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Pour une politique optimale de la santé Santé

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«La santé pour tous» c’est l’objectif du gouvernement qui est appelé à doubler d’efforts pour relever un tel défi, les besoins étant énormes alors que les moyens demeurent très limités. En effet, le secteur de la santé, pourtant vital, était pratiquement à l’agonie depuis plusieurs années. Infrastructures, équipements, ressources humaines, le secteur est déficitaire à tous les niveaux, comme l’a si bien signifié le ministre de la santé, chiffres à l’appui, en brossant un tableau plutôt dramatique des indicateurs de la santé au Maroc. Mais M. Biadillah ne s’est pas arrêté à ce niveau, il est venu avec une stratégie qui ambitionne de revoir de fond en comble tout le secteur de la santé en vue de combler toutes les lacunes que présente le secteur.

Plan

2003-2007

Si le manque de moyens est la principale raison à l’origine de ce déficit, la mauvaise gestion et partant la mauvaise répartition de ces moyens, et la définition des priorités y sont également pour quelque chose. Selon M. Cheikh Biadillah, souvent les fonds levés pour la réalisation de tel ou tel projet demeurent inexploités et par conséquent  ne vont jamais plus loin. Par ailleurs, le ministre rappelle que si le secteur est globalement défaillant, les disparités entre le milieu urbain et rural au niveau des indicateurs de la situation sanitaire sont plus qu’alarmants. Interpellé par ce constat, l’équipe au gouvernement est déterminée à accélérer le développement d’un secteur qui allait en s’engouffrant, en faisant de la santé un secteur prioritaire. «Cette action est  la concrétisation de la volonté de Sa Majesté d’une politique de proximité. «La Santé pour tous» est le but que nous visons atteindre progressivement. Dans cette optique, nous avons augmenté le budget de la santé pour 2003 et nous poursuivrons à travers un programme complet, visant la réhabilitation de ce secteur.»... s’était exprimé M. Driss Jettou,  lors d’une rencontre tenue récemment à Casablanca avec les différents intervenants et les représentants de la région.

Un plan ambitieux visant la restructuration du secteur est d’emblée mis au point pour assurer une meilleure prestation sanitaire  aux citoyens. Etalé sur cinq années, ce programme s’articule sur dix axes, à savoir  la réhabilitation des établissements hospitaliers, la réouverture des hôpitaux fermés au nombre de quelque 200 unités, la modernisation des urgences, la création de quatre unités régionales (à Casablanca , Agadir, Oujda et Tanger) d’oncologie pour adultes, un centre national pour les brûlés,  un centre national de la prise en charge de la douleur, que les professionnels, à leur tête  le Pr. Maâti Nejmi , président de l’association marocaine de la douleur, attendent depuis trop longtemps. Le programme comprend également la création d’un Institut de formation des ambulanciers et des techniciens en maintenance biomédicales . La santé de l’enfant fait également  partie de ce plan. Il prévoit la construction de deux centres nationaux  d’ophtalmologie infantile, un centre d’oncologie pédiatrique. Et enfin, la mise au point d’un programme de formation médicale pour les soins des personnes âgées. Par ailleurs, M. Driss Jettou n’a pas manqué de rappeler que son équipe s’active pour accélérer la loi sur l’AMO, (toujours en gestation), en vue de permettre aux populations aux revenus limités d’accéder aux  soins.  En outre, le chef de l’exécutif a souligné l’importance que le gouvernement accorde à la finalisation des CHU Fès et Marrakech, l’objectif étant de diminuer le flux  que connaissent les CHU de Casablanca et Rabat et partant éviter aux patients les malaises du déplacement. Cela s’inscrit, en effet, dans le cadre de la politique de régionalisation escomptée. Dans cette optique,  une enveloppe budgétaire de l’ordre de 1 milliard de Dhs. Enfin, il est également prévu  la création d’un CHU et une faculté de médecine dans la région de l’Oriental. En somme, il s’agit d’un programme on ne peut plus ambitieux qui nécessite des moyens conséquents pour sa concrétisation et qui permettrait, s’il venait à être réalisé, à développer le secteur de la santé au Maroc. «Convaincus que le secteur de la santé nécessite des programmes cohérents pour une stratégie efficace, ainsi que des efforts permanents de tous les acteurs de ce secteur, nous avons opté pour de nouveaux mécanismes visant à accélérer et soutenir ces programmes. Dans ce sens le partenariat entre le gouvernement, les collectivités locales et les ONG est l’un des mécanismes à même d’optimiser la mise en œuvre du plan national pour une politique de la santé», dixit le premier ministre,   qui a, par ailleurs, rappelé que vu l’insuffisance des moyens  face la pression de la demande, le secteur privé est également appelé à jouer un rôle en vue de soutenir le plan en question.


Gestion
optimale

De son côté M. Biadillah, a émis un ensemble de propositions en vue d’une gestion optimale du secteur. Outre la création d’un SAMU en 2004, à Casablanca, la transformation de l’institut Pasteur en Fondation, la création d’un centre anti dopage, M. le ministre a également mis l’accent sur la nécessité de sensibiliser les médecins sur l’intérêt de l’économie de la santé. A ce titre, il a rappelé que la prise en charge de l’insuffisance rénale ne doit pas uniquement se faire par la dialyse qui représente un coût énorme, mais également à travers la greffe. En effet, la loi existe et les spécialistes marocains n’ont rien à envier à leur homologues étrangers, mais la pratique de cette technique demeure très timide au Maroc. Et pour cause, il existe un ensemble d’amalgames dans l’esprit d’une grande partie de la population en raison autour de cette question . D’où la nécessité d’une vulgarisation. «Les coûts de la prise en charge du diabète peuvent être réduits par le biais de la prévention.» Autre point pertinent la santé mentale. Et M. le ministre de déclarer «La santé mentale, doit passer d’une santé asilaire à une santé intégrée.»

Enfin, M. Biadillah n’a pas omis de saluer la contribution des bienfaiteurs en vue de l’amélioration des conditions d’accès au soins. 

Leïla Ouazry



 

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