Pour apprécier le politicien le plus balèze, le plus baraqué de la planète, il faut aller voir le dernier opus, actuellement programmé à Casa, de cet ancien tyrolien amateur de gonflette et de « touzes » bisexuelles : Terminator 3 (Le soulèvement des machines).
Si le mandat californien de Schwarzy est de la même facture que sa prestation d’acteur durant le troisième volet de cette saga « techno-pas logique pour un sou », la récession, et bien d’autres atrocités, guettent très certainement l’État le plus occidental de la « Sun Belt » américaine. Ça va barder ! Davantage encore que lors des « riots » (émeutes) de Los Angeles consécutives au passage à tabac, filmé et largement diffusé, de Rodney King – un afro-américain - par des « merda » locaux (la L.A.P.D., qu’ils disent ! LAPD, PD, vociféreraient les soixante-huitards, dans l’esprit de leur venimeux CRS, SS !).
« Hormis la débauche d’effets spéciaux made in Silicon Valley, et les pectoraux gargantuesques du bodybuilder républicain à la rigueur, ce film, c’est du pipeau de chez pipeau, de bout en bout. »
Ça va barder, vous dis-je, car le «long, trop long-métrage» en question est un navet comme il ne doit pas être permis d’en faire. Même une chienlit du 7ème art comme Le gouverneur de l’île de Chakarbakerben, élucubration à mi-chemin entre le génie fellinien et les trips « Bouya Omar » commise par Nabil Lahlou – le plus shooté (de naissance ou d’essence ?) des réalisateurs nationaux, est tout de même plus digeste que cette production hollywoodienne. C’est dire !
Pourquoi les législateurs du monde entier n’envisagent-ils pas, lorsque des cas de force majeure comme celui-ci se présentent, d’abroger la liberté d’expression pour empêcher de nuire aux demeurés du genre Jonathan Mostow, le metteur en scène (et en rogne) de Terminator 3 ? Au diable, La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme !
Hormis la poudre aux yeux, c’est-à-dire la débauche d’effets spéciaux made in Silicon Valley (le film jouit d’un rapport dollars gaspillés / centimètre de bobine des plus intéressants) et les pectoraux gargantuesques du bodybuilder républicain à la rigueur, ce film, c’est du pipeau de chez pipeau, de bout en bout. Pire, c’est une insulte à l’invention des Frères Lumière, à des cinéastes comme Visconti, Preminger, Kazan, Godard, à des oeuvres comme Le Cuirassé Potemkine, Citizen Kane, Le Voleur de bicyclettes, Fight Club ou encore Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain…
C’est cette même poudre aux yeux, qui altère tant le discernement des cinéphiles de pacotille qui mesurent la prestation d’un comédien à l’envergure de son grand écart ou à la rapidité avec laquelle il dégaine son (inévitable) arsenal, qui a séduit l’électorat bronzé, refait et siliconé de la Californie.
« Qui sait? Peut-être que les piteux acteurs font immanquablement de bons politiques, après tout!
Vers la fin des années 60, déjà, un certain Ronald Reagan, un acteur de seconde zone, notamment abonné à des rôles bidons dans des westerns ternes devenait Gouverneur de la Californie. John Baez eut beau le vilipender dans des chansons-brûlots, il s’empara néanmoins, quelques années plus tard, en 1980, de la Maison-Blanche (huit ans durant).
L’histoire retiendra de ce cow-boy ultra-libéral qu’il mit fin à la guerre froide, qu’il chapeauta, aidé en cela par son pion Gorbatchev, la chute du bloc communiste. Sa contribution aux principes messianiques américains est, par conséquent, supérieure à celle de tous ses prédécesseurs, de George Washington et son combat indépendantiste à Abraham Lincoln et ses vertus abolitionnistes, en passant par Franklin Roosevelt et son New Deal ou encore les Bush et leurs guéguerres pépères.
Schwarzy, qui n’a rien à envier à Reagan pour ce qui concerne le jeu d’acteur, pourrait se montrer aussi efficace que lui en politique. Qui sait ? Peut-être que les piteux acteurs font immanquablement de bons politiques, après tout ?
Si c’est ainsi, une ribambelle de comédiens marocains est promise à une belle carrière au sein de l’appareil d’État. Rachid El Ouali Wali, Abdeljabbar Laouzir Ministre... Et parce que les questions relatives au statut de la femme sont dans l’air du temps, il est utile de préciser qu’en respectant cette configuration hollywoodienne, certaines de nos interprètes féminines seraient, pour une fois, dûment représentées dans ce paysage politique, puisqu’elles sont tout aussi affligeantes et inexpressives que leurs homologues masculins. L’égalité des sexes devant la nullité !
Mehdi Laaboudi