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Terrorisé par les terroristes depuis cette date, j’ai immédiatement été rassuré lorsque j’ai vu ces murs d’enceinte recouverts de “ graffs ”, destinés à rendre un dernier hommage à Taïb, de même qu’à adresser un message (clair comme de l’eau de roche) aux affreux barbus. Les amoureux de la vie et de la liberté ne sauraient être mis en déroute par une poignée de fondamentalistes ignares, fussent-ils organisés et armés jusqu’aux dents : c’est, en somme, ce qui est signifié en belles lettres latines sur cette façade. En parcourant des yeux ces messages beaux à en pleurer, j’ai compris qu’il est des armées de Marocains, encore plus féroces et résolus que les plus féroces et résolus des bataillons G.I., qui piaffent d’impatience de manger du barbu, d’écraser du Taliban. Pas dans le sens littéral du terme, car le mal ne doit pas être combattu par le mal (quoi qu’on en dise). La lutte finale visant à éradiquer le terrorisme et l’islamisme ne sera pas armée. Rangez vos haches et vos battes, amis démocrates. Nous allons battre les islamistes à plates coutures, sans même verser la moindre goutte de sang (à noter que je ne suis pas garant de ce qui se passe dans la nébulosité des cellules des commissariats, où les effusions de sang seraient monnaie courante). Casa a suffisamment été maculée comme cela. C’est, au contraire, un combat culturel de haut vol qu’auront à livrer les défenseurs de la démocratie (et les familles, amis, connaissances… des victimes du vendredi noir) pour vaincre les chantres de l’obscurantisme. Car, si les forces de l’ordre s’escriment à décapiter les réseaux terroristes en alpaguant les cerveaux des attentats de Casablanca, c’est à la plèbe, dans son intégralité, que revient la tâche de rendre la raison aux cohortes de miséreux sans espoir qui épousent la cause islamiste parce que c’est la plus accessible (les ayatollahs recruteurs courant les rues). Nos islamistes sont des brebis égarées. Parqués dans leurs cités-dortoirs, leurs “ karianates ” infernaux, ils n’ont jamais reçu aucune espèce d’éducation positive. Même ceux qui ont, par miracle, obtenu des diplômes supérieurs n’ont, en fait, jamais appris que des foutaises (ah, notre éducation nationale !). A Douar Sekouila ou Kariane Thomas, des pléiades de demeurés ont développé des idées à la con et en sont arrivés à semer la mort parce que leur manque de discernement était du pain, ou plutôt de la brioche bénie pour les waha-bites (c’est pour cela qu’ils ont été traités de sodomisés par les “ tagueurs ”). Les “ Bidaouas ” qui rêvent de se la jouer kamikazes doivent être déconditionnés. Il faut les raisonner, leur faire comprendre une bonne fois pour toutes que l’Islam est amour et non haine en les sensibilisant à la culture, à l’art ! Dans ce contexte, les “ tags ” des amis de Taïb constituent une superbe entrée en matière dans cette bataille de longue haleine. Les gars qui ont noirci le mur d’enceinte de leur lycée détestent les islamistes. Il veulent leur faire payer les crimes qu’ils ont commis. Mais, en les pourfendant de la sorte (à travers la culture urbaine, en utilisant des inscriptions murales), ils ont, sans le savoir sans doute, mené l’assaut originel contre l’ennemi islamiste. C’est clair. En utilisant des bombes aérosols pour fustiger les poseurs de bombe, ils démontrent que des moyens d’expression pacifiques peuvent se révéler plus efficients que les matières explosives les plus dévastatrices. Car, alors que le 16 mai a provoqué une vague, un tsunami d’indignation dans l’opinion publique marocaine, desservant les intérêts islamistes au lieu de les consolider, il n’est pas une personne qui passe devant la façade du Lycée Mohammed V sans lire (et approuver, d’un hochement de tête ou d’un sourire) ce qui y est écrit. “Misérables embrigadés de Sidi Moumen, de Youssoufia, de Chefchaouen et d’ailleurs, arrêtez de bidouiller vos putains de bombes artisanales et essayez-vous plutôt aux inscriptions murales (ou bien alors montez sur des planches, tripatouillez des instruments…) ” : je rêve d’apposer ce message à un mur de Sidi Moumen. En hommage à Taïb et aux autres. L’art est notre salut. Et non pas le gourdin. Dans ce sens, il est regrettable qu’après le 16 mai, ce soit le ministère de l’Intérieur, et non pas le ministère de l’Education Nationale ou de la Culture, qui est investi de la mission d’annihiler la menace fondamentaliste. Même si Sahel appréhende tous les barbus du Royaume, la bêtise et la haine ne seront jugulées que si El Achaâri et El Malki mettent, eux aussi, la main à la pâte. Ce peuple a grand besoin de nouveaux programmes académiques (moins nuls à chier que les actuels) et de manifestations culturelles à foison pour que n’émergent plus, de son sein, de nouvelles salves de kamikazes. M.L.
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