Après des résultats 2002 en forte progression, la filiale du groupe ONA confirme sa bonne santé en réalisant au terme du premier semestre 2003 des résultats en progression. La conjoncture économique globalement favorable y est pour quelque chose. La bonne pluviométrie enregistrée cette année en améliorant la qualité et la quantité du lait collecté a contribué à l'amélioration des résultats de Centrale laitière. Ainsi, au cours du premier semestre 2003, la collecte de lait a atteint 205,8 millions de litres contre 189,7 millions pour la même période en 2002, soit une hausse de 9 %. Partant, tous les indicateurs d'activité et de rentabilité se sont inscrits en progression. A commencer par le chiffre d'affaires de la société qui progresse de +6,5 % à 1 491 MDH. L'innovation sur le segment des laits UHT avec la relance de la marque Salim, la relance de la gamme Mamzouj sous le concept Moufid, le bon comportement de la marque Danino et la forte progression des ventes de Passion Crème, soutenus par des campagnes publicitaires ciblées, expliquent en partie la progression des ventes de la société. De même, un accent particulier continu à être mis sur la réorganisation de la distribution. Cela s'est traduit, entre autres, par le renforcement de la chaîne de froid avec la mise à la disposition des épiciers installés dans des points de ventes à haut potentiel, des meubles de froid, l'ouverture d'une agence à Tétouan pour une meilleure optimisation des coûts de distribution et la spécialisation de la structure commerciale par circuit de clientèle. La progression des ventes a permis à Centrale laitière de maintenir ses parts de marché à des niveaux stables. La société détient 60 % des parts de marché des ventes de lait conditionné et 75 % des parts des produits laitiers frais. Les investissements importants et en permanence permettent à la filiale de l'ONA de maintenir sa position de leader du secteur.
Le résultat d'exploitation a connu une forte progression de 10,9 % à 206 MDH. Cette hausse est la conjugaison d'un certain nombre de facteurs dont l'effet de la marge générée par les volumes additionnels vendus, les économies réalisées au niveau des achats et la meilleure optimisation des coûts industriels. Quant au résultat net semestriel, il ressort à 158 MDH en hausse de +7,1 %. Rappelons que le résultat annuel 2002 était de 297 MDH.
Pour ce qui est de la situation financière de la société, elle demeure très solide, et ce malgré une baisse des capitaux propres de 126 MDH, à 1 313 MDH, entre juin 2002 et juin 2003. N'empêche, l'assise financière de la société reste significative. La trésorerie nette de la société, en dépit d'une baisse de 19,13 %, par rapport à la même période de l'année 2002, reste encore très conséquente en s'établissant à 896 MDH. Ces baisses sont le résultats des programmes d'investissements et des politiques généreuses de distribution de dividendes (dividendes ordinaires et exceptionnels) adoptés par la société au cours de ces dernières années. Cette manne financière est placée au niveau du groupe ONA, dans des SICAV monétaires et au niveau des banques en attendant que la société trouve des opportunités d'investissements importants. En dépit de la progression des indicateurs de Centrale laitière, M. Driss Traki, Président-Directeur Général de la société soulève au moins trois contraintes principales qui pèsent sur le secteur laitier. La première est liée au maintien de l'interdiction d'importation de génisses qui continue à pénaliser encore lourdement le secteur. Pour rappel, cette interdiction se justifiait par l'apparition de la maladie de la vache folle en Europe. La situation étant maîtrisée actuellement, et après moults discussions avec les autorités, M Traki souligne qu'il y a "un espoir que les autorités assouplissent leur position". La seconde contrainte est liée à la discrimination fiscale existant entre les opérateurs du marché. Centrale laitière et les PME/PMI laitières souffrent de la concurrence des coopératives industrielles qui ne s'acquittent pas des impôts, notamment de la TVA. Enfin, il y a bien évidemment la faiblesse du pouvoir d'achat qui limite les ventes de produits laitiers, notamment dans les zones rurales.
Les performances réalisées par Centrale laitière ont été anticipées par le marché boursier. Ainsi, l'action Centrale Laitière a signé depuis janvier une performance de 74 % à 4 300 dirhams, soit l'une des meilleures progressions de la place.
Moussa Diop