Cette rue est située dans le quartier dit “ Val fleuri ”, le mal nommé.
Ses lointains promoteurs ont eu la malencontreuse idée de truffer ses rues de noms de grands écrivains (Racine...) et peintres célèbres (Le Titien...). Les autorités locales de chez nous, en «marocanisant» les noms, ont apparemment tenu à respecter le cachet culturel des dénominations. C’est ainsi que feu Ahmed Kadmiri, partenaire attitré (dans le rôle de El Haj) de feu Bouchaib Bidaoui, a remplacé Albert Samain. Mais cela n’a apparemment pas eu pour effet de faire respecter la mémoire de ce comédien national de la première heure. En fait en guise de fleurs, de poésie ou de paysage romantique, les habitants actuels ont droit à un dégoûtant spectacle de désolation et de saleté. Un tronçon de la rue d’une bonne vingtaine de mètres, sur une largeur occupant plus de la moitié de la chaussée, est continuellement jonché de gravats, d’ordures diverses, de pneus usagés, de branchages, etc.
Ces détritus sont déposés, nuitamment et à la va-vite, ce qui témoigne de leur conscience de mal faire, par des charretiers à la mine peu engageante. Contre quelques dirhams versés par des “ donneurs d’ordre ” eux-mêmes peu scrupuleux, ils viennent en toute impunité salir et encombrer une rue paisible.
Plus, cette saleté est offerte quatre fois par jour à la vue et à l’odorat des élèves et des enseignants d’une école de la place, qui ne manqueront pas de s’interroger sur le sens réel et ultime des messages télé du genre BOUNDIF ou de la campagne d’affichage invoquant la blancheur de Casablanca...
Sans illusion sur un argumentaire basé sur l’obligation de préserver l’esthétique de la ville, on se contentera des aspects /atteinte aux règles les plus élémentaires d’hygiène et de sécurité, mais aussi entrave inadmissible à la liberté de circulation et de stationnement : du fait de l’encombrement de la chaussée, celle-ci ne laisse plus passer qu’une seule voiture alors que sa capacité réelle permet un dépassement aisé et la possibilité de stationner.
Des habitants ont tenté de s’adresser aux auteurs directs de cette infraction flagrante, malodorante et répétée. Ils se sont heurtés à des comportements menaçants, après s’être entendu dire par les charretiers que cette activité constituait pour eux un moyen de subsistance légitime !
Ces faits n’échappent certainement pas à la connaissance des autorités, et l’on se demande ce qui les empêche de sévir contre les contrevenants, que ce soit les charretiers ou leurs commanditaires.
La commune du Maarif est également au courant (elle aussi est censée l’être, de par ses responsabilités).
En tout cas, les riverains ont pris sur eux d’informer, par voie de pétition, le tout nouveau président, qui, ignorant jusque là les faits, semble avoir compris leur doléance
Ils attendent à présent une solution définitive à ce problème. Ils insistent sur le terme “ définitive ”, car le fait qu’un camion (envoyé en principe par les services communaux) effectue de temps en temps un déblayage n’est pas une solution acceptable : cela ne profite qu’aux contrevenants (1). Peu de temps après, (en fait très rapidement, à croire qu’ils ont des moyens d’information efficaces...), ils recommencent à décharger leurs ordures. On se demande alors si le non déblaiement ne va pas contre les intérêts bien compris des charretiers....
Ce cas n’est malheureusement pas isolé, loin s’en faut....Mais cela ne doit pas justifier l’inaction des édiles.
Monsieur le président de la Commune du Maarif a donc l’occasion de montrer qu’il en est pleinement conscient, et qu’il est sensible au bien-être élémentaire de ses administrés.
(1) Les riverains sont d’ailleurs tout étonnés que cela se passe un dimanche, jour de repos quasiment sacré pour tous les agents publics. Ainsi, le dernier déblayage a eu lieu dimanche dernier, 19 octobre.
Un résident soucieux de propreté