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Le Pavillon 42 réaménagé grâce à la solidarité Santé publique

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Le secteur de la santé publique connaît des déficits à tous les niveaux. Obsolescence des équipements et des centres d’équipements, manque de personnel paramédical..., bref, les besoins dépassent de loin les moyens et les infrastructures demeurent en deçà des attentes d’une population. La santé étant un droit élémentaire de tout citoyen. mais, si l’État ne parvient pas,  à assumer son rôle vis-à-vis des personnes  aux revenus modestes, et donc sans couverture médicale, des personnes ou des associations peuvent s’en charger , dans certains cas, pour combler ces lacunes. L’exemple du service de dermatologie du CHU Ibn Rochd à Casablanca (pavillon 42), fait montre d’un expérience extraordinaire. En l’espace de 6 mois, ce service s’est transformé grâce à   l’association Gildi, en un établissement ultra moderne dédié à la prise en charge des pathologies  de dermatologie. Le secret? Des personnes engagées et surtout persévérantes, mais aussi des bienfaiteurs, solidaires avec leur concitoyens et par conséquent soucieux de leur bien-être. Il s’agit, il est vrai,  d’une  réalisation qui revêt une véritable implication dans le social et une maîtrise impressionnante d’objectifs parfaitement cernés. 

Entreprise citoyenne

Selon le Pr. Lakhdar, chef du service de dermatologie, il existe des personnes qui sont disposées à soutenir, mais en général elles sont réticentes car elles ne savent pas si leur argent va être utilisé à bon escient. De ce fait, il suffit de monter un dossier crédible, de préciser et clarifier chaque chose, et à ce moment, elles n’hésitent pas à apporter leur aide.
Le réaménageaient du pavillon 42, a nécessité une enveloppe budgétaire de l’ordre de 1,5 million de Dhs, octroyés principalement par des  entreprises citoyennes, qui n’ont certainement pas été déçues en voyant les transformations opérées dans ce service, passant comme par un tour magique, d’une «porcherie» à un service médical digne de ce nom. En effet, il était pratiquement hors service depuis plusieurs années déjà. Et pour cause, un état de délabrement et d’étiolement alarmant, dû à une absence  d’entretien et un laisser-aller révoltants, s’aggravant d’année en année. Les locaux du pavillon 42 n’avaient pas fait l’objet de travaux d’entretien depuis près de 20 ans. Ce qui s’est répercuté sur les conditions de travail et partant la qualité des prestations. Caduc, le service ne disposait même pas du strict minimum, pour accueillir les patients pour une consultation et encore moins une hospitalisation. Alors que le service assure près de 100 consultations par jour.
Solidarité et professionnalisme
Aujourd’hui, tout ceci n’est qu’un mauvais souvenir, et les responsables du service sont confortés de travailler dans des conductions favorables.
Le changement est impressionnant. L’actuel pavillon 42 n’a réellement rien à voir avec le précédent. Entièrement rénové, le service rappelle les locaux d’une clinique privée (puisque les locaux du public, sont quasiment tous vétustes). Les locaux sont mieux aménagés, mieux aérés, mieux ensoleillés. Si la capacité d’accueil du service n’a pas augmenté (48 lits), la qualité des prestations est en revanche meilleure. Le service dispose actuellement de sanitaires (douches, lavabos, et toilettes) à même de répondre aux besoins d’une unité qui traite des affections cutanées (candidoses, dermatophytes, Erythrasma, ...), souvent contagieuses. D’où l’aménagement d’une buanderie, où sont placés deux machines à laver, un sèche linge, et des produits désinfectants. En effet, pour maintenir un niveau d’hygiène correct, le service consomme de grandes quantités de détergents et de désinfectants. Si le service avait reçu, un don lors de l’inauguration, qui lui a permis  de fonctionner pendant près d’une année, mais il s’épuise aujourd’hui, et l’association Gildi doit encore repartir à la charge pour de nouveaux dons. En outre, le service dispose également d’un débarras  pour stocker le linge et les produits sanitaires que reçoit le service à titre gracieux.
Par ailleurs, les auscultations se font dorénavant dans une  salle digne de ce nom. Les salles d’hospitalisation, prévues pour accueillir les patients nécessitant une prise en charge de long séjour, sont toutes équipées de tables de chevet, de rideaux, de téléviseurs et de chauffage.
En effet, l’objectif est amplement atteint :  offrir des soins de qualité dans un cadre hospitalier sain. Il s’agit d’une œuvre citoyenne extraordinaire. A travers ce service, ce ne sont pas uniquement les soins qui sont apportés au patient, mais également un soutien humain et moral, qui est fourni à travers l’association Gildi. Les patients viennent souvent de régions éloignées et doivent disposer, pour les longs séjours au service de linge propre. Partant l’association se charge également de récolter  des dons en linge qui sont lavés, triés et repassés.  Les femmes souffrant de dermatoses, se retrouvent parfois répudiées à cause de leur maladie, puisque la Moudawana a prévu «Lbrasse» comme une cause de répudiation. Du coup, l’association est également appelée à soutenir ces femmes, souvent de conditions modestes et sans moyens pour prendre en charge leur médication.
Cette expérience prouve  que la société civile et les Marocains sont capables de changer le Maroc en mieux.  D’autres services pourront,  emboîter le pas au pavillon 42  . Il ne faut donc pas tout le temps attendre que l’État fasse tout . Selon  le Pr. lakhdar, il faut que tout le monde s’active pour changer les choses. Parfois, il suffit d’informer les gens qu’il existe un besoin, émanant d’une bonne cause pour qu’ils y adhèrent. «Il arrive que nous mettions en contact le bienfaiteur et le patient. L’objectif étant d’impliquer tout le monde. Il faut d’une part convaincre le malade que nos moyens sont limités, que l’État ne peut pas tout faire, en particulier pour des pathologies lourdes et d’autre part rassurer le bienfaiteur sur le bien-fondé de notre action. Il est certain qu’une fois convaincu que son argent sera utilisé à bon escient, le Marocain fait montre d’une générosité extraordinaire.» lance le Pr. Lakhdar.
Par ailleurs, si les conditions de travail au pavillon 42 semblent aujourd’hui satisfaisantes, le défi est de maintenir ce niveau de qualité de prestations et de services. Selon les responsables du service de dermatologie, le challenge, aujourd’hui est d’avoir une aile d’isolement dédiée aux patients présentant des maladies contagieuses. Composée de 3 parties, cette aile, est en cours de finalisation. Elle sera inaugurée dans les semaines à venir. Encore ce projet a pu être lancé grâce à la solidarité de personnes soucieuses du développement de leur pays et de leurs concitoyens.
Aujourd’hui, le P42 constitue un exemple à suivre en terme de mise à niveau d’un service hospitalier. Cette démarche citoyenne a été rendue possible grâce à l’expertise et la générosité du groupe Alliances, ainsi que tous les autres donateurs et l’implication des membres de Gildi.

L.O.



 

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