Quand le rumen devient plus profond que la poche, on plonge tout droit dans la grivèlerie, un phénomène qui commence à pointer du nez dans les snacks, cafés et autres restaurants de la capitale économique. Il s’agit en réalité de ce délit qui consiste à consommer dans ces endroits, sans payer. Avec la multiplication d’estaminets, de cafés et débits de boissons dans Casablanca (car il faut vraiment porter des lunettes en bois pour ne pas voir ce foisonnement), ce type de vol va crescendo. Le type qui s’adonne à une telle pratique est difficilement sériable. Jugez-vous même ! M. X, BCBG, ressortissant d’un pays de l’Union Européenne (UE), avec cartable en cuir et tout le tralala, hèle le garçon, demande le menu, passe sa commande, finit de consommer et se casse. M. Y. manoeuvre à Casablanca, s’installe à la terrasse consomme tranquillement son café cassé, puis s’éclipse comme si de rien n’était. Des cas pareils sont très souvent vécus dans ces lieux publics de plus en plus prisés. Si pour le premier cas, le consommateur a voulu parlementer, et laisser une caution, arguant ne pas disposer de liquidités, par contre dans le second, cet espèce de voleur à l’esbroufe a sciemment mesuré son acte et pris carrément la poudre d’escampette. Il y a aussi ceux qui sont si méticuleux et pointilleux, faisant attention aux verres, au couvert, à la moindre inadéquation entre le menu et le service- genre: il manque des cœurs de palmier dans la salade, etc.- pour ensuite en faire des arguments pour ne pas payer. Mlle M. n’a pas trouvé mieux à dire, après avoir empiffré plus de la moitié de son sandwich, que la nourriture est infecte et que son vieux qui est Directeur au service d’hygiène ne manquera pas de faire une descente. Elle se tire avec sa copine devant le personnel du snack tout simplement ébahi.
A ce rythme, les «pauvres» opérateurs dans ce secteur, qui rivalisent d’inventivité, d’originalité, engloutissant des sommes folles dans ces affaires, arriveront difficilement à amortir leurs frais. Il est vrai que les prix dans ces lieux sont proportionnels aux investissements initiaux. Dans certains cafés, la moindre boisson froide ou chaude ne vaut pas moins de 18 Dhs. Est-ce une manière de faire un tri, et d’inviter une clientèle assez sélecte? Pourtant, même dans ces endroits où parfois l’on est reçu que si galamment accompagné, sachant que les dames sont libres, on rencontre des filous de première.
Malgré la présence de vigiles, d’un système bien organisé, avec une répartition des domaines à couvrir dans le café, au moment des rush, certains arrivent à se tirer sans régler. Souvent le pauvre garçon se demande si le mec en rouge brique, assis à l’aile gauche, a payé? C’est peut-être dû au fait qu’il n’y a pas de règles pour le paiement. La majeure partie des consommateurs paient à la fin, pour ne pas payer deux fois, évitant le fameux, Aouououou, j’ai déjà payé cher ami!!!
Un palliatif serait d’adopter la pratique bien rodée chez les franchises telles que Mc Donald’s, Pizza Hut, KFC, etc., où le règlement s’effectue à la caisse au moment d’emporter sa commande...
D. MB.