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Positano, pour que vive la vie …

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Les invités de ce come-back, aussi fulgurant que courageux, ont communié jusqu’à une heure tardive de la nuit et n’ont pas manqué de porter un toast (puis deux, puis trois…)  en l’honneur de Mahjoub, ce héros sans qui les kamikazes de Sidi Moumen auraient fait un carnage. C’est, en effet, grâce à la vigilance de ce gardien que les terroristes furent empêchés d’accéder à l’intérieur du Positano. C’est donc également grâce à son acte de bravoure que cette adresse, l’une des plus courues de la ville blanche, a ouvert ses portes aussi promptement. Ce n’est donc pas par hasard que la chanteuse, qui a été pour beaucoup dans le triomphe de la soirée de réouverture, a dédié “ We are the Champions ”, chanson mythique du groupe Queen, à Mahjoub et à tous ceux qui, comme lui, ne sont pas prêts d’hésiter à défendre leurs droits inaliénables à la vie, à l’amour, à la fête, à la beuverie et à toute autre chose qui leur passerait par la tête. The show must go on!

Mahjoub le Preux

La victoire de la vie sur l’inhumain est donc, en grande partie, sienne. Cloué sur une chaise roulante, du fait de la connerie létale de gamins embrigadés, la star incontestée de la soirée, malgré l’entrée fracassante et théâtrale du Professeur Harouchi, qui déclama, avec emphase, des leitmotivs du genre “ Oui à la vie, non à l’obscurantisme ” (qui ont arraché quelques applaudissements épars, les gens ayant tous un verre - bien dosé - à la main), Mahjoub le Preux, dit se sentir beaucoup mieux. “ Cela me met du baume au cœur de voir que tout le monde a une pensée ou un petit mot gentil pour moi. C’est exactement ce qu’il me fallait pour tenir le coup ”, s’exclame-t-il, la voix empreinte d’émotion.    
Le gérant de cet endroit sélect, quant à lui, évidemment secoué par le drame qui s’y est joué, a retrouvé son tempérament jovial et son sourire communicatif de l’avant 16 mai. “ Je souhaitais ouvrir au plus vite pour signifier à tous les terroristes qui se terrent chez eux qu’ils ont perdu la partie, que leurs agissements, bien que terribles, n’ont pas ébranlé notre foi en la vie ”, crie M. Kadoch à l’assistance, bien contente d’avoir retrouvé l’ambiance particulière qui a fait la renommée du Positano.
Hormis la réouverture, en grandes pompes, de ce resto, la preuve flagrante que les événements du 16 mai n’ont pas eu raison du caractère festif des Casablancais est un bijou de petit dialogue de comptoir, intercepté par hasard : A son vis-à-vis qui lui faisait remarquer qu’il buvait à une cadence indigne de son rang (de dandy-poivrot), un gars d’une trentaine d’année (qui mériterait de figurer dans le “ Guiness des Records ”, catégorie humour noir) rétorque, l’air de rien : “ Tu sais, je suis embêté. Je ne tolère que deux seules boissons et j’ai peur que le barman ne croie à la plaisanterie de mauvais goût si je lui demande de faire péter le champagne ou de me servir une tequila boum-boum ”. De quoi conclure que même un B-52 (et ses effets dévastateurs) ne pourrait pas détruire l’alacrité légendaire des Casablancais.

Mehdi Laaboudi



 

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