Dans un contexte où la longévité s’est prolongée de quelques années, eu égard à une qualité de vie meilleure, mais aussi aux avancées médicales, la femme marocaine a une durée de vie d’une moyenne de 70 ans. De ce fait, elle vit plus longtemps, en tant que ménopausée. Ce sont plus de deux millions de femmes marocaines qui sont concernées et qui passeront 1/3 de leur vie en post ménopause. Or, l’on sait que la ménopause arrive et avec elle un ensemble de tracas. C’est tout l’univers physique de la femme qui est chamboulé (sécheresse cutanée, sécheresse des muqueuses, bouffées de chaleurs, ostéoporose, irritabilité, fatigue...). De ce fait, la femme vit cette phase de sa vie comme un véritable calvaire, puisque c’est une souffrance physique souvent conjuguée à un malaise psychique, en raison d’une absence de soutien qui ponctue le quotidien des femmes ménopausées. Pour autant, on peut améliorer la qualité de vie des femmes en post ménopause. Outre une hygienne de vie saine le soutien d’un professionnel de la santé, est impératif. Dans ce sens, les traitements hormonaux semblent faire le bonheur d’un grand nombre de femmes, qui ont justement eu la chance d’être ainsi guidées. Cependant, les traitements hormonaux ne peuvent pas, à cause de quelques contre-indications, être prescrites de manière automatique à toutes les femmes. Parmi les cas où ils sont prescrits, on signalera les femmes qui ont eu ou qui risquent d’avoir un cancer de sein, à titre d’exemple (facteur d’hérédité). C’est pour expliquer, voire vulgariser, tous les problèmes qui ont trait à la question de la ménopause que l’association marocaine de l’Étude de la Ménopause a organisé les 6èmes journées franco-maghrébines les 17 et 18 courant à Marrakech. Chapeautées par le Dr. Henri Rozenbaum, président de l’association française de la ménopause, ces journées ont permis de «faire le point sur la question, en particulier après les résultats de certaines études anglo-saxonnes qui ont troublé la sérénité des médecins prescripteurs». Selon le Dr. Henri Rozenbaum, «la nécessité d’une réflexion commune s’impose plus que jamais. Elle devrait être fructueuse, permettant d’élargir nos horizons et nos points de vue respectifs. Plus encore que dans tous autre domaine de la médecine, la ménopause implique des considérations culturelles, éthiques, sociales, ...». L’objectif étant une meilleure maîtrise de la question, en vue de «contribuer à assurer à nos femmes une meilleure qualité de vie, de prévenir les risques fréquents en cette période critique de leur vie, au premier rang l’ostéoporose, tels sont les objectifs que l’association marocaine pour l’étude de la ménopause s’est fixés.» dixit Dr. Abdellah Akchouch, président de l’AMEM , qui n’a pas manqué de rappeler que la cinquantaine est aussi une occasion idéale pour faire un bilan gynécologique général. La prévention étant été, de tout temps, le meilleur remède contre tous les maux.
Enfin, il va sans dire que l’information et la sensibilisation demeure un facteur impératif pour une prise en charge optimum de la ménopause aussi bien au niveau des professionnels de la santé que de la population concernée. L’objectif étant d’assurer aux 3 millions de femmes qui seront ménopausées à l’horizon 2010 une meilleure qualité de vie, tout en prévenant un certain nombre de problèmes de santé directement liés à la ménopause et à leur tête l’ostéoporose, (pratiquement invalidante) dont la prise en charge est bien plus coûteuse que le traitement (préventif) de la ménopause.
L.O.