

Le Che est mort, l’arme au poing, dans la jungle bolivienne, pris dans un guet-apens - ignominieux - tendu par Rangers formés aux States. Tout le monde le lâcha ; même Castro lui fut infidèle, contrevenant ainsi à son prénom. Mais, il tint bon, accroché à ses principes anti-impérialistes et avant-gardistes. C’est pour cela que son portrait est, et restera à jamais, une icône universelle.

Quatre décennies presque après son assassinat, Ernesto Guevara représentera à jamais la liberté, la dissidence, le courage et la droiture. Les étudiants de Nanterre en 68, les babas-cool de Woodstock en 69 et des jeunes engagés de tous les horizons l’ont béatifié “saint-patron des révolutionnaires” en brandissant, avec défiance, son portrait à la barbe de ceux qu’il a défiés jusqu’au dernier souffle.

Le portrait d’Akhmad Kadyrov, lui, ne fleurira jamais lors de manifestations estudiantines Place de la République, Place Tien An Men... On ne glorifie pas ceux qui retournent leur veste. Même dans le quartier de son enfance, à “Chichane”, personne ne souhaite parler d’Ahmed Kadyrov. Même les “ouled edderb” de la génération de ce MPE (Marocain Présidant à l’Etranger) font mine de ne pas le connaître...

 

M.L.



 

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