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Les chevillards se rebiffent de nouveau Agroalimentaire

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Encore une fois, la ménagère marocaine est surprise face à l’augmentation des tarifs de la viande.  Et pour cause, les chevillards ont décidé d’observer une grève de 4 jours.  Profitant de la conjoncture, les bouchers n’ont pas hésité à revoir leur tarifs à la hausse dès les premières heures de la grève. Du coup, les prix de la viande bovine sont passés de 60 dhs à 80 Dhs pour atteindre 100 dirhams dans certains quartiers de la cité. Depuis, l’avènement des nouveaux abattoirs en avril dernier, les tensions entre les chevillards et la direction des abattoirs n’ont pas manqué. Si en mai 2002, les chevillards se plaignaient des taxes sur l’abattage estimées trop importantes, elles  ont été ramenées à 380 au lieu de 550 cts, suite à un mouvement de grève ayant entraîné un dialogue multipartite entre la Wilaya, la Commune, les chevillards et la direction de l’entreprise de gestion. Aujourd’hui, les chevillards ont des revendications d’une autre nature. Ils estiment que dans le circuit actuel, ils n’ont plus le droit de suivre le cheminement de la chaîne d’abattage et par conséquent, ils n’ont pas un regard constant sur leur cheptel. «Nous déposons notre marchandise que nous ne reprenons que 48 heures plus tard. Du coup, nous ne sommes pas en mesure de reconnaître nos bêtes. D’ailleurs même la qualité de la viande n’est plus bonne après tout ce temps passé dans les abattoirs, les bêtes n’étant pas totalement vidées de leur sang. Notre principale revendication est de pouvoir suivre nos bêtes», déclare Haj Arabi (chevillard). Selon qui la viande est passée depuis l’inauguration des nouveaux abattoirs de 38 dhs à 58 Dhs (prix d’achat détaillant).
«Nous ne souhaitons pas la fermeture des nouveaux abattoirs, mais nous voulons qu’ils fonctionnent comme les anciens. Chacun de nous avait un «apprenti chevillard» qui s’occupait des abats, etc.
Autre revendication: les chevillards dénoncent  la concurrence déloyale de l’abattage clandestin, contre lequel la Communauté et la wilaya, s’étaient engagées à sévir depuis près d’une année . Les viandes en provenance des souks limitrophes de Casablanca, qui sont, soumises à des taxes d’abattage moins importantes, font que les bouchers les préfèrent en raison de leur prix de revient. Alors, les chevillards demandent que la Commune interdise toute entrée de viande de cette nature sur un périmètre de 40 km.
Selon les professionnels du secteur, cette grève atteste du ras-le-bol des chevillards. «Nous nous sentons laminés, aussi bien physiquement que financièrement. Nous allons droit à la ruine. Dans les anciens bâtiments, nous abattions une dizaine de bêtes, aujourd’hui, on ne peut guère en dépasser deux. Aussi lance-t-on un appel aux responsables de cette ville pour trouver une solution à nos doléances.»  Des doléances qui ne semblent pas très convaincantes au regard des responsables de la Communauté, en particulier lorsqu’on sait que les nouveaux abattoirs ont coûté à la CUC une enveloppe de près de 800 millions de dhs. «Nous n’avons rien pu tirer de la Communauté, maintenant nous souhaitons dialoguer avec la wilaya, peut-être qu’à ce niveau on trouvera une solution.»
Pour autant, le président de la CUC déclare être ouvert au dialogue. Or, dans l’attente d’une solution, c’est le consommateur qui souffre de ce conflit.

L.O.



 

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