«Lorsque l’on attrape le virus de la Omra du Ramadan, on ne plus s’en passer. Dès que le mois sacré approche, on y pense d’emblée et notre esprit est pratiquement dans les Lieux Saints.», déclare M. B.W, la cinquantaine, chef d’entreprise, pendant qu’il attend son tour chez un voyagiste de la place. En effet, nombreux sont les Marocains, toutes catégories socioéconomiques confondues, qui vont se recueillir dans les Lieux Saints au mois de Ramadan, au grand bonheur des agences de voyages qui réalisent un pic de vente important en cette période de l’année. Car si avant, on pouvait juste s’acquitter des frais du billet d’avion, et une fois sur place se débrouiller le gîte et le couvert, depuis près de trois ans, toute personne désirant se rendre passe impérativement par une agence de voyage qui doit répondre à un cahier de charge bien déterminé. Partant, les choses semblent mieux organisées et c’est tant mieux. Cela permet sans doute de limiter le flux humain que connaissent les Lieux Saints à l’occasion et contrer, par là même, certains dérapages de personnes obnubilées par des objectifs autres que le recueillement.
Vigilance !
Cette année, les voyagistes marocains, mieux rodés aux impératifs du cahier de charge proposent une foultitude de produits à leur clientèle. Les tarifs vont de 9000 à 50 000 Dhs, permettant de répondre à une large palette de demandes. Les offres varient, en fonction de la durée du séjour (plus c’est long plus c’est moins cher), de la pension proposée, de la qualité des hôtels et surtout de leur proximité des «Haramain» et c’est sur ce dernier point que les «Mouâtamirins» ont souvent des mauvaises surprises, en particulier ceux qui partent pour la première fois et ne connaissent pratiquement rien des Lieux Saints ! Donc, il ne faut pas hésiter à demander l’emplacement exact de l’hôtel, (sur une carte par exemple), la superficie des chambres, les prestations exactes offertes par l’agence sur place, voire demander un contrat de vente qui englobe tous les détails et précisions du produit, pour pouvoir demander des comptes à votre agence en cas de problème. Au moment où certaines agences qui se respectent donnent à leur clients toutes les précisions en avançant que chaque produit à un prix et que finalement il revient au client de choisir en fonction de son pouvoir d’achat, d’aucunes n’hésitent pas à vendre une offre inadéquate avec le produit réel. Des expressions tel que «hôtel à 50 m du haram» reviennent souvent, alors qu’en réalité les choses sont différentes. Le client peut également se retrouver avec une chambre exiguë, des sanitaires à l’extérieur des chambres... et ce n’est qu’une fois sur place, après avoir réglé l’agence de voyage, qu’il se rend compte de sa mésaventure.
Ceci étant, les agences de voyages diffèrent les unes des autres. D’aucunes rodées aux produits haj et Omra, ont une clientèle fidélisée au fil des années et ne peuvent, par conséquent ternir leur image de marque. «Nous avons plusieurs produits qui répondent pratiquement à toutes les bourses, partant nous précisons à notre clientèle, dans le détail, nos diverses offres, en précisant que chaque chose à un prix et en leur laissant la liberté de choisir et d’assumer leur choix. Une fois sur place, ils n’ont pas de surprises. Un hôtel à proximité du Haram, coûterait beaucoup plus cher qu’un hôtel sis au Masfala et donc, quand nous proposons à notre clientèle tel ou tel hôtel, nous leur donnons les précisions nécessaires pour que leur choix soit opéré en connaissance de cause», explique Mme M.M responsable clientèle chez A.T.
Offres
Aussi, un séjour de 15 jours (les 10 derniers jours étant les plus chers) est proposé à quelque 43 000 dhs chez A.Voyages. Ce tarif comprend le transport en avion, le transfert, le logement en chambre double, dans des hôtels de luxe (Hilton à Médine, Ajiad Makkah à la Mecque), ainsi que la pension complète (repas du Ftour et du Shour), l’assistance à l’aéroport est également assurée. En effet, les formalités aéroportuaires, mine de rien, ne sont pas une mince affaire. Eu égard à la marée humaine qui afflue sur les Lieux Saint en cette occasion, certains peuvent parfois passer plus de 48 heures à l’aéroport, au retour, avant d’avoir leur ticket d’embarquement. Aussi, quelques agences s’acquittent-elles de cette tâche pour leur groupe, évitant ainsi à leurs clients ce genre de tracas et c’est tant mieux. Ce même produit est proposé à 37 000 dhs à raison d’une chambre triple au lieu d’une double. Pour ceux qui demandent uniquement à être logés préférant se restaurer à leur guise, l’agence propose un séjour de 15 jours au tarif de 16 500 Dhs, la chambre double, 14500 Dhs la triple et 14000 Dhs la quadruple.
Pour un produit moyen, il faut compter pour une chambre double chez Sky Holidays en hôtel 4* quelque 21500 Dhs. Ce tarif comprend également, les frais du transport et Mazarat (visites), généralement compris dans toutes les offres.
Pour les petites bourses, l’agence Transatour propose un produit économique pour une durée de 40 jours à 9900 Dhs à raison de 6 personnes par chambre, assurant ainsi le transport et l’hébergement uniquement. Ceux qui préfèrent un hôtel plus convenable , un 4 * (type Taeba), doivent compter quelque 18 500 Dhs pour une quarantaine de jours dans une chambre double. L’agence propose les repas, en option, aussi, ceux qui sont intéressés par cette prestation devront verser en sus quelque 2500 Dhs. Ceux qui n’ont pas beaucoup de temps opteront pour les dix derniers jours du mois sacré. Il faut compter
35 000 dhs par personne en chambre double, dans un hôtel de luxe (type Sheraton).
Nouveauté
Enfin, si certaines agences affichent d’emblée complet, pour le produit moyen, en particulier en chambre double, d’autres avancent par contre que la demande cette année n’est pas vraiment accrue par rapport à l’année précédente. Selon M. Jamal Chérif Alami de A.V., le manque de pluie en serait à l’origine (c’est encore tôt !), mais aussi l’habitude du consommateur marocain qui se décide et se manifeste à la dernière minute. Cependant, cette année, ceux qui attendront le dernier jour pour faire leur réservation risquent de rater leur voyage dans les Lieux Saints. Et pour cause, la formalité du visa a connu un changement, pour des raisons de sécurité. Si auparavant, elle demandait entre 2 jours à une semaine, actuellement, il faut compter 15 jours. La raison en est que l’agence marocaine devra envoyer une demande pour toute personne désirant affectuer la Omra à ses partenaires saoudiens qui, à leur tour, font une demande au ministère du Haj en Arabie Saoudite, qui attribue une référence à chaque voyageur et c’est cette référence qui servira pour la demande de visa auprès de l’ambassade saoudienne qui la recevra sur ordinateur. Or cette référence qui fait état d’un visa «virtuel», si elle n’est pas retransrite dans les 15 jours qui suivent, elle est annulée, ce qui risque d’amputer l’activité des voyagistes en cette période qui représente, après les vacances de l’été, le principal de leur CA. Il aurait été judicieux d’informer, auparavant le public de cette formalité comme le font d’autres ambassades ou consulats étrangers afin d’éviter de fâcheux quiproquos.
L. Ouazry