Opérationnelle depuis 1994, la Fondation Orient-Occident, créée à l’initiative de Yasmina Filali, pour être un trait d’union entre diverses cultures des deux rives, a inauguré son premier centre au quartier Yacoub Al Mansour, en l’an 2000. Initialement conçu pour être une bibliothèque, ce centre s’est rapidement substitué à un espace culturel polyvalent qui a adopté de par sa proximité et son accessibilité la jeunesse du quartier Yacoub Al Mansour. Une jeunesse en mal d’activités et de loisirs tant les lieux dédiés à cette fin font défaut. Il va sans dire que ce centre est venu combler le vide dont souffrent les quartiers populaires, car si on exclut les centres culturels étrangers, qui sont souvent situés au centre ville, on peut avancer une quasi absence d’espaces dédiés à la jeunesse. D’où le phénomène, que tout marocain connaît, des réunions des jeunes au coin des rues, tant ils n’ont pas où passer le temps. De ce fait, nombreux sont les jeunes, en particulier, en chômage qui risquent de s’adonner à des pratiques, pas très saines (délinquance, extrémisme, immigration clandestine...). Ne dit-on pas que l’oisiveté est mère de tous les vices ! Partant, le centre de Yacoub El Mansour est donc une véritable aubaine pour cette jeunesse qui n’a pas hésité à en tirer profit. En effet, force est de constater que la mise en place d’une infrastructures et d’un encadrement permet de gérer la prévention, d’anticiper sur l’avenir.
Conçu sur un terrain de 3000 m2, par l’architecte N. Komiha, sous forme d’un pont qui relie les deux rives de la Méditerranée, le centre dispose d’une bibliothèque ayant une capacité d’accueil de 250 personnes. Elle comprend des salles d’études, un cyber espace, un kiosque alimenté régulièrement en revues et magazines nationaux et étrangers. Le centre de documentation est composé d’ouvrages en arabe, français, espagnol et anglais. La bibliothèque a par ailleurs été rehaussée par un don de Haj Mohamed Alem et Henry Troyat. Elle compte actuellement près de 10 000 ouvrages. Les enfants ne sont pas en reste, une ludothèque vient d’être inaugurée, mercredi dernier, avec la contribution de l’ambassade du Canada .
Activités diverses
De surcroît, le centre dispose d’une cafétéria et d’un grand jardin. Pour pouvoir y accéder, les adhérents devront s’acquitter d’une somme de 50Dhs par an. Ce qui explique l’engouement que connaît cet espace, sachant les limites du pouvoir d’achat des marocains, particulièrement dans le rang des étudiants. Pour autant, le centre n’accueille pas les étudiants exclusivement. Toute personne, peut y accéder, sans limite d’âge. Ouvert à tous, le centre yacoub Al Mansour, compte aujourd’hui, quelque 1500 adhérents, dont 150 enfants , âgés de 5 à 12 ans. Par ailleurs, il propose des cours de langues, destinés aux adultes et aux enfants au tarif de 50 Dhs/ mois pour les étudiants et 100 Dhs / mois pour les adultes. Les ateliers de théâtre et de dessin connaissent également un grand succès auprès des adhérents. D’autres ateliers thématiques (environnement , sida, ...) sont organisés en faveur des enfants, issus des écoles avoisinantes. Les voyages ne sont pas négligés au sein du centre, la Fondation qui se décline tel un lieu d’ouverture et d’échanges, a réalisé des voyages culturels au profit des jeunes issus de différentes associations d’ici et d’ailleurs. L’objectif étant de rapprocher les cultures de l’Orient et de l’occident.
Forte de cette réussite, la Fondation Orient-Occident compte consolider ses acquis et étendre son action à d’autres villes du Maroc. «Au lieu de demander à chaque fois l’aide du sponsor, nous avons pensé «vendre» le concept à d’autres villes, en les faisant bénéficier de notre propre expertise.», a déclaré Mme Filali, présidente de la Fondation. Il s’agit au fait d’une sorte de franchise, puisque la Fondation dispose d’un concept et d’un contenu qui peuvent être dupliqués, lui permettant ainsi de faire face aux charges et partant assurer sa pérennité, en continuant à offrir à ses adhérents des services de qualité. Dans cette optique, les villes d’Oujda et Casablanca sont programmées pour reproduire le même concept, en collaboration avec la communes, pour réduire les coûts de fonctionnement. L’idée étant de mettre en place une dynamique de quartier qui pourrait servir de soubassement solide au civisme et à la citoyenneté, comme l’a signifié la présidente. «La société n’est que le reflet de sa jeunesse et l’avenir se construit au présent. Il faut créer les réflexes positifs et susciter une nouvelle dynamique». . Car la jeunesse a un rôle prépondérant dans le développement du pays et l’intégration des différentes souches dans ce développement.
Leïla Ouazry