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La rentrée scolaire, véritable casse-tête Scolarisation

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«De notre temps l’école ne coûtait pas si chère». C’est le refrain qui revient à la bouche d’une grande partie des parents d’élèves. En effet, les temps ont changé. Avant, le mot école ne posait guère de problème, le choix étant restreint. Les parents devaient, en fait,  opter pour le système de l’Éducation nationale ou les missions culturelles étrangères. Et tout le monde était content. Aujourd’hui, une multitude d’enseignes ornent la place. Le secteur privé compte une centaine d’écoles. Les parents ont peine à distinguer entre les véritables projets d’éducation et les intérêts commerciaux. D’où toute la difficulté que représente le choix de l’école. C’est ce qui justifie, peut- être, la ruée des familles marocaines vers les missions culturelles étrangères, notamment françaises et par conséquent la difficulté, sinon la quasi impossibilité d’accès dans ces écoles, tant la demande dépasse de loin la capacité d’accueil. «Le choix d’inscrire mes enfants  à la mission française s’est imposé à moi, puisque je n’avais aucun moyen de vérifier la crédibilité de la multitude d’écoles, plus médiatisées les unes que les autres. De plus, à l’époque, elles étaient toutes fraîchement inaugurées donc, je n’avais pas de critère valable pour les jauger», déclare un père de famille.
Par ailleurs, une fois le choix opéré, il faut que l’enfant soit admis. Pour ce faire, les parents doivent préparer leur bambins à passer le test. Ce qui suppose qu’ils doivent au préalable l’inscrire et remplir les formalités nécessaires pour ce faire, notamment les frais. Une fois le test passé, les parents doivent subir le stress de l’attente, avant de savoir si l’enfant est admis ou non. Cela peut paraître exagéré, car il s’agit souvent d’un enfant dont l’âge ne dépasse guère  3 ou 4 ans. Eh oui, les choses ont bien changé. Si par malheur l’enfant n’est pas admis, les parents doivent repartir à la charge pour chercher un nouvel établissement. Une fois l’enfant admis, les parents doivent s’acquitter des frais d’inscriptions, de scolarité ainsi que de tous les frais accessoires. Et c’est là où le bât blesse. Il faut compter, en fonction de l’établissement choisi, (le secteur compte également du bas de gamme et du haut de gamme !) entre 300 et 2700 Dhs / mois pour les frais de scolarité ; entre 150 et 1500 Dhs pour les frais d’inscription ; sans compter les frais de restauration qui varient entre 200 et 600 Dhs par mois. Il faudra également ajouter les frais de transport pour ceux dont les charges ne leur permettent pas d’assurer eux-mêmes le transport de leurs enfants et là encore, il faut compter entre 200 et 450 Dhs. Premier constat, la différence entre ces tarifs paraît très grande. Ce qui nous rappelle, encore une fois, le fossé qui ne se cesse de se creuser entre les différents classes sociales. En effet, le système éducatif est un indicateur réel de tout projet sociétal, c’est le reflet même du progrès de toutes les nations. Or, ce que reflète notre système d’éducation est une contradiction aberrante, entre le type Éducation nationale  plutôt maladif et inefficace, puisque complètement décalé et le secteur privé, qui ne semble répondre à aucune norme en terme de tarification, et qui tend dans certains cas vers l’arnaque. En effet, certaines écoles s’amusent à encaisser en début de chaque année, des frais d’inscription. Ces derniers varient entre 500 et 2000 Dh et peuvent aller jusqu’à 4000 Dhs. C’est le cas des écoles du groupe Itihad qui font payer aux enfants marocains, de confession musulmane près de 3000 Dhs tous les ans, comme frais d’inscription. Cet argent permet, selon un parent d’élève dont l’enfant est scolarisé dans cette école depuis deux ans, de soutenir la scolarisation des enfants de confession juive, qui, eux, sont dispensés de ces frais. D’autres par contre se contentent des frais d’assurance qui sont obligatoires chaque année. Donc, il est vrai que chacun réagit à son propre gré, applique les tarifs qu’il veut, démarre les cours quand cela l’enchante, offre ou n’offre pas les services d’une cantine, d’un transport scolaire... Force est de constater qu’il n’y a pas d’homogénéité dans ce secteur.
Par ailleurs, une fois les frais fixes réglés, les  parents doivent faire face aux débours relatifs aux manuels et la fourniture scolaires. Et là également la facture varie en fonction de la liste qui n’est pas uniforme. Si les établissements de l’Éducation nationale ont pratiquement les mêmes manuels, même si cela a relativement changé cette année, parce qu’on se retrouve avec plusieurs variété de manuels pour le même niveau scolaire laissant ainsi le choix à chaque établissement et à chaque enseignant d’opter pour le manuel qu’il juge adéquat pour ses élèves. En fait, pour la fourniture scolaire, il faut compter entre 450 et 700 Dhs, pour un élève du CE1, sans compter les frais du cartable. Ils varient pour un élève du secteur privé entre 600 et 4000 Dhs. Certes, les écoles privés sont, en principe tenues de suivre les mêmes programmes que l’Éducation nationale, mais en pratique ces programmes ne sont là qu’à titre de complément.
Enfin, si on additionne tous ces frais, la facture s’avère vertigineuse.
La rentrée scolaire demeure donc un véritable tracas pour les parents toutes catégories socioprofessionnelles confondues.

L.O.



 

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