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Jamel Debbouze et les "lions sots" de l’Atlas Match de gala

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Une cause noble – la récolte de fonds destinés à la gestion du Centre Lalla Meryem pour enfants de la rue qui sera prochainement opérationnel à… Sidi Moumen - , un Jamel Debouzze virevoltant et désopilant comme à son habitude ; Jamel, Président (de la FRMF) !  Le gratin du foot, moult champions du monde (les Pires, Djorkaeff. Blanc, Thuram, Charbonnier), un Doc Gynéco qui a gentiment troqué rimes du macadam et plateaux télé du PAF contre maillot et crampons (Bruno, pour ceux qui goûtent son rap et connaissent son prénom, court largement plus vite qu’il n’articule, mais est égal à lui-même, devant un "Mic" ou sur un terrain ; auteur, notamment, d’une passe magnifique, dans le dos de la défense adverse, à Jamel), un Luis Fernandes, Zapata du foot français – les footeux comprendront -, un Laurent Baffie (je suis un fondamentaliste " baffiste ")...
Non, franchement, il y avait là, au complexe sportif Moulay Abdellah de Rabat en ce jeudi 3 juillet, tous les ingrédients nécessaires à l’organisation d’une véritable messe du football.
Mais qui, diable, a décidé de faire jouer l’équipe olympique en lieu et place des héros de Mexico 86 ? Il faut l’admettre, les Lions de l’Atlas ne se sont guère mieux comportés qu’une horde de hyènes à l’assaut du steak, ou plutôt du but adverse. J’ai personnellement sifflé sans retenue le onze national (l’équipe olympique). Déjà que je m’attendais à voir fouler la pelouse du stade les Dolomates (Dolmy, maître ès petits ponts), Bouderbala, Haddaoui, Timoumi, Krimou…, j’ai quasiment pété un plomb lorsque j’ai réalisé que les joueurs de l’équipe nationale livraient une rencontre virile et très sérieuse, comme s’il s’agissait d’un match de barrage (une rencontre déterminante).
Leurs vis-à-vis, les All-Stars, qui jouent tous dans de grands championnats européens, ont débarqué au Maroc pour Jamel, pour les gosses de la rue, pour soutenir un pays meurtri par les attentas du 16 mai. Ils ont dû être autant dégoûtés que moi par le comportement déplacé des locaux. Purée ! Armoumen, auteur de deux buts, n’a jamais aussi bien joué ni autant couru que lors de ce match d’exhibition. La défense marocaine en a tiré des maillots ? " taclé " de la star et mérité des cartons. Les lions sots de l’Atlas n’ont même pas daigné lever le pied sur le champignon lorsque Jamel et Doc Gynéco ont rejoint les rangs des All-Stars. Ils devaient prendre le premier pour un " rebeu " de plus du championnat de France (tellement fort qu’il joue une main dans la poche) et le second pour le frère cadet de Ruud Gullit (à cause de ses dreadlocks).
Ce n’est que vers la fin de la rencontre, lorsque le résultat affiché était de 5 à 2 en faveur du onze national, que la différence de moyenne d’âge entre les deux équipes était trop évidente et que Pires et compagnie damnaient le ciel d’avoir joué la fleur au fusil contre des adversaires aux dents longues, qu’une consigne intimant les lionceaux de lâcher du lest fut donnée par l’entraîneur national, Mustapha Madih (toujours la tête penchée, à la David Niven dans l’exquis " Le Cerveau "). Le dernier but de la rencontre, œuvre de Jamel, fut, ainsi, une offrande de la défense marocaine (même pas subtile). Cela n’empêcha pas des grands noms du football mondial d’être piqués au vif par la conduite peu à propos de l’équipe nationale.
Les onze joueurs de l’équipe olympique ne sont pas des mauvais bougres. Ils n’ont pas la culture de la fête, c’est tout. Ils ne savent pas se laisser aller, triper, par exemple, à 22 sur un terrain de foot. Il ne faut pas leur en vouloir, ils ne sont pas allés à l’école du fun (Cf. encadré). Il faudra revenir l’année prochaine, messieurs de l’Hexagone. On vous concoctera une équipe nationale moins belliqueuse, plus cool. En fait, comme lorsqu’ils brillaient dans leurs équipes respectives, l’absence des Timoumi, Bouderbala, Dolmy… s’est fait ressentir. Les grands joueurs imprègnent toujours leur classe à la physionomie d’une rencontre. Les joueurs sans envergure, eux, pourrissent toujours les matchs. C’est bien connu.               
M.L.

Le " beurjoie " prodige

Jamel Debbouze est un fin maître des cérémonies et même la défection, à la dernière minute, de monstres sacrés du ballon rond , ZZ (au top) et R9 (pas la bagnole, l’extra-terrestre brésilien) notamment, qui ont joué la veille dans un autre match de gala, à l’invitation de Michael Schumacher, n’a pas entamé les velléités du " beurjoie " de Trappes d’offrir aux Marocains et à l’Heure Joyeuse, ONG dont il est le parrain, des moments de pur bonheur.
 " Sir a Jamal, llah yardi aalik ! " Sérieux, des comme lui, il en faut une poignée à peine pour que tout aille bien dans ce bled. Nous autres " oulad lblad ", nous sommes un peu, comment dire, renfermés, un peu trop ténébreux, frustrés aussi et "ours". En fait, pour tout dire, nous sommes graves " has been", paumés dans ce troisième millénaire alors que notre société et tous nos codes culturels n’ont pas été époussetés depuis le moyen-âge. Il est donc certain que nous avons besoin de manifestations de ce type, de matchs de galas, de festivals de musique, de studios cinématographiques… Jamel est en passe de devenir le Léonard de Vinci de la renaissance marocaine. Je parie que François Ier est un peu derrière cela.
En France, sa carrière artistique l’a mené au firmament du show-biz. Il est aussi le " chébran " du moment dans le milieu rap de la West coast : même Snoop Doggy Dog épèle son prénom et lui " pay a tribute " sur un son qui déchire. Adriana Karembeu le prend (l’a-t-il prise ?) sur ces bijoux de genoux, Alain Chabat (tout ba bien, merchi), pour Astérix, lui consent un cachet dites-moi pas que c’est pas vrai tellement y a de zéros… Jamel est le " Roi de la France ". Quelle mobilité sociale, lui qui a commencé bouffon !
Au Maroc, le match qu’il vient d’organiser prouve qu’il n’ignore pas que son pays d'attache a besoin de son immense talent. Pourquoi ne pas le nommer ministre de la Culture du Royaume, même si sa carrière ne lui permet pas d’être souvent à Rabat ? Léonard de Vinci aux commandes !    

M.L.



 

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